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« RENDEZ-VOUS DE JUILLET » (1949)

04 Fév

« RENDEZ-VOUS DE JUILLET » est un film sur la jeunesse de l’après-guerre, sa joie de vivre, son indolence, ses petits drames quotidiens et son apprentissage de la vie d’adulte. C’est finement écrit et réalisé avec acuité par Jacques Becker, parfaitement distribué jusqu’au plus petit rôle.rdv

Le milieu est celui des caves de jazz enfumées, des cours de théâtre, des rêves fragiles toujours au bord d’être foulés au pied. Ces jeunes gens excentriques sont confrontés à la dureté des relations humaines, mais aussi à la tentation de la médiocrité (la description des parents est impitoyable).

Sur un rythme effréné, un scénario bâti en vignettes plus ou moins dramatiques, le film tient essentiellement à l’excellente direction d’acteurs de Becker. Ainsi, le généralement peu emballant Daniel Gélin trouve-t-il son plus joli rôle. Sa diatribe enflammée pour obliger ses amis à se secouer et à ne pas renoncer à leurs ambitions est probablement ce qu’il a fait de mieux à l’écran. Tous les débutants sont d’ailleurs impeccables : Nicole Courcel en garce arriviste mais totalement dépourvue de talent (pas facile à jouer quand on en a !), Maurice Ronet en trompettiste velléitaire, incroyablement juvénile et si éloigné de son emploi futur, Brigitte Auber rayonnante de joie-de-vivre et parmi les figurants : Françoise Arnoul, Pierre Mondy et Capucine.

« RENDEZ-VOUS DE JUILLET » est un film charmant et bien plus profond et incisif qu’il n’en a l’air. Un voyage dans un temps révolu où tous les espoirs étaient permis pour une génération pourtant déjà confrontée à la menace du chômage. À noter parmi les images marquantes : des vues d’un Paris quasi-désert, la traversée de la Seine dans un véhicule amphibie ou cette danse endiablée de Gélin et Courcel, juste avant leur séparation.

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NICOLE COURCEL, MAURICE RONET ET BRIGITTE AUBER

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3 réponses à “« RENDEZ-VOUS DE JUILLET » (1949)

  1. Kinskiklaus

    4 février 2017 at 13 h 37 min

    A propos de Maurice Ronet, Brigitte Auber déclarera plus tard :
    « Mon Dieu, qu’il était beau! Avec toujours un fond de tristesse. On sentait chez lui, comment dire? une carence d’énergie, une sorte de désabusement, une difficulté à prendre les choses en main. C’est complexe, ce genre d’état d’esprit. Comme si on manquait d’une certaine molécule. Ou, encore plus complexe, une hésitation devant la vie. »

     
  2. walkfredjay

    4 février 2017 at 14 h 12 min

    Belle description aussi du personnage du « FEU FOLLET » !

     
  3. Kinskiklaus

    4 février 2017 at 14 h 40 min

    Exactement ! Quand on se documente un peu sur Ronet, beaucoup de témoignages vont dans ce sens: Très cultivé, secret, ancré dans la solitude, profondément triste sous des dehors de personnage fantasque.

     

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