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« LES COMMUNIANTS » (1963)

08 Fév
communiants

GUNNAR BJÖRNSTRAND ET MAX VON SYDOW

« LES COMMUNIANTS » est une des œuvres les plus sombres, les plus désespérées et jusqu’auboutistes d’Ingmar Bergman. Décrivant une journée de la vie d’un prêtre de province, il fouille aux tréfonds de la dépression et signe un film sur le « silence de Dieu », le doute et l’incapacité à aimer.communiants3

Se déroulant pour l’essentiel dans une petite église glacée, « LES COMMUNIANTS » dresse donc le portrait de Gunnar Björnstrand, homme de Dieu veuf et vieillissant, rongé par son propre vide intérieur et son impuissance à accompagner ses paroissiens. Ainsi, quand Max Von Sydow pauvre pêcheur dépressif hanté par la bombe atomique, vient le voir, le prêtre ne peut-il que lui parler de ses propres tourments, ce qui achèvera de décider le malheureux à se suicider.

La relation à Ingrid Thulin, institutrice du village (et sa maîtresse) est tout aussi désespérante et vide de tout sens. Il ne l’aime pas, le lui dit franchement dans une séquence d’une terrible cruauté, elle ne fait que subir et encaisser. À la fin, le prêtre prêchera dans une église totalement déserte.

Comme toujours, c’est splendidement photographié par Sven Nykvist qui compose une image plus douce que d’habitude, les gros-plans de visages, souvent de profil, sont d’une précision inouïe. On ne ressent pas réellement d’empathie pour le personnage de Björnstrand, trop centré sur lui-même, mais son « chemin de croix » fascine et passionne malgré l’extrême austérité de la narration. Ingrid Thulin est bouleversante d’intensité fiévreuse et d’instabilité. On reconnaît – à peine ! – Gunnel Lindblom, jouant l’épouse enceinte et soumise du pêcheur, un rôle à des années-lumière de ceux qu’elle tenait dans « LA SOURCE » ou « LE SILENCE ». Belle palette de comédienne !

« LES COMMUNIANTS » s’inscrit parfaitement dans le courant de l’œuvre bergmanienne. Il n’est pas facile d’accès, mais mérite qu’on fasse l’effort.

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INGRID THULIN ET GUNNEL LINDBLOM

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5 réponses à “« LES COMMUNIANTS » (1963)

  1. Marc Provencher

    8 février 2017 at 17 h 19 min

    Bon, ben, s’il y a Gunnel Lindblom, je veux bien l’essayer…

     
    • Kinskiklaus

      8 février 2017 at 18 h 42 min

      Elle vient de fêter ses 85 ans… Chacun ses goûts, Marc !

       
      • Marc Provencher

        8 février 2017 at 18 h 55 min

        Et encore, Gunnel c’est une p’tite jeunesse comparée à mon idole Francesca Bertini !

         
  2. Kinskiklaus

    8 février 2017 at 19 h 11 min

    Gérontophile et maintenant, nécrophile. Une bien belle image du Québec que tu nous offres là, Marc !

     
    • Marc Provencher

      8 février 2017 at 21 h 48 min

      C’est bon, tu l’auras voulu: je sors l’arme absolue, celle qui est interdite par la Convention internationale des Helvètes.

      (Se raclant la gorge) Tzoing, tzoing… (Accords de guitare)

      (Beuglant à tue-tête) : ♫ If you want to sing out, sing out ♪
      ♫ And if you want to be free, be free ♪
      ♫ ‘Cause there’s a million things to be ♪
      ♫ You know that there are… ♪

      Voilà, c’était mon interprétation de la bande sonore de ‘HAROLD ET MAUDE’ par Cat Stevens. Une seule strophe devrait suffire pour cette fois, mais à bon entendeur…

       

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