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« AU SEUIL DE LA VIE » (1958)

10 Fév
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INGRID THULIN

« AU SEUIL DE LA VIE » se déroule de façon très théâtrale dans une maternité, pendant 24 heures, la plupart du temps dans une chambre où se retrouvent trois femmes : l’une épanouie et heureuse, au bord d’accoucher (Eva Dahlbeck), l’autre qui vient de faire une fausse-couche (Ingrid Thulin) et comprend que son mariage n’y survivra pas, la dernière enfin, une toute jeune future fille-mère (Bibi Andersson) qui a déjà subi un avortement sordide et se montre terrorisée par l’avenir.seuil3

Il y avait plusieurs façons de raconter cette « journée particulière », mais nous sommes chez Ingmar Bergman. Et dans ce lieu de vie qu’est la maternité, la mort rôde, impitoyable et injuste et nul ne sera épargné. Comme toujours, l’auteur filme au plus près des visages, traquant l’émotion, le désarroi, la solitude et il a réuni un magnifique trio de comédiennes : Ingrid Thulin qui sert de pivot à l’histoire, jeune femme réservée qui ne laisse éclater son désespoir que désinhibée par les médicaments. Certains de ses gros-plans sont presque embarrassants tant ils sont intimes. Eva Dahlbeck est elle aussi étonnante en « fée du logis » rieuse et généreuse jusqu’à ce que le destin la rattrape à son tour. Bibi Andersson enfin, parfaite en fugueuse désorientée, aussi irritante qu’émouvante. Elle sera la seule à apporter un rayon de lumière au film. In extremis…

Les hommes n’ont que des rôles périphériques, mais on retrouve des fidèles du maestro suédois : Max Von Sydow en brave type souriant dans une seule scène et un très jeune Erland Josephson en mari rejeté de Thulin.

D’une sobriété sans faille, « AU SEUIL DE LA VIE » ne dévie pas d’un pouce de ce qu’il a à dire sur le sort des femmes et le peu de choix que leur offrait la société des années 50. Mais il évite le militantisme stérile en misant tout sur les visages et sur l’âme à vif de ses trois personnages.

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EVA DAHLBECK, BIBI ANDERSSON, INGRID THULIN ET MAX VON SYDOW

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7 réponses à “« AU SEUIL DE LA VIE » (1958)

  1. Kinskiklaus

    10 février 2017 at 10 h 49 min

    Débuter l’exploration de l’oeuvre de Bergman par cette comédie burlesque serait une erreur à mon sens…

     
    • walkfredjay

      10 février 2017 at 12 h 19 min

      Autant te le dire tout de suite : Bergman n’a pratiquement fait QUE du burlesque ! 😉

       
      • Marc Provencher

        10 février 2017 at 16 h 30 min

        Mais blague à part, je crois qu’il existe vraiment une comédie (sic) d’Ingmar Bergman quelque part au début des années soixante. Par préjugé, j’ai toujours pris pour acquis qu’elle ne pouvait être drôle, mais je ne l’ai jamais vue. Et je ne me rappelle plus du titre. N’empêche, il en existe une !

         
  2. Wikipediaklaus

    10 février 2017 at 17 h 21 min

    Oui, tu as raison Marc et le fin connaisseur de l’oeuvre de Bergman que je suis te livre le nom de ce film sorti en 1964: « Toutes ses femmes ».

     
    • Marc Provencher

      10 février 2017 at 19 h 33 min

      Et voilà. Trop paresseux pour aller voir moi-même sur IMDB, je me disais bien que quelqu’un irait voir à ma place… Merci, WikiKlaus !

       
  3. walkfredjay

    10 février 2017 at 19 h 35 min

    Je n’ai pas vu cette « comédie » bergmanienne, mais quelque chose me dit qu’on ne doit pas y voir beaucoup de pétomanes et de bidasses !

     
    • Kinskiklaus

      10 février 2017 at 20 h 02 min

      Ah les clichés ! Dans une autre vie, j’ai connu une suédoise qui…Enfin, bref!

       

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