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« POLICE FRONTIÈRE » (1982)

16 Fév

border2Le scénariste Walon Green, Warren Oates, le Mexique… On pense automatiquement à « LA HORDE SAUVAGE ». Mais hélas, l’éclectique Tony Richardson n’est pas Sam Peckinpah et « POLICE FRONTIÈRE » aurait pu être un très bon film en d’autres mains. Complètement hors de son élément, le réalisateur anglais gâche un matériau potentiellement intéressant.

Le scénario tourne autour de la prise de conscience d’un petit flic frontalier au Texas (Jack Nicholson), qui se dresse contre la corruption de sa hiérarchie participant au trafic d’êtres humains à la frontière mexicaine. Dès le prologue et la piteuse façon dont est filmé un tremblement de terre, on sent que quelque chose ne va pas. Richardson ne sait pas filmer l’action (le « shoutout » final est incroyablement bâclé et mal fichu alors qu’on l’attend depuis le début), il demeure en superficie quant à la psychologie de ses personnages et ôte toute vigueur et colonne vertébrale au film.

Heureusement, Nicholson parfaitement sobre et contenu, porte « POLICE FRONTIÈRE » sur les épaules. Pauvre type velléitaire, marié à une idiote vulgaire et dépensière, il se met en quête de rédemption en voulant sauver une jeune clandestine (Elpidia Carillo) et son bébé. C’est ce fil narratif assez ténu qui maintient tout de même l’intérêt jusqu’au bout, ainsi que l’évolution subtile de cet antihéros lent d’esprit mais de plus en plus attachant à mesure qu’il retrouve sa dignité. Autour de lui, Valerie Perrine est excellente dans le rôle (difficile) de sa gourde d’épouse, Oates fait tapisserie en capitaine corrompu et Harvey Keitel est étonnamment nuancé en ripou manipulateur.

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JACK NICHOLSON, ELPIDIA CARILLO ET HARVEY KEITEL

Pour les magnifiques extérieurs de désert, pour la BO de Ry Cooder, pour quelques scènes touchantes entre Nicholson et Carillo, « POLICE FRONTIÈRE » vaut d’être vu. Mais il laisse une sensation de gâchis très agaçante. Il n’en aurait pas fallu beaucoup…

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18 réponses à “« POLICE FRONTIÈRE » (1982)

  1. Dédé

    16 février 2017 at 11 h 16 min

    Un des meilleurs rôles de Nicholson mais un film qui manque singulièrement de punch. Dommage.

     
  2. Patrick

    16 février 2017 at 12 h 25 min

    Un film qui se laisse regarder mais Tony Richardson n’était sans doute pas l’homme de la situation.

     
  3. Kinskiklaus

    16 février 2017 at 12 h 42 min

    Mince alors! Des noms présents au générique jusqu’à l’affiche, tout me paraissait alléchant. Le voir ou ne pas le voir, telle est la question! Puisqu’il est dit en fin de chronique qu' »il vaut d’être vu », je me laisserais tenter si l’occasion se présente.

     
    • walkfredjay

      16 février 2017 at 12 h 45 min

      Oui. Nicholson est vraiment bien, le thème des clandestins bien traité… C’est un peu mou, mais les acteurs valent le coup d’oeil quand même.

       
  4. Claude

    16 février 2017 at 19 h 19 min

    Il est vrai que Tony Richardson ne réussissait pas toujours ce qu’il entreprenait . J’avais gardé un souvenir mitigé de sa « Charge de la Brigade Légère » qui contenait pourtant de bons moments et donnait l’occasion de quitter l’imagerie  » Errol-Flynnienne » pour aborder le côté « sale guerre » de l’Histoire .

     
    • JICOP

      16 février 2017 at 20 h 36 min

      Quelques reussites quand meme , comme ce magnifique  » la solitude du coureur de fond  » ou  » Tom Jones  » . Entre autres .
      Pas encore vu ce  » Police frontiere  » , mais un Nicholson sobre , c’est sympa aussi .

       
      • Marc Provencher

        16 février 2017 at 21 h 20 min

        C’est vraiment un réalisateur britannique. Surtout quand il s’agit de traiter des sujets brûlants au présent de l’indicatif, il faut avoir une connaissance intime de la société locale que des recherchistes ne peuvent fournir. ‘THE BORDER’, vu à sa sortie, fut une déception. Par contre ‘THE LOVED ONE’ a beau se passer aux États-Unis, c’est un regard britannique à fond les manettes, celui du grand romancier et satiriste Evelyn Waugh, qui sert de base au film et sa charge contre l’industrie des pompes funèbres. (C’est un casting dément, avec plein de caméos désopilants de par exemple Rod Steiger, James Coburn, etc). ‘L’HÔTEL NEW HAMPSHIRE’, autre film américain, est mou du genou.

        En revanche, les premiers films de Richardson, ‘A TASTE OF HONEY’ (avec Rita Tushingham !) et ‘LA SOLITUDE DU COUREUR DE FOND’, sont formidables. J’ai été moins emballé par ‘MADEMOISELLE’ avec une Jeanne Moreau maniérée et ‘LAUGHTER IN THE DARK’, gageure casse-gueule d’après Nabokov. Mais surtout, pour ma part, j’ai été littéralement transporté par ‘LA CHARGE DE LA BRIGADE LÉGÈRE’ et son mouvement (selon moi) implacable. C’est une charge (une charge contre la charge), mais quel film !

         
  5. walkfredjay

    16 février 2017 at 22 h 39 min

    Jamais vu cette charge, ni Mademoiselle (pour cause d’allergie à Jeanne Moreau), mais la solitude est en bonne place sur la pile.

     
    • JICOP

      16 février 2017 at 22 h 59 min

      Vivement ta chronique du film avec un formidable Tom Courtenay .
      Richardson n’avait pas la meme allergie que toi , ayant eu une aventure avec Jeanne Moreau a l’epoque .

       
  6. Kinskiklaus

    18 février 2017 at 17 h 40 min

    Je vais peut-être acheter prochainement le film de et avec Nicholson, « En route vers le sud ». Bonne ou mauvaise idée selon vous ?

     
    • walkfredjay

      18 février 2017 at 18 h 16 min

      Mauvaise. C’est très faible. Comme une sorte d’avatar de « MISSOURI BREAKS » en pire… Je ne l’ai jamais revu, mais j’en garde un souvenir cuisant. Même John Belushi n’a qu’un tout petit rôle…

       
      • Kinskiklaus

        18 février 2017 at 18 h 28 min

        Merci pour ton avis (ainsi que pour mes finances !)

         
    • JICOP

      18 février 2017 at 18 h 39 min

      Pas terrible  » En route vers le Sud  » , hormis la delicieuse Mary Steenburgen
      Sinon ca cabotine a tout va et ca tourne rapidement en rond .
      C’est limite une parodie en fait .

       
  7. Kinskiklaus

    18 février 2017 at 19 h 04 min

    Les parodies ne me dérangent pas, j’adore par exemple « Ne tirez pas sur le Shérif ». Un film avec un Jack Nicholson qui cabotine ? Quoi ? Non, j’te crois pas, pas possible !!! Merci pour ton avis Jicop, c’est bon, je m’en tiens à vos avis éclairés.

     
  8. JICOP

    18 février 2017 at 19 h 32 min

    De rien mon Klaus .
    Echange de bons procedes , si tu l’as vu tu pourrais me faire un petit retour du film de Jarmush sur Iggy Pop :  » Gimme danger  » .
    J’avais bien aime son film sur Neil Young :  » Year of the horse  » pour rester dans le film rock .

     
    • Kinskiklaus

      18 février 2017 at 19 h 45 min

      Mince, malheureusement, pas encore vu, désolé Jicop. Yep, j’avais aussi beaucoup aimé le film de Jarmush consacré au loner.

       
      • JICOP

        18 février 2017 at 20 h 00 min

        Bon pas grave .
        Le premier qui le voit avertit l’autre , a moins qu’un autre contributeur de la maison BDW2 amateur de saurien nous affranchisse sur le film .
        En tout cas le concert au Royal Albert Hall diffuse sur Arte etait eblouissant .

         
  9. Kinskiklaus

    18 février 2017 at 23 h 17 min

    Yep, je l’ai acheté il y a peu. Mais son concert au Grand Rex lors de cette tournée était bien meilleur encore, j’y étais et ai pris un pied de dingue. Bonus,, j’ai rencontré brièvement Iggy à la sortie et il m’a dédicacé « Lust for Life ». Autant te dire que j’étais fou de joie. Le meilleur concert de ma vie.

     

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