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« HARRY BROWN » (2009)

19 Fév

brown2À l’époque de sa sortie, « HARRY BROWN » avait surpris tout le monde et bénéficié d’un important retentissement. Avec le recul, cela peut sembler étonnant, vu que ce n’est au fond qu’un film de « vigilante » des plus traditionnels, bâti exactement sur le même schéma que les « JUSTICIER DANS LA VILLE » d’antan.

Mais d’abord, il y a eu « l’effet Michael Caine ». Après des années de petits rôles et de caméos, l’acteur de 75 ans effectuait un comeback spectaculaire, que certains prirent même pour un ultime baroud d’honneur. Depuis, il a tourné… douze films ! Et puis, ce qui a élevé « HARRY BROWN » au-dessus du bourbier de la série B d’extrême droite, c’est une bonne dose de matière grise dans un genre qui ne s’encombre généralement pas de ce genre de détail, et une volonté du réalisateur Daniel Barber d’ancrer son film dans une réalité sociale totalement réaliste, pas tout à fait à la Ken Loach mais presque.

Impliqué, intense, émouvant, Caine trouve un des rôles de sa vie avec ce ‘Harry Brown’, ex-marine, récemment veuf, qui reprend les armes pour exterminer un gang de dealers qui terrorise sa cité HLM et vient de tuer son meilleur ami. Bien sûr, ce veuvage, ce meurtre déterminant, cela fait beaucoup de coïncidences d’un seul coup. Mais le scénario est suffisamment bien agencé pour qu’on accepte ces ficelles un peu grossières. Le film est parsemé de séquences extraordinaires, comme celle – inoubliable – où Harry va acheter des armes chez l’horrible Sean Harris (génial, comme toujours) et qui s’achève en carnage. Une tension inouïe ! La scène d’émeute à la fin est également magnifiquement maîtrisée et dramatiquement très puissante. Rapide, bien filmé sans aucun effet facile, « HARRY BROWN » fonctionne sur la même ambiguïté que ses aïeux made-in-U.S.A. et flatte les mêmes instincts. Mais il le fait sans prendre le spectateur pour un abruti et en évitant la manipulation bête et méchante.

brown

MICHAEL CAINE, PLAN B, EMILY MORTIMER ET SEAN HARRIS

Autour d’un Caine irréprochable, on aperçoit des futurs vétérans de « GAME OF THRONES » comme Iain Glen en commissaire borné, David Bradley en meilleur copain assassiné et Liam Cunnigham excellent en patron de bar plein de surprises. Seule Emily Mortimer n’est pas tout à fait au niveau, peu crédible en fliquette larmoyante dans un rôle sous-écrit.

Un très bon polar, bien enraciné dans une Angleterre en décomposition, qui recycle la vieille mythologie du justicier de western sur le vieux continent.

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22 réponses à “« HARRY BROWN » (2009)

  1. Kinskiklaus

    19 février 2017 at 9 h 40 min

    Incroyable! J’étais absolument certain que ce film avait déjà été chroniqué sur BDW2, mais non ! En réalité, nous en avions tellement parlé sur le grand frère de WWW que cela m’apparaissait comme une évidence. Mon avis n’a pas changé, bon film, jouissif de par son sujet, mais pas un grand film. J’viens de prendre un p’tit coup de vieux dès le matin, ça réveille !

    http://wild-wild-western.over-blog.com/article-harry-brown-2009-47346679.html

     
    • walkfredjay

      19 février 2017 at 9 h 43 min

      Intéressant d’y revenir avec un peu de recul…

       
      • Kinskiklaus

        19 février 2017 at 9 h 55 min

        Absolument! En tous les cas, pour un film que je ne considère pas comme un grand film, je suis surpris d’avoir encore plein de scènes ancrés dans ma mémoire alors que je n’ai pas dû le revoir depuis au moins trois ans.

         
    • Dino Barran

      19 février 2017 at 12 h 58 min

      72 commentaires sur www !
      N’est-ce point un record, cher Fred ?

       
      • Kinskiklaus

        19 février 2017 at 13 h 12 min

        Incroyable, Michael Caine plus fort que Luc Besson !

         
  2. JICOP

    19 février 2017 at 10 h 44 min

    Enorme Michael Caine !!
    Toujours bon pied bon œil .
    Certainement pas un simple vigilante flick tant le réalisateur densifie la psychologie de ses personnages pour qu’ils soient bien plus qu’un vengeur et ses cibles .
    L’aspect social ; typiquement le reflet des productions Anglaises ; est généralement peu présent dans le versant Américain et c’est un plus indéniable .
    Pourquoi pas la version Française … nous aussi on a des zones de France en décomposition … il n’y pas de raison !!

     
    • Kinskiklaus

      19 février 2017 at 10 h 49 min

      Oui, excellente idée! Avec dans le rôle titre, euh…euh…euh…Kad Merad!

       
      • walkfredjay

        19 février 2017 at 10 h 57 min

        Et Franck Dubosc, alors ? Et Jean Dujardin ?

         
    • Thomas

      19 février 2017 at 23 h 03 min

      Il y a un film avec Olivier Marchal qui est dans ce style :Un p’tit gars de Ménilmontant ainsi que le dernier film de Jacques Audiard ;Dheepan

       
      • Kinskiklaus

        20 février 2017 at 0 h 03 min

        « Un p’tit gars de Ménilmontant », loin d’être désagréable, se rapproche davantage d’un téléfilm que d’une vraie oeuvre de cinéma. Très caricatural tout de même mais je ne crache pas dessus car j’avais passé un assez bon moment à le regarder tout en regrettant que le cinéma n’emploie pas davantage Smaïn. Quant au film de Jacques Audiard, je n’ai jamais pu supporter ni son cinéma ni ceux qui l’encensent. Branlette cannoise pour bobos qui se donnent bonne conscience sociale autour d’une coupe de Moët et Chandon.

         
  3. Kinskiklaus

    19 février 2017 at 11 h 03 min

    Pas mal, pas mal… J’imagine déjà quelques scènes: Dubosc posant la main sur l’épaule d’une racaille: « Alors, on n’attend pas Patrick? » ou bien encore Dujardin s’écriant après avoir allongé d’une droite la même racaille: « Comment j’t’ai cassé, toi! »

     
    • Val

      19 février 2017 at 14 h 24 min

      Jean Dujardin avait tourné un film de « vengeance », « Contre-enquête », que j »avais bien aimé sur le moment, même si la fin a un arrière-goût écoeurant dans l’idée de la « loi du Talion ».
      Je me demande toutefois si j’aimerai le revoir…

       
  4. Kinskiklaus

    19 février 2017 at 11 h 09 min

    Mëme si j’aime beaucoup ce film, le dernier rôle de Michael Caine qui m’ait vraiment marqué est son interprétation du personnage de Jasper Palmer dans le phénoménal « Les fils de l’homme » en 2006.

     
  5. Edmond

    19 février 2017 at 13 h 15 min

    Excellent film et très bon Michael Caine !

     
  6. Patrick

    19 février 2017 at 13 h 29 min

    Michael Caine mon acteur préféré, il est est extra ici et ça fait plaisir de le voir autrement qu’en 2nd voire 3ème rôle dans des trucs genre Batman.

    Sorti à la même période que Gran Torino j’ai nettement préféré Harry Brown.

     
    • Kinskiklaus

      19 février 2017 at 13 h 32 min

      « Gran Torino » pour moi, plus profond et un poil moins caricatural, et pourtant je le considère comme un Eastwood mineur.

       
  7. Seb

    19 février 2017 at 13 h 33 min

    Tout ce que j’ai trouvé larmoyant, factice et démago dans Gran Torino m’a semblé d’une terrifiante lucidité dans Harry Brown. Bon film en effet, porté par un Michael Caine impérial.

     
    • Patrick

      19 février 2017 at 16 h 12 min

      Exact, Harry Brown sous son air série B est certainement plus réaliste.

       
  8. Simon95

    19 février 2017 at 18 h 50 min

    On a tous en tête un Michael Caine période Harry Palmer et autre « L’or se barre ». Le voir si âgé, cela m’avait fichu un choc. Je ne garde pas un bon souvenir de ce film. ; j’avais trouvé l’ambiance crasseuse.
    Mais à la lumière de votre commentaire (avec lequel je suis presque toujours en accord), j’aimerais le revoir.

     
  9. Kinskiklaus

    19 février 2017 at 19 h 18 min

    Pour ma part, j’estime que c’est justement cette ambiance crasseuse qui donne sa lumière au film. Quant à Michael Caine âgé, j’avais éprouvé la même réaction avec Clint dans « Gran Torino », mais quand on aime, on ne compte pas les rides !

     
  10. Thierry

    19 février 2017 at 22 h 14 min

    « Sean Harris, génial comme toujours ». Je suis bien d’accord. En prime, il y a Jack O’Connell qui m’avait vraiment mis la trouille en tueur dans Eden Lake, et le rapper Plan B qui se montre d’une brutalité inouïe pendant son interrogatoire par les policiers. Grand film sur la, les violences, à mon avis.

     
  11. Corey

    22 février 2017 at 0 h 56 min

    Je l’ai vu une fois à sa sortie en blu-ray, super polar dont l’originalité tient au double décalage, d’abord de Caine qu’on n’imaginait pas dans ce genre de rôle, et de l’ambiance londonienne loin de celle de Los Angeles ou New York. Mais incomparable avec Gran Torino ou Eastwood démystifie le genre avec maestria. Pour moi, son plus grand film, au passage.

     

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