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« THE TWO JAKES » (1990)

26 Fév

jakesTourné seize ans après « CHINATOWN », « THE TWO JAKES » (sorti en France avec le sous-titre : « PIÈGE POUR UN PRIVÉ ») réunit une bonne partie de l’équipe d’origine, petits rôles inclus, pour une sequel parfaitement inutile, voire dommageable au souvenir qu’on garde du film de Roman Polanski. Car il y a tout dans cette suite, absolument tout sauf… Polanski ! Remplacé par Jack Nicholson derrière la caméra. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

Le scénario de Robert Towne n’est en fait pas réellement une suite, mais une sorte de radotage. Comme l’entêtement à vouloir revenir sur le passé, à réfléchir sur son propre travail, à se mesurer à l’empreinte qu’on a laissé. Mauvaise idée ! Car « THE TWO JAKES », s’il démarre plutôt bien, si la photo de Vilmos Zsigmond flatte l’œil, s’embourbe rapidement dans ses propres références. Cette fois ce n’est pas l’eau l’enjeu, mais le pétrole. On trouve un autre vieillard machiavélique (Richard Farnsworth remplaçant John Huston), une blonde en péril et un héros, J.J. Gittes de retour de la WW2 malmené et largué par les événements jusqu’à la toute fin.

Le charme canaille de Nicholson s’est évaporé avec les années et les kilos. Son Gittes est empâté, plutôt lent d’esprit, il se laisse piquer la vedette par Harvey Keitel jouant son client portant un lourd secret. On passe le temps avec une belle brochette d’acteurs qu’on aime : Eli Wallach en avocat matois, Madeleine Stowe en harpie hystérique ou Meg Tilly, femme-mystère dont on devine aisément la véritable identité, bien avant ce qui est censé être un « coup de théâtre ».

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JACK NICHOLSON, MADELEINE STOWE ET HARVEY KEITEL

On s’ennuie ferme et de plus en plus à mesure que le film avance. Alors que tout se dénoue, on se rend compte qu’on n’en a rien à faire et on en veut aux auteurs d’avoir mis deux heures à nous rabâcher ce qu’ils avaient si bien raconté en 1974. « Le passé ne s’en va jamais », dit Gittes dans son dernier plan. La preuve ! Mais pour rester sur une note positive, retenons une magnifique réplique signée Robert Towne et adressée par Gittes à l’avocat Frederic Forrest : « Ce que je fais pour gagner ma vie n’a peut-être rien d’honorable, mais moi je le suis. Dans cette ville, je suis le lépreux à qui il reste le plus de doigts ». Si tout le film avait été de cette veine-là !

À noter : l’œil attentif pourra distinguer une fine cicatrice sur la narine de Nicholson, à l’endroit où avait tranché le couteau du « gnome » dans le premier film.

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9 réponses à “« THE TWO JAKES » (1990)

  1. Simon95

    26 février 2017 at 6 h 45 min

    Que c’est mauvais. Polanski avait réussi à nous proposer un film palpitant. Ici, c’est d’un ennui total.

     
  2. Patrick

    26 février 2017 at 12 h 06 min

    Une suite décevante qui se laisse regarder grâce à ses acteurs, j’ai lu que Polanski devait dans un premier temps tourné cette suite mais je ne sais plus pourquoi il a refusé (un problème avec le scénario je crois).

     
    • walkfredjay

      26 février 2017 at 12 h 17 min

      J’ai oublié aussi, mais je me souviens d’un désaccord avec Nicholson qui voulait absolument que son copain le producteur Robert Evans (ex-acteur des années 50) tienne le rôle de l’autre Jake, finalement joué par Keitel.

       
      • JICOP

        26 février 2017 at 12 h 36 min

        Polanski a eu du nez ( he he !! 😉 ) . Vu dans le documentaire qui lui etait consacre sur Arte , Evans etait un p… de mauvais acteur .

         
      • Patrick

        26 février 2017 at 16 h 26 min

        Normal qu’il est du nez pour un Polonais (poil au nez) …c’était la blagounette du jour 🙂

         
  3. Kinskiklaus

    26 février 2017 at 13 h 14 min

    La question qui tue: est-ce que quelqu’un comme moi qui a peu aimé le « Chinatown » de Polanski a une chance d’apprécier cette « suite » ?

     
    • walkfredjay

      26 février 2017 at 13 h 19 min

      Je crains qu’il n’y ait que toi qui puisses le dire, Kinskiklaus ! Quand on n’aime pas un film, peut-on préférer sa mauvaise suite ? Le mauvais devient-il alors bon par paradoxe ? C’est abyssal comme question ! 😀

       
  4. Seb

    26 février 2017 at 14 h 30 min

    Jamais vu mais Madeleine Stowe à cette époque, what a lady! 😛

     
    • walkfredjay

      26 février 2017 at 15 h 23 min

      Oui, c’était ses grandes années. Mais Nicholson ne lui a pas donné grand-chose à faire en l’occurrence…

       

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