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« CROSSING GUARD » (1995)

27 Fév
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JACK NICHOLSON

« CROSSING GUARD » est le second long-métrage en tant que réalisateur de Sean Penn après le beau « INDIAN RUNNER », déjà interprété par David Morse quatre ans plus tôt.guard3

Le scénario est simple : Jack Nicholson, joaillier dépressif et divorcé attend la sortie de prison du chauffard (Morse) qui tua sa fille, avec la ferme intention de l’abattre. Les trois jours qui séparent la première rencontre assez ridicule des deux hommes (Freddy a oublié de charger son pistolet !) et leur confrontation finale, vont être décisifs pour leur existence. Cela aurait pu être un énième film de « vigilante » et de vengeance, mais Penn opte pour une approche cassavetsienne de son histoire et se repose sur la présence écrasante de Nicholson. Amaigri, le visage hâve, fripé, il n’a semble-t-il jamais été autant « à nu » que dans ce rôle terrible et antipathique de quidam détruit, qui perd sa vie dans les boîtes de strip sordides à boire avec des minables et à rentrer chez lui avec des prostituées. Sa seule obsession : tuer le temps en attendant de tuer… l’assassin de sa fille. Personnage tragique, pathétique, presque grandiose dans sa médiocrité, ‘Freddy’ est une des plus belles performances de Nicholson, qui ne ressort aucun de ses vieux « trucs » d’acteur. À peine perçoit-on le spectre du Jack Torrance de « SHINING » dans son ultime face-à-face avec son ex-femme, campée par Anjelica Huston, qui se trouve être… l’ex de Nicholson ! C’est dire l’authenticité plus que dérangeante de leurs affrontements, l’aigreur et la rancœur qui s’en dégagent et qui placent le public en position de voyeur.

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ANJELICA HUSTON ET DAVID MORSE

« CROSSING GUARD » ne maintient hélas, pas toujours le même niveau. Ainsi toutes les scènes où apparaît l’irritante Robin Wright, plaquées sur l’action, sont incroyablement faibles et complaisantes. Comme tirées d’un autre film et datant des années 70, qui plus est. Heureusement, on a plaisir à retrouver de grands seconds rôles comme Penny Allen en obsédée des trajets en bus, Joe Viterelli en barman, Piper Laurie et Richard Bradford en parents dévoués ou John Savage dans un monologue poignant, dans de très courtes apparitions.

Penn se regarde souvent filmer, abuse d’effets inutiles, mais la photo de Vilmos Zsigmond est splendide, certaines séquences ont une portée émotionnelle irrésistible. De toute façon, le film – malgré ses nombreux défauts – se doit d’être vu pour Jack Nicholson, dont l’intensité autodestructrice crève littéralement l’écran. Comme jamais auparavant, peut-être.

À noter : les parents de Sean Penn, Eileen Ryan et Leo Penn apparaissent dans des petits rôles.

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15 réponses à “« CROSSING GUARD » (1995)

  1. Thomas

    27 février 2017 at 6 h 42 min

    Ne pas oublier la superbe chanson du Boss ,Missing

     
    • JICOP

      27 février 2017 at 8 h 48 min

      Tout comme le précedent film de Penn  » the indian runner  » était inspiré par la chanson de Bruce  » highway patrolman » .
      Un lien évident entre les deux hommes .

       
  2. Simon95

    27 février 2017 at 8 h 28 min

    C’est « leur existence » sans S, car chacun n’a qu’une seule existence. Après cette remarque de p’tit prof, que Penn n’ait pas réussi à faire un bon film, cela me fait de la peine.

     
    • walkfredjay

      27 février 2017 at 9 h 36 min

      C’est corrigé, merci. Penn se rattrapera avec « THE PLEDGE » (bientôt chroniqué).

       
      • Simon95

        27 février 2017 at 16 h 26 min

        Je l’ai vu. Cela commence bien, et cela finit mal, cinématiquement parlant. Elle est assez frustrante.

         
  3. Kinskiklaus

    27 février 2017 at 12 h 33 min

    « Ainsi toutes les scènes où apparaît l’irritante Robin Wright… ». L’irritante ? Je veux bien me faire irriter, alors ! Pas encore vu celui-ci même s’il figure sur ma pile depuis longtemps. Pour le coup, Sean Penn m’irrite tellement depuis des années que j’avoue avoir de plus en plus de mal à avoir envie de regarder ses films.

     
    • walkfredjay

      27 février 2017 at 13 h 56 min

      Irritante, elle l’est. Dans ce film-là, en tout cas.

       
      • Marc Provencher

        27 février 2017 at 17 h 14 min

        Tu as bien raison de lever crânement une main altière, KinskiKlaus. Après l’Agaçantegate (scandale où l’on osait qualifier d’agaçante nulle autre que Rachel Weisz en personne !!), voici l’Irritantegate, avec pour cible Robin Wright, la poverina qu’a pas demandé à v’nir au monde. Et tu vois comme les attachés de presse de WalkFredJay sont sur la brèche: « Dans ce film-là, en tout cas. » La formule est bien trouvée, ça permet de minimiser le scandale sans perdre la face, et qui sait ? Peut-être l’outrage sera-t-il oublié dans à peine quelques mois.

         
      • walkfredjay

        27 février 2017 at 18 h 33 min

        Marc ! Elle joue une espèce de beatnik appelée « Jojo » qui s’exprime comme dans « EASY RIDER » et danse toute seule chez elle… C’est irritant, non ? (sans compter que son rôle ne sert strictement à RIEN dans le film).

         
      • Simon95

        27 février 2017 at 19 h 06 min

        Si encore elle se déshabillait…

         
      • Marc Provencher

        27 février 2017 at 20 h 40 min

        « (Elle) danse toute seule chez elle… C’est irritant, non ? »

        Bon, en y repensant, peut-être un petit peu. Mais je comprends le chevaleresque KinskiKlaus de s’être porté à la défense de sa Robin adorée…

         
      • Simon95

        28 février 2017 at 3 h 38 min

        cinématographiquement… Mon correcteur me joue des tours ^_~

         
    • Kinskiklaus

      27 février 2017 at 18 h 44 min

      Dis donc, Simon95, le p’tit prof, tu pourras m’expliquer ce que tu entends par « cinématiquement parlant » ? (sourire!)

       
      • Simon95

        27 février 2017 at 19 h 09 min

        L’histoire pourrait mal se terminer à cause de l’histoire écrite comme cela. Là, la fin est nulle à cause de la volonté du metteur en scène, le dénommé Penn.
        Mais il est vrai que les deux causes se confondent assez, en fait.

         
  4. Kinskiklaus

    27 février 2017 at 19 h 21 min

    Certes, certes, mais qu’entends-tu par « cinématiquement » ?

     

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