RSS

« THÉRÈSE RAQUIN » (1953)

02 Mar

raquin2Publié en 1867, « THÉRÈSE RAQUIN », roman d’Émile Zola fut souvent adapté au cinéma et même intelligemment démarqué par James M. Cain dans son « FACTEUR SONNE TOUJOURS DEUX FOIS ».

L’adaptation de Marcel Carné, co-signée par le grand Charles Spaak, se déroule à Lyon dans les années 50. Les deux premiers tiers du film sont remarquables d’intensité dramatique, de finesse d’observation, de tension érotique. Et l’interprétation tout en retenue de Simone Signoret atteint des sommets. On se dit qu’on tient là un chef-d’œuvre. Jusqu’au dernier tiers où apparaît le personnage d’un jeune marin maître-chanteur (absent du roman et des autres films qui en seront tirés). Campé par le décourageant Roland Lesaffre. Gauche et empoté, celui-ci accapare l’écran, éclipse les vedettes qui sont subitement reléguées au rang de faire-valoir et détruit littéralement « THÉRÈSE RAQUIN », le détournant de son sens initial : c’est le remords et l’horreur rétrospective de leur acte qui minent la passion entre Thérèse et Laurent et les dressent l’un contre l’autre, pas un stupide délateur. Carné refera exactement la même bourde l’année suivante avec « L’AIR DE PARIS » (chroniqué sur « BDW2 ») où Gabin et Arletty serviront la soupe au même Lesaffre qui n’aura pas fait de progrès entretemps.

On reste donc sur une opinion mitigée, teintée d’agacement, tant la complaisance et la faute sont aveuglantes et gâchent le spectacle. Toutes les scènes chez Mme Raquin (extraordinaire Sylvie !) sont impeccables, captant la mesquinerie de ces existences provinciales étriquées. Raf Vallone – qui évoque un peu Burt Lancaster physiquement – est très bien en camionneur amoureux et sanguin. Et Jacques Duby est plus que parfait en mari souffreteux, gâté-pourri et geignard.

raquin

RAF VALLONE, SIMONE SIGNORET ET SYLVIE

Hélas, la « partie Lesaffre » est beaucoup trop longue et hors-sujet pour que le film ne puisse s’en remettre. C’est d’autant plus rageant que des séquences comme celle du train ou les face-à-face entre Thérèse et sa belle-mère paralysée, laissent deviner le très grand film noir que cela aurait pu (aurait DÛ !) être avec plus de rigueur.

Advertisements
 

4 réponses à “« THÉRÈSE RAQUIN » (1953)

  1. Dino Barran

    4 mars 2017 at 18 h 57 min

    Roland Lesaffre était le compagnon de Marcel Carné, qui le mit en scène dans plusieurs de ses films, en dépit de ses piètres qualités d’acteur.

     
    • walkfredjay

      4 mars 2017 at 19 h 29 min

      C’était vraiment un cas d’école ! Il arrive à être mauvais dans une silhouette de quelques secondes dans « CASQUE D’OR » !

       
  2. Claude

    5 mars 2017 at 19 h 34 min

    Je ne vois pas un seul bon rôle de Lesaffre dans « toute » sa filmographie !

     
    • walkfredjay

      5 mars 2017 at 20 h 13 min

      Non, en effet. C’était un peu le Jill Ireland de Carné ! 😀

       

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :