RSS

« LA CAGE » (1975)

12 Mar

cageQuand le film commence avec Lino Ventura perché sur une grue de chantier sur une musique de Philippe Sarde et que le générique passe sur des images solarisées, on est sur-le-champ plongé dans du Claude Sautet. Ensuite, « LA CAGE » prend une tout autre orientation, mais cette entrée en matière perturbe un peu.

Convoqué dans la maison de banlieue de son ex-femme (Ingrid Thulin) qu’il n’a pas revue depuis des années, Ventura se voit enfermer dans sa cave pour une durée indéterminée. Elle ne s’est jamais remise de son départ et a l’intention de lui faire payer la note. Inspiré d’une pièce de théâtre, le scénario s’arrête hélas, là. Deux grands comédiens séparés par les barreaux d’une cage, qui s’envoient des vacheries à la figure. Pas d’urgence particulière, pas de réelle progression dans l’histoire, pratiquement pas de péripéties, peu d’évolution dans leurs rapports. On finit par ne rien attendre et de là naît l’ennui. Le dialogue étant assez basique, voire pauvret par moments, et l’alchimie entre les deux stars étant quasi-nulle (comment imaginer une seconde, même avec toute la bonne volonté du monde, que Lino ait pu être marié à l’égérie d’Ingmar Bergman ?), « LA CAGE » ne fonctionne tout simplement pas. La mise-en-scène ultra conventionnelle de Pierre Granier-Deferre qui a probablement voulu réitérer le miracle de son « CHAT » avec Gabin et Signoret, ne résout en rien le vice-de-forme initial du projet : on n’y croit pas. Point final.

Malgré le handicap de la langue, Thulin fait preuve d’intensité et d’émotion, mais elle semble vraiment échappée d’un autre cinéma. Quant à Ventura, égal à lui-même, il use et abuse de ses vieux tics et ne donne aucune profondeur à son rôle. On se prend à imaginer ce qu’aurait donné un Yves Montand par exemple, vivante incarnation du mâle français des années 70, à sa place. Le film aurait probablement gagné en subtilité. Ce qui nous ramène d’ailleurs indirectement à Sautet ! Décidément…

cage2

INGRID THULIN ET LINO VENTURA

Un film mineur dans la carrière du réalisateur et des deux stars, dont le principal problème – malgré l’admiration qu’on peut avoir pour eux – provient du choix même des deux têtes d’affiche. Étrange…

Advertisements
 

12 réponses à “« LA CAGE » (1975)

  1. Simon95

    12 mars 2017 at 7 h 46 min

    Comment se fait-il que je sois toujours d’accord avec vos analyses ? C’est effectivement un film ennuyeux.

     
    • Patrick

      12 mars 2017 at 13 h 23 min

      Je ne l’ai pas trouvé ennuyeux certes ce film a plusieurs défauts mais il est à découvrir.

      Je renvoie à ma critique:
      https://www.senscritique.com/film/La_Cage/critique/64897265

       
      • Simon95

        12 mars 2017 at 14 h 10 min

        Annie Girardot aurait été effectivement très bien dans le rôle.
        Je m’insurge, il y a un film encore plus méconnu de Lino Ventura : Les durs

         
  2. walkfredjay

    12 mars 2017 at 14 h 31 min

    Le malheureux Jacques Herlin, acteur français, doublé en v.f. par Guy Piérault… C’est abominable ! 😀

     
    • Kinskiklaus

      13 mars 2017 at 2 h 18 min

      C’est original… Jacques Herlin parlait italien dans la VO ?

       
      • walkfredjay

        13 mars 2017 at 9 h 21 min

        Certainement. Il a fait l’essentiel de sa carrière en Italie et parlait probablement la langue. Les doubleurs ne devaient pas savoir qu’il était français…

         
      • Kinskiklaus

        13 mars 2017 at 9 h 48 min

        La joie des coproductions européennes, en somme !

         
  3. Claude

    12 mars 2017 at 21 h 00 min

    Merci à Simon95 pour le film qui est une rareté et dont je ne connaissais que la bande-son Stax rééditée il y a quelques années .

     
  4. Elborak

    12 mars 2017 at 21 h 26 min

    Je suis d’accord avec toi Fred, et pourtant je n’ai pu m’empêcher de l’apprécier. Je l’ai peu être regarder dans un moment et un lieu propice …

     
    • walkfredjay

      12 mars 2017 at 22 h 00 min

      Les acteurs peut-être, même s’is sont mal castés… Une certaine « qualité France »…

       
  5. Dino Barran

    19 mars 2017 at 14 h 29 min

    Étonnant qu’un film comme celui-ci ait pu se monter.
    Comment se fait-il qu’un producteur ait pu accorder crédit à ce scénario résumable à une seule idée (comme chez certains Besson) ? Comment se fait-il que Lino, dont les choix étaient particulièrement exigeants, ait pu se laisser entrainer dans cette galère ?
    Et comment se fait-il que sa liquette reste aussi propre et impeccable pendant toute sa séquestration ?

     
    • walkfredjay

      19 mars 2017 at 15 h 06 min

      Je me suis aussi posé la question. Envie de tourner avec le réalisateur ? Avec la prestigieuse Ingrid Thulin ? Tournage confortable (un décor de studio, pas de cascades) ?

      Le scénario est paresseux, sans rebondissements. La vengeance de la femme bafouée est bien planplan, elle le nourrit copieusement, ne le torture en aucune façon, hormis l’enfermement. On dirait un « pitch » qu’on n’aurait pas développé.

       

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :