RSS

« LE CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE » (1972)

28 Mar

charme2« LE CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE » est un des derniers films de Luis Buñuel, produit en France et plongeant dès les premières minutes dans un univers finement décalé, jusque dans le jeu atone des comédiens parfaitement au diapason.

Pour résumer (mais est-ce possible ?) : deux couples bourgeois de province, un ambassadeur d’Amérique du Sud et une belle-sœur alcoolique passent tout le film à s’inviter à déjeuner ou à dîner les uns chez les autres et à chaque fois, un événement incongru vient gâcher leur repas : des manœuvres militaires, l’intrusion d’un évêque jardinier, des policiers venus les arrêter (il faut préciser qu’ils font un peu de trafic d’héroïne). Parfois cela dérape dans le surréalisme le plus complet, jusqu’à ce qu’on réalise que c’était un rêve. Les auteurs ont beau faire le coup plusieurs fois, on se fait berner systématiquement. Ce petit jeu est assez amusant, d’autant plus qu’on ne sait jamais qui sera le prochain à rêver ! Et puis de temps en temps, des seconds rôles racontent leur enfance, leurs cauchemars, sans que cela n’étonne personne.

Il faut s’abandonner à la narration dérivative et élégamment absurde pour apprécier ce film plaisant, pataugeant en pleine folie douce.

Le cast est vraiment délectable : Fernando Rey en diplomate cynique et charmeur, Delphine Seyrig complètement « perchée », Paul Frankeur ou Stéphane Audran qui semble évoluer dans une dimension parallèle, Claude Piéplu toujours savoureux en militaire. On aperçoit même Michel Piccoli vers la fin en ministre de l’Intérieur.

charme

FERNANDO REY, DELPHINE SEYRIG ET PAUL FRANKEUR

Pour goûter le film, il faut prendre le temps de s’acclimater, d’en accepter les règles, ce qui n’est finalement pas si ardu, puisqu’il est probable que tout ce qu’on vient de voir ne soit qu’un rêve. Ou pas…

Publicités
 
 

10 réponses à “« LE CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE » (1972)

  1. Seb

    28 mars 2017 at 9 h 27 min

    Ah ben ça tombe bien, c’est tout simplement mon Buñuel préféré: fabuleusement drôle, ludique, parfois franchement inquiétant et mis en scène avec une finesse rare. Et quelle brochette d’acteurs !

     
    • Patrick

      28 mars 2017 at 11 h 55 min

      Un très grand film, quand j’étais petit je me disais que c’était un film d’adulte ennuyeux et sans intérêt et puis finalement je l’ai regardé et j’ai adoré.

      En fait je pensais que Bunuel ferait partie de ses réalisateurs qui ne me conviendrait mais j’apprécie plusieurs de ses films.

       
    • walkfredjay

      28 mars 2017 at 14 h 45 min

      C’est très très calme, aujourd’hui ! Je vais trouver un petit post à faire vite-fait sur Besson ou Tarantino ! 😀

       
      • Patrick

        28 mars 2017 at 15 h 15 min

        Bunuel ne fait pas assez polémiquer 🙂

         
  2. Miguel

    28 mars 2017 at 13 h 22 min

    Un film où Buñuel dénonce une bourgeoisie figée ou fidèle à sa bonne éducation et à ses rites et ce quoi qu’il arrive même dans leurs rêves. Je n’ai jamais oublié la scène du fantôme dans le placard, scène bien faite et flippante à souhait.

     
  3. Marc Provencher

    28 mars 2017 at 13 h 47 min

    «Claude Piéplu toujours savoureux en militaire»

    Ça fait bien longtemps que j’ai vu ça, mais je me rappelle encore l’officier Claude Piéplu, ayant fait irruption à la tête de ses hommes dans le restaurant-auberge où tentent de se réunir nos héros: «Et maintenant, le soldat Untel va vous raconter un de ses rêves.» « – Oui chef », ou enfin quelque chose comme ça…

     
  4. walkfredjay

    28 mars 2017 at 14 h 07 min

    C’est à peu près ça. 🙂

     
  5. JICOP

    28 mars 2017 at 14 h 50 min

    Quand on pense que ce film jubilatoire passait a la tele a 20h30 sur les chaines dans les annees 70/80, ca situe .
    Je me souviens avoir vu ce film etant mome sans avoir bien compris de quoi il retournait , mais il m’avait a la fois effraye et subjugue .
    C’est un de mes Bunuel preferes et une oeuvre d’une grande intelligence , et certaines scenes (comme celle du repas aux toilettes ou inversement ) sont cultes .
    Louons enfin le travail au scenario de Jean-Claude Carriere .

     
  6. JICOP

    28 mars 2017 at 14 h 55 min

    Erreur de ma part . La scene du repas aux toilettes etait dans  » le fantome de la liberte  » . Autre Bunuel contemporain du  » charme … » et tout aussi surrealiste .
    Toutes mes confuses .;)

     
    • Miguel

      28 mars 2017 at 16 h 37 min

      j’allais te le dire mais je trouve que c’est normal de confondre les scènes dans les films de Buñuel.

       

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :