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« EL PERDIDO » (1961)

29 Mar
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KIRK DOUGLAS ET ROCK HUDSON

Robert Aldrich à la réalisation, le scénariste Dalton Trumbo et la star Kirk Douglas qui sortaient à peine de leur succès « SPARTACUS », Rock Hudson et Dorothy Malone pour la troisième fois partenaires après deux Douglas Sirk, les décors arides du Mexique, l’ambiance western… On voit mal comment « EL PERDIDO » pourrait être inintéressant.last3-copie

D’ailleurs il ne l’est pas, loin de là. Mais bizarre, il l’est, sans le moindre doute ! C’est en fait un mélodrame classique avec son lot d’amours contrariées, de séparations irréparables, de coups de théâtre et de grands sentiments, relocalisé dans l’univers du Far-West hollywoodien.

Le film est inégal, par moments assez âpre (l’humiliation de Joseph Cotten, juste avant sa mort), à d’autres complaisant (les chansonnettes hors-sujet poussées par Douglas), et souvent même assez osé : l’ombre de l’inceste plane au-dessus de la dernière partie non-exempte d’ambiguïté sur la consommation de l’acte. Quelque chose a dû échapper aux censeurs !

Aldrich a toujours ce vieux sens du cadrage dynamique, du montage « cut », mais son film paraît bancal : il prend le temps de présenter des cowboys menaçants (Neville Brand et Jack Elam) pour ne leur donner que de fugaces silhouettes (coupes montage ?), il s’attarde sur une tempête de sable qui rend l’action pratiquement illisible et dilue l’intérêt et le suspense. Il met tout en place pour un face-à-face bourré de testostérone et n’offre à Douglas que Hudson comme rival. Si le premier exulte dans un personnage de voyou poète et névrosé rappelant « L’HOMME QUI N’A PAS D’ÉTOILE », le second semble distrait, jamais tout à fait présent. Leurs scènes ensemble ne prennent jamais corps tant leurs styles sont mal accordés. À leurs côtés, Malone est très bien en ‘tough girl’ à qui on ne la fait pas et Carol Lynley adorable en jeune fille pure mais déterminée. Regis Toomey tient un rôle intrigant de témoin muet mais dont le regard en dit long, préfigurant un peu ‘Alias’ dans « PAT GARRETT & BILLY THE KID ».

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KIRK DOUGLAS, CAROL LYNLEY ET DOROTHY MALONE

Sans compter parmi les vraies réussites d’Aldrich, « EL PERDIDO » tient tout de même bien la route, supporté en grande partie par les épaules de Douglas, charismatique à souhait en « good bad guy » névrosé, tout de noir vêtu et portant de surprenants foulards de couleur.

À noter : inédit en Blu-ray aux U.S.A. et en France, le film est récemment sorti sur ce support en Allemagne sous le titre « EL PERDIDO », dans une copie propre mais hélas, exagérément lissée, sans le moindre grain pellicule. Reste à attendre une vraie restauration…

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2 réponses à “« EL PERDIDO » (1961)

  1. Patrick

    29 mars 2017 at 12 h 11 min

    Un très bon western que j’ai vu lors d’une reprise en salles il y a 8/10 ans.

     
  2. Claude

    29 mars 2017 at 17 h 55 min

    Bertrand Tavernier l’avait qualifié de « grand film malade » . C’est sûr que la prestation de Rock Hudson ne l’avantage pas …

     

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