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« VIVRE POUR VIVRE » (1967)

06 Avr

vivreTourné dans la foulée du succès de « UN HOMME ET UNE FEMME », « VIVRE POUR VIVRE » est passionnant à revoir aujourd’hui, comme instantané de son époque, mais surtout en tant qu’autopsie expiatoire et légèrement masochiste de l’adultère avec son cortège de mensonges, de trahisons, de mesquineries.

Maîtrisant parfaitement ce style visuel « à l’épate » qui l’a rendu célèbre, Claude Lelouch enrobe ce qui aurait pu n’être qu’une œuvre intimiste, de paillettes et de digressions. Sur les deux heures de projection, on se dit que toute la partie reportages au Congo ou au Vietnam aurait gagné à être raccourcie, que les tics de mise-en-scène sont parfois redondants (les gros-plans de personnes dialoguant sans qu’on entende le son), mais il passe quelque chose d’unique dans ce film, une forme de vérité dans l’émotion, une mise à nu des acteurs qui nous place en position de voyeur.

Yves Montand est idéalement casté dans ce rôle de grand reporter, dragueur impénitent au machisme condescendant, aussi charismatique qu’il est lâche et détestable quand il s’empêtre dans ses lamentables excuses. A-t-on souvent vu un portrait d’homme aussi impitoyable ? À ses côtés, Annie Girardot a rarement été meilleure qu’en épouse trompée, délaissée, qui se fane lentement dans son ombre. Émouvante et subtilement crispante, l’actrice a un monologue en gros-plan totalement inoubliable. La toute jeune Candice Bergen se sort au mieux du rôle casse-gueule de la maîtresse voleuse de mari.

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ANNIE GIRARDOT, YVES MONTAND ET CANDICE BERGEN

À condition de tolérer la caméra constamment en mouvement de Lelouch, de trouver un charme rétro à la BO de Francis Lai et de vouloir faire un bond dans le passé, de revisiter une France disparue qu’on peine à reconnaître aujourd’hui, « VIVRE POUR VIVRE » fait passer un moment plaisant, parfois incisif et – sans se prendre pour Ingmar Bergman – Lelouch propose une vision du couple des plus pertinentes.

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5 réponses à “« VIVRE POUR VIVRE » (1967)

  1. Simon95

    6 avril 2017 at 8 h 01 min

    Le monologue – improvisé – d’Annie Girardot est d’autant plus prégnant qu’elle était en pleine séparation avec le père de son enfant, l’acteur italien, Renato Salvatori, son partenaire dans Rocco et ses frères. Elle a donc utilisé ses sentiments personnels.

     
  2. Kinskiklaus

    6 avril 2017 at 10 h 38 min

    Celui-ci, je ne le connais absolument pas. Une critique qui me laisse à penser que je devrais m’y pencher et fissa. En même temps, ce même critique n’aime pas « La belle histoire » alors je doute… (sourires!). Je pense que je vais l’acheter en même temps que « Les bons et les méchants ». A noter, tous les films de Lelouch sont trouvables facilement sur internet ou en magasins à prix très abordables, voire dérisoires. Raison de plus pour se plonger dans son oeuvre.

     
    • walkfredjay

      6 avril 2017 at 12 h 03 min

      Je crois que c’est mon Lelouch préféré avec « LA BONNE ANNÉE ».

       
  3. Simon95

    6 avril 2017 at 11 h 08 min

    Qu’est-ce qu’on l’a aimée, la Girardot ! Dommage que sa fin de vie fut aussi triste.

     
    • Kinskiklaus

      6 avril 2017 at 13 h 33 min

      « Dommage que sa fin de vie fut aussi triste. » Triste pour elle et surtout pour sa famille. La mienne a été frappée par un cas d’Alzheimer, c’est un enfer pour les proches. Un enfer!

       

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