RSS

« ÇA » (1990)

12 Avr

ca2« ÇA », le roman de Stephen King reprenait grosso-modo le postulat de sa nouvelle « STAND BY ME », et bifurquait vers un traitement fantastique, alliant l’horreur et la SF. Le livre fut adapté en minisérie de trois heures pour la TV et marqua les esprits grâce à l’interprétation extravagante de Tim Curry dans un rôle de clown surgi des enfers et dévorant les enfants.

Qu’en reste-t-il 27 ans après ? Pas grand-chose, hélas. Si la première partie fait encore à peu près illusion, grâce à un bon casting de gamins et peut-être au bon souvenir de « STAND BY ME », la seconde est une pure catastrophe. La réalisation de Tommy Lee Wallace est gauche, statique, incapable de faire exister plusieurs personnages dans le même cadre. Quant à la distribution « adulte », elle va de l’à peine acceptable (Richard Thomas, John Ritter) à l’agressivement nul (Olivia Hussey, Harry Anderson). Et ne parlons même pas de l’affrontement final entre les six amis d’enfance et le « monstre » niché dans les égouts de la ville, une sorte de crabe-araignée en caoutchouc et au ventre luminescent, échappé d’une vieille série B des années 50. À voir pour le croire.

Mais il faut bien reconnaître qu’au milieu de ce fatras mollasson et convenu, Tim Curry vaut à lui seul le détour. Déjà impressionnant en diable cornu dans « LEGEND » de Ridley Scott, il fait un numéro de haute-voltige en « paillasse » à perruque rouge, au rire crispant et à la voix caverneuse. Ses gros-plans, avec ses dents pointues de requin font encore leur petit effet. Et son leitmotiv (« They all float, down there ») met mal à l’aise sans qu’on sache très bien pourquoi. Pour lui donc, et pour la photogénie de la toujours belle Annette O’Toole, on peut jeter un rapide coup d’œil à « ÇA », en espérant que le remake tourné en 2017 saura améliorer le score, ce qui ne semble pas hors de portée. À suivre…

ca

ANNETTE O’TOOLE ET TIM CURRY

Publicités
 

17 réponses à “« ÇA » (1990)

  1. Seb

    12 avril 2017 at 7 h 55 min

    Eh bien, tu ne l’as pas raté ! Je l’avais découvert à l’âge de 10 ou 11 ans avec autant de choc que d’émerveillement donc mon opinion est très certainement biaisée mais pour l’avoir revu régulièrement, je trouve que l’ensemble reste très attachant jusque dans sa patine « téléfilmesque » un peu ringarde… et les apparitions de Tim Curry continuent à me filer un malaise et une fascination pas possibles ! C’est d’ailleurs l’une des très rares exceptions où ma préférence va à la VF: la voix indescriptible de Jacques Ciron sied à mon avis beaucoup plus au clown que le timbre grave de Curry.

     
    • walkfredjay

      12 avril 2017 at 8 h 05 min

      Je gardais un excellent souvenir de « ÇA ». Disons que les années ne lui ont fait aucun bien ! La facture « téléfilm ringard » comme tu dis, est vraiment moche, le mystère absent, sauf dans les apparitions de Tim Curry. Après, la nostalgie peut jouer et surtout le moment où un spectateur a découvert le film.

       
      • Seb

        12 avril 2017 at 10 h 14 min

        Nostalgie, oui et non: je connais plusieurs jeunots biberonnés aux films d’horreur de James Wan ou Eli Roth qui ont découvert Ça ces dernières années et lui vouent le même culte qu’à leurs références « new age » ! Après je ne dis pas qu’en ce qui me concerne, j’aurais peut-être vu le film d’un autre œil en le découvrant maintenant…

         
      • walkfredjay

        12 avril 2017 at 10 h 21 min

        Je pense que le film traverse les générations grâce à Tim Curry. Il file VRAIMENT la trouille et transcende le reste.

         
      • Seb

        12 avril 2017 at 10 h 57 min

        Ça c’est sûr. Il a la même aura que Robert Englund en Freddy Kruger et Tony Todd en Candyman, ce qui dessert d’avance les remakes dans la mesure où les successeurs ne pourront jamais marquer l’imaginaire collectif comme ils l’ont fait.

         
  2. JICOP

    12 avril 2017 at 8 h 38 min

    Le probleme des adaptations de King a la tele ( meme chose pour  » Shining  » ) , c’est qu’ils ont ete produits a une epoque ou la television ne s’ aventurait guere dans la violence graphique et avait des moyens limites .
    Ce n’est plus le cas aujourd’hui avec  » the walking dead  » ou  » Game of thrones  » .
    Au moins un remake qui s’ imposait our le coup .
    Reste la nostalgie de ceux qui ont frissone a l’epoque …

     
    • walkfredjay

      12 avril 2017 at 8 h 57 min

      Le « SHINING » conçu et produit par King, en réponse à celui de Kubrick, qu’il a toujours détesté, prouve qu’il vaut mieux parfois trahir un roman en l’adaptant, que le suivre à la ligne près et pondre un affligeant téléfilm…

       
      • Seb

        12 avril 2017 at 10 h 20 min

        Dans le cas de Shining j’irais même jusqu’à dire que, fait rare, l’adaptation de Kubrick a encore plus de force que le roman d’origine au demeurant très bon. Jamais vu le téléfilm de Mick Garris par contre.

         
      • Marc Provencher

        12 avril 2017 at 18 h 51 min

        La preuve, selon moi, que Stephen King, grand prosateur et metteur en scène pitoyable, ne comprend rien au cinéma: ce sont les deux adaptations les plus réussies de ses romans fantastiques (je ne parle pas des autres cordes à son arc), à savoir ‘CARRIE’ et ‘THE SHINING’, qu’il a toujours vouées aux gémonies. Il veut que ce soit à la lettre. Or ces deux films rappellent au contraire que pour rester dans l’esprit d’une œuvre, il faut souvent en transformer la lettre, vu que l’audiovisuel et la littérature, ça fait deux. Mais « trahir »? Vraiment, je ne dirais pas, quoi qu’en dise M. King. Trahir une œuvre, c’est lui faire dire le contraire de ce qu’elle disait, comme John Ford a trahi ‘LA PUISSANCE ET LA GLOIRE’ de Graham Greene.

        Pour ce qui est de ‘IT’, j’ai adoré l’imaginaire tordu du livre, mais je le trouve beaucoup trop long pour rien. C’est l’époque où la moindre histoire de King tend à virer à la saga : même ‘SHINING’, qui est pourtant une brique, est plus ramassé que ses romans ultérieurs parfois interminables. Si le téléfilm (pas vu) respecte la construction et le déroulement de l’original, en effet ça doit être un tantinet longuet…

        Je n’ai pas vu le téléfilm ‘ÇA’. Par contre j’ai vu ‘LES LANGOLIERS’ et croyez-moi, j’ai le droit depuis de me considérer comme un vétéran virilement couturé de cicatrices, car c’était d’un pénible et d’un ridicule achevés !

         
  3. walkfredjay

    12 avril 2017 at 10 h 22 min

    Très dispensable…

     
  4. Kinskiklaus

    12 avril 2017 at 11 h 18 min

    Je pourrais formuler exactement la même analyse que Seb et moi aussi, je suis un partisan de la VF et de la voix de Jacques Ciron . Certes, le téléfilm a vieilli mais il conserve toujours sa fascination auprès d’un large public. Je l’ai déjà écrit ici récemment, ce téléfilm est encore très aimé et connu des adolescents d’aujourd’hui. Je rejoins tout de même l’ami Fred quant à la qualité bien supérieure de la première partie comparée à seconde.

     
    • Seb

      12 avril 2017 at 13 h 51 min

      Même si elle présente quelques imperfections évidentes (l’affrontement final, une intrigue qui patine parfois un peu) la seconde partie reste fort réussie selon moi et ne mérite pas l’opprobre dont elle fait souvent l’objet. Niveau frissons il y a à peu près autant de scènes marquantes que dans le premier segment (les apparitions de « Ça » dans le cimetière et la chambre d’hôtel, le repas au restaurant chinois qui tourne au vinaigre, Beverley qui revient dans sa maison d’enfance, etc.) et certains passages sont très touchants (belle utilisation de la chanson It’s All Right de The Impressions lors des retrouvailles).

       
      • Kinskiklaus

        12 avril 2017 at 14 h 09 min

        Je suis d’accord, la seconde partie n’est clairement pas négligeable. Simplement, je pense que comme beaucoup de spectateurs, j’ai découvert ce téléfilm étant enfant et que mon jugement me rattache à cette période de ma vie où forcément, je m’identifiais aux gosses pourchassés par le clown. Objectif ou pas, en tous les cas, je considère encore aujourd’hui la première partie comme la plus réussie du téléfilm. Les gamins jouent parfaitement leurs partitions, les acteurs adultes, beaucoup moins. Nous n’en avons pas parlé ici mais il est utile de rappeler que son réalisateur, Tommy Lee Wallace est un très proche du réalisateur John Carpenter depuis l’université. Pour l’anecdote, Carpenter, Tommy Lee Wallace et Nick Castle ont commis un disque, « Waiting out the eighties » sous le nom de groupe « The coupe de villes ». C’est également eux qui ont signé le générique de fin de « Jack Burton ».

         
      • Seb

        12 avril 2017 at 20 h 46 min

        On ne peut pas nier que les enfants incarnent leurs personnages de façon plus inspirée et que le premier segment a quelque chose de plus compact et homogène – c’est un sans faute pour ma part. Je ne sais pas si certains d’entre vous ont eu l’occasion de voir la récente série-phénomène Stranger Things (dont on ne parle déjà plus beaucoup, tiens) mais la filiation avec cette première partie est évidente. J’ai une opinion partagée sur cette série bien faite mais qui empile ses références de façon un peu trop mécanique, perdant ainsi à peu près tout le charme et la spontanéité de Ça et Stand By Me. Le téléfilm de Tommy Lee Wallace a sans doute vieilli mais ce trip référentiel finalement bien vide sur lequel se reposent tant de produits actuels (au cinéma, à la TV, dans la musique, etc.), gageons qu’il prendra très vite un coup dans l’aile !

        Merci pour l’anecdote sur The Coupe de Villes, Klaus. Je savais que Big John et T. L. Wallace étaient potes mais ignorait totalement l’existence de cette formation. Cela dit, pour avoir écouté quelques extraits de leur album sur Youtube à l’instant ça sonne effectivement « eighties » mais dans ce qu’elles avaient de pire… Je préfère les trois notes de Halloween ou le rock tellurique de L’antre de la folie !

         
  5. Thomas

    12 avril 2017 at 11 h 27 min

    bande annonce du remake qui, curieusement, se concentre uniquement sur les enfants :https://www.youtube.com/watch?v=xnxX1rr03gM

     
    • walkfredjay

      12 avril 2017 at 11 h 30 min

      Apparemment il y a une seconde partie concentrée sur les adultes…

       
  6. Patrick

    12 avril 2017 at 11 h 39 min

    J’ai découvert ce téléfilm après avoir lu l’excellent roman de Stephen King et cette adaptation m’avait paru bien sage.

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :