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« LA SOLITUDE DU COUREUR DE FOND » (1962)

22 Avr

runner« LA SOLITUDE DU COUREUR DE FOND » s’inscrit dans la mouvance britannique très sixties des « jeunes gens en colère ». Réaliste, âpre et sans grand espoir dans l’avenir, il décrit quelques semaines de la vie d’un jeune homme dont le père vient de mourir, qui se retrouve en maison de redressement où le directeur repère ses talents de coureur et veut l’utiliser comme champion contre un collège local.

Narré sur deux périodes de temps : l’entraînement de Tom Courtenay et en flash-back, les événements qui l’ont mené derrière les barreaux, le film tient en grande partie sur les épaules de l’acteur. Avec son visage renfrogné et ingrat d’enfant maltraité, son ironie mordante, il campe un personnage très original de révolté agressif et indomptable, de « rebelle sans cause » qui préfère gâcher sa vie plutôt que de devenir la marionnette de quiconque. La scène de la course s’achève dans un incroyable « anticlimax » qui fait tout le prix du film. C’est honnêtement réalisé par Tony Richardson (même si on déplore plusieurs « accélérés » du plus vilain effet), dans un noir & blanc délibérément tristounet de Walter Lassally, mais le scénario connaît des temps morts – essentiellement dans les séquences en flash-back – qui font trop souvent retomber la tension et détournent des intentions initiales des auteurs.

Aux côtés d’un Courtenay omniprésent, Michael Redgrave joue le directeur pompeux et paternaliste et on reconnaît brièvement James Fox dans le rôle d’un des coureurs du collège.

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TOM COURTENAY ET JAMES FOX

Emblématique de son époque et inscrit dans l’Histoire comme un des grands films du cinéma anglais, « LA SOLITUDE DU COUREUR DE FOND » accroche grâce à la performance de son acteur principal, mais ne passionne pas vraiment à cause d’une narration éclatée jamais vraiment justifiée et du cafard dégagé par cette ambiance plombée et dépourvue de tout rayon de soleil.

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2 réponses à “« LA SOLITUDE DU COUREUR DE FOND » (1962)

  1. JICOP

    22 avril 2017 at 17 h 36 min

    « Ambiance plombee et depourvue de tout rayon de soleil  » …en meme temps en Angleterre 😉
    Un classique du cinema British , inspirant meme une chanson du groupe Iron Maiden .
    A rapprocher du  » If…  » de Lindsay Anderson ou du futur  » Family life  » de Ken Loach .
    Fer de lance du free cinema , c’est un film magnifique a dominante grise mais qui degage une impression de liberte et d’anticonformisme , bienvenue a l’epoque pour une societe Anglaise corsetee et etouffante .
    Quand a Tom Courtenay , avec son physique proche d’un John Hurt , il trouve la le role de sa vie .

     
  2. Seb

    23 avril 2017 at 11 h 49 min

    Un peu de mal pour ma part avec le côté « petit malin » du film comme si Richardson avait lorgné vers la Nouvelle Vague sans vraiment oser se mouiller. Le montage désinvolte (à certains moments très elliptique, à d’autres inutilement longuet) n’aide effectivement pas à s’intéresser davantage à tout cela. Reste la composition fascinante de Tom Courtenay.

     

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