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« DOUX OISEAU DE JEUNESSE » (1962)

26 Avr

sweet2En 1958, Richard Brooks tournait l’adaptation de « LA CHATTE SUR UN TOIT BRÛLANT » de Tennessee Williams avec Liz Taylor et Paul Newman, magnifique transposition théâtrale portée par le charisme des vedettes.

Quatre ans plus tard, l’auteur-réalisateur tente de réitérer le miracle avec « DOUX OISEAU DE JEUNESSE ». Mais échoue hélas, sur à peu près tous les plans.

On retrouve bien sûr les protagonistes sordides du dramaturge sudiste : les stars décaties et schnouffées, les gigolos mythomanes, les politiciens pourris jusqu’à l’os : tout y est. Mais le film ne décolle pas. Tout y semble surjoué, aussi artificiel que les affreux extérieurs tournés en studio. C’est une logorrhée ininterrompue de bars en chambres d’hôtel, entrecoupée de flash-backs totalement superflus. On a vraiment du mal à retrouver la griffe de Brooks, à s’intéresser à cette brochette de détraqués plus malsains les uns que les autres.

En bellâtre narcissique et indécrottablement stupide, Newman use et abuse de tous les tics de la « Méthode ». Geraldine Page, qui créa le rôle sur scène, est excessive et envahissante, mais elle campe le personnage le plus intéressant du film. Ed Begley en fait des tonnes en politicard démagogue et Rip Torn joue son fiston aux méthodes dignes du KKK. Shirley Knight ne donne aucun relief à un rôle-clé qui passe inaperçu.

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PAUL NEWMAN ET GERALDINE PAGE

Sérieusement « allégé » pour échapper à la censure (à la fin Newman aurait dû être châtré au lieu d’avoir simplement le nez cassé), « DOUX OISEAU DE JEUNESSE » prouve que toutes les pièces ne sont pas forcément faites pour être transposées à l’écran. On a un mal fou à ressentir la moindre empathie pour ces « monstres » comme ils se définissent eux-mêmes et à partager leurs dérisoires rêves de gloire. Un seul thème parvient à surnager et presque à émouvoir, celui de la vie qui passe trop vite, de la jeunesse qu’on gaspille et qu’on ne retrouve jamais. Depuis « UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR », Tennessee Williams savait comme personne, trouver les mots pour exprimer ce mal-être.

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3 réponses à “« DOUX OISEAU DE JEUNESSE » (1962)

  1. JICOP

    26 avril 2017 at 14 h 45 min

    Certes complaisant dans la peinture des nevroses multiples de personnages peu reluisants , le film n’en est pas moins fascinant .
    Brooks , sur un film de commande , s’ est empare du materiau pour livrer une adaptation brulante et fulgurante malgre une censure aux aguets .
    Drogue , alcoolisme , corruption du pouvoir , le vieux Sud en prend une nouvelle fois pour son grade .
    Mais comme d’habitude chez Williams , derriere la purulence , une certaine tendresse pour les personnages de Newman et Page perdus dans ce cloaque .
    Brooks a volontairement adouci l’ensemble par la photo de Milton Krasner mais a tout autant choisi de filmer en decors artificiels .
    Autre choix : le flash back ; seuls les choix de Newman pour le role et la fin changee par la M.G.M .
    Un film fort et enfievre , que je trouve meme superieur dans les enjeux a la  » chatte sur un toit brulant  » du meme Brooks .

     
    • walkfredjay

      27 avril 2017 at 20 h 07 min

      J’entends tes arguments. Et je suis d’accord que les enjeux de ce scénario auraient pu être plus forts que ceux de « LA CHATTE… ». Mais je trouve que Williams semble s’auto-parodier dans la décadence sudiste poisseuse et je n’ai vu aucune tendresse ou empathie pour les personnages. C’est d’ailleurs pour moi un des gros manques du film.

       
      • JICOP

        27 avril 2017 at 22 h 04 min

        Je me suis apercu que j’avais mal ecrit sur une ligne…quelle andouille 🙂
        Il fallait lire  » seuls les choix de Newman pour le role et la fin changee l’ont ete par la MGM  » .
        Ceci etant rectifie je comprends ton sentiment mais j’ai l’impression que Williams a toujours depeint une societe pleine de nevroses et de decadence , dans cette adaptation comme dans les autres .
        Le contexte politique a peut etre ete davantage soutenu par Richard Brooks , implique qu’il etait sur cette question ..
        J’avoue que tout cela ne m’a pas gene tant l’impact du film , de la mise en scene et de l’interpretation emportent le morceau , a mon sens evidemment 😉

         

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