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« ZARDOZ » (1974)

28 Avr

zardozOn ne pourra jamais reprocher à John Boorman de s’être reposé sur ses lauriers. Après le succès de « DÉLIVRANCE », œuvre difficile mais accessible, il signe « ZARDOZ », un film totalement dingue, n’entrant dans aucune catégorie, une sorte de fable new age, une réflexion (sous LSD) sur l’immortalité, le fossé séparant le peuple des « élites », l’exploitation de l’homme par l’homme et tutti quanti.

C’est à la fois excessivement naïf et très ironique, à tel point qu’on peine à déterminer si le ridicule de certaines situations et le kitsch hallucinant enrobant tout le film, sont délibérés ou pas. Dans un futur indéterminé, les très riches, devenus immortels, se sont isolés dans des « vortex » et ont réduit les « brutes » (les pauvres, quoi) en esclavage. Mais comme l’éternité c’est long, surtout vers la fin, ces malheureux nantis vêtus en hippies bariolés, ne rêvent que de mourir. Aussi accueillent-ils avec joie un « exterminateur » qui s’est introduit dans leur univers aseptisé.

C’est bourré de bonnes idées, la 7ème symphonie de Beethoven est magnifiquement utilisée, les paysages irlandais sont glorieux. Et on s’amuse bien à suivre les déambulations d’un Sean Connery en slip rouge et arborant une énorme natte, dans des décors extravagants.

Le personnage du dieu Zardoz (allusion au « Wizard of Oz ») ne cessant de faire des clins d’œil au public dans sa tenue de charlatan, et de répéter qu’il ne s’agit que d’une farce, on se dit que Boorman s’est bien amusé lui aussi, à se payer notre tête en nous plongeant dans des abysses de perplexité.

zardoz2

SEAN CONNERY, SARA KESTELMAN ET CHARLOTTE RAMPLING

Connery joue le jeu sans se soucier de son image et sa première apparition est un hommage à 007 : il tire sur l’objectif de la caméra, comme dans les génériques de James Bond ! Charlotte Rampling est bien belle et les acteurs font ce qu’ils peuvent de rôles abstraits à la gestuelle ahurissante.

On se moque, mais il n’en reste pas moins que « ZARDOZ » possède sa petite musique et qu’il a le mérite de ne ressembler à aucun autre film. Pas si mal…

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22 réponses à “« ZARDOZ » (1974)

  1. Patrick

    28 avril 2017 at 11 h 27 min

    Moi je fais partie de ceux qui aiment bien ce film, du cinéma complétement barré typiquement des années 70.

    On sent le réalisateur libre de faire ce qu’il veut quitte à ne pas plaire au public.

     
  2. walkfredjay

    28 avril 2017 at 11 h 30 min

    Tout à fait…

     
  3. Marc Provencher

    28 avril 2017 at 15 h 37 min

    Eh bien eh bien eh bien. Vais-je revoir ‘ZARDOZ’ après cette opinion indulgente de WalkFredJay? Dilemme.

    Entretemps, mesdames et messieurs, je veux rendre hommage à la malchanceuse Sarah Kestelman, qui a droit ci-haut à la première – et très probablement dernière – photo de sa binette sur BDW2.

    Valeureuse actrice de théâtre britannique, du genre à jouer Lady Macbeth mais aussi Pinter ou Genet, madame Kestelman a tenté l’aventure du cinéma deux fois. La première fois, dans ‘ZARDOZ’ de John Boorman (1974). La seconde fois, dans ‘LISTZOMANIA’ de Ken Russell (1975): deux prestigieux réalisateurs britanniques, qui dans les deux cas signent une catastrophe, le Russell étant encore pire que le Boorman.

    Et vous devinez la suite : il n’y en a pas eu ! Sarah Kestelman est restée une actrice de théâtre. Non mais ça s’peut-tu, mal tomber comme ça.

     
    • Patrick

      28 avril 2017 at 16 h 07 min

      J’ai bien aimé aussi LISTZOMANIA.

       
      • Marc Provencher

        28 avril 2017 at 16 h 57 min

        Eh bien, pour nous départager, je suggère d’attendre la chronique de WalkFredJay sur ce chef-d’œuvre. Je suis sûr que notre hôte se meurt d’envie d’entendre enfin la musique de Liszt jouée au synthétiseur.

         
  4. Ludovic

    28 avril 2017 at 18 h 35 min

    On comprend mieux d’où vient le maillot de Borat !

     
  5. Kinskiklaus

    28 avril 2017 at 19 h 14 min

    Qui l’eut cru ? Ah la vermine de saligot ! Sean Connery cachait le Youkounkoun dans son porte-jarretelles rouge (à ce propos, quelqu’un pourrait dire à Sean qu’on ne doit pas attacher les jarretelles autour du cou, merci pour lui) ! Au delà de ces considérations vestimentaires, je n’ai pas vu ce film mais ça ne m’empêche pas de dire que ce genre de productions décomplexées manque cruellement au cinéma d’aujourd’hui.

     
    • walkfredjay

      28 avril 2017 at 19 h 16 min

      Vraie folie, vraie liberté, oui. Et un petit quelque chose à dire quand même… Ça manque, en effet.

       
    • Patrick

      28 avril 2017 at 19 h 20 min

      On a un peu Winding Refn qui joue dans cette cour de nos jours.

       
  6. walkfredjay

    28 avril 2017 at 19 h 59 min

    Un chouïa prétentieux, ce que n’a jamais été Boorman, je trouve.

     
    • Kinskiklaus

      28 avril 2017 at 22 h 08 min

      Nicolas Winding Rfff, « un chouïa prétentieux » ? Oh non, pas du tout, voyons, comment oses-tu penser ça ?!!! Allez, certes, un chouïa tout gigantesque. Ah, on me rappelle à l’oreille que je le surnomme « le danois branlette » ! Patrick, sans vouloir te manquer de respect, je me demande comment tu parviens à associer au cinéma décomplexé le nom de ce cinéaste car j’avoue que pour moi, ton raccourci reste un mystère.

       
      • Patrick

        29 avril 2017 at 9 h 33 min

        Je considère clairement Winding Refn comme l’un des cinéastes les plus intéressants et doués de ces dernières années.

         
      • Seb

        29 avril 2017 at 13 h 09 min

        Je n’ai vu que les trois derniers films de Refn et il semble jusque-là que je fonctionne un peu à contresens de l’opinion générale: je m’étais ennuyé ferme devant Drive sorti en fanfare il y a quelques années, Only God Forgives m’avait laissé relativement indifférent sans me déplaire foncièrement et pour finir j’ai plutôt apprécié The Neon Demon qui est plus souvent descendu qu’autre chose. Verdict pas folichon jusque-là, donc, mais dans cette logique son prochain opus devrait me convenir pleinement !

         
      • walkfredjay

        29 avril 2017 at 13 h 47 min

        C’est un cinéma qui ne me touche pas du tout. Je ne ressens rien de particulier en voyant ses films… C’est joli, hermétique, un peu sinistre… Je ne sais pas.

         
      • Seb

        29 avril 2017 at 13 h 50 min

        Disons qu’il privilégie clairement la forme au fond, ce qui a pu donner des choses extraordinaires mais pas vraiment dans son cas…

         
      • walkfredjay

        29 avril 2017 at 13 h 54 min

        Celui-ci m’avait prodigieusement ennuyé mais bizarrement, pas déplu :

        http://wild-wild-western.over-blog.com/article-le-guerrier-silencieux-2010-55701539.html

         
  7. Marc Provencher

    28 avril 2017 at 20 h 02 min

    Au fait quelqu’un a-t-il ‘LEO THE LAST’ ? Je ne renonce toujours pas à le voir un jour !

     
    • Patrick

      29 avril 2017 at 9 h 32 min

      Il est pas mal ce film pas transcendant mais se laisse regarder sans problème pour ceux aimant le cinéma des années 70.

       
  8. walkfredjay

    28 avril 2017 at 20 h 10 min

    Un des rares Boorman que je n’ai jamais vus. Et je le regrette…

     
    • JICOP

      1 mai 2017 at 18 h 52 min

       » Leo the last  » est un film étrange ; une espèce de farce politique caustique ; mais à mon sens décevant par rapport aux autres films de Boorman de cette époque .
      Un témoignage d’une époque audacieuse …

       
      • Dino Barran

        8 mai 2017 at 11 h 19 min

        Vu à l’époque Leo the last.
        Film déconcertant. Je n’en retiens pas grand-chose, excepté Mastroianni dans une espèce de piscine entouré de gens qui hurlent.
        Une illustration supplémentaire de l’éclectisme de Boorman, après Le point de non retour et Duel dans le Pacifique.

         
  9. JICOP

    1 mai 2017 at 19 h 05 min

     » Zardoz  » : un film décomplexé , étrange , hypnotique .
    Une œuvre conçue comme un trip visionnaire qui a longtemps été déconsidérée par le look très 70’s de ses interprètes , propice aux moqueries .
    A mon sens le pendant Britannique de  » l’age de cristal  » .
    Au-delà du folklore , un scénario ambitieux bien que nébuleux par moments et des préoccupations écologiques comme souvent très présentes dans l’œuvre de Boorman et dans le cinéma de l’époque .
    Connery est énorme dans un role prévu pour Burt Reynolds .

     

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