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« TU NE TUERAS POINT » (2016)

13 Mai

Inspiré des actes d’héroïsme de Desmond Doss, un infirmier à Okinawa pendant la WW2, le 5ème long-métrage de Mel Gibson provoque des réactions diverses et parfois contradictoires.hacksaw

« TU NE TUERAS POINT » (titre français peu engageant) est divisé en deux parties : la jeunesse et l’enrôlement dans l’U.S.-Army d’un jeune homme croyant et objecteur de conscience, suivis de la prise d’une falaise à Okinawa en 1945. La première retrouve étrangement des accents pompiers et sentimentaux dignes du Hollywood des années 50. Le chemin de croix de ‘Doss’, maltraité par ses officiers et ses copains de chambrée qui le prennent pour un lâche, rappellent fortement celui de Montgomery Clift dans « LE BAL DES MAUDITS » d’Edward Dmytryk. C’est très bien fait, mais légèrement décalé et truffé de clichés qu’on ne voyait plus depuis des années. La seconde nous fait retrouver Gibson dans ce qu’il sait filmer le mieux : l’action, les batailles, le sang et les tripes. Ses séquences d’attaques sont époustouflantes de réalisme et d’horreur, immergeant totalement dans l’ultra-violence des champs de bataille et n’épargnant aucune atrocité, aucune mutilation.

Andrew Garfield domine le film sans problème dans ce personnage attachant que l’insistance de Gibson à rendre christique dessert plus qu’autre chose. À ses côtés, Vince Vaughn n’a jamais été meilleur qu’en sergent gueulard mais humain, Sam Worthington impeccable en capitaine borné, Hugo Weaving et Rachel Griffiths sont remarquables en parents déchirés et Teresa Palmer est vraiment très jolie.

Difficile d’affirmer qu’on adore « TU NE TUERAS POINT » tant il est parfois « corny » et emphatique, tant il enfonce trop fort et trop souvent le clou religieux, mais encore plus difficile de le rejeter complètement tant il est bien confectionné et tant il propose les scènes de guerre les plus concrètes et choquantes depuis « IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN ».

À noter pour la petite histoire, que le scénariste Robert Shenkkan fut acteur et qu’il joua un des trois tueurs qui abattent Charley Bronson dans son lit à la fin de « ACT OF VENGEANCE ».

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31 réponses à “« TU NE TUERAS POINT » (2016)

  1. Miguel

    13 mai 2017 at 8 h 24 min

    Mel Gibsons attaque un sujet qui a toujours agacé Hollywood : les objecteurs de consciences et les déserteurs. Malgré son coté un peu « Sergent York », le film n’est pas trop mal dans l’ensemble. Mais je préfère de loin « La ligne rouge » où le sujet est décortiqué avec plus de justesse.

     
    • Kinskiklaus

      13 mai 2017 at 10 h 13 min

      J’ai adoré de bout en bout (de chair).Dommage qu’il n’ait obtenu aucune statuette lors des derniers Oscars. Bien content que Mel Gibson soit parvenu à retrouver sa place dans la cour des grands. Et si le film est loin d’être parfait, il marque durablement les esprits, aussi bien de par son sujet que par l’enfer de la guerre décrite et montrée dans la seconde partie. Pour ma part, le côté religieux du film ne me dérange absolument pas. Un film de Gibson sans catholicisme ne serait plus un film de Gibson. Pour moi, « Tu ne tueras point » est le meilleur film de ces 25 dernières années. Et je ne pense pas que le dernier Nolan me fera changer d’avis.

       
      • JICOP

        13 mai 2017 at 16 h 16 min

         » Un film de Gibson sans catholicisme ne serait plus un film de Gibson  » .
        Evidemment Klaus , tu as raison .
        C’est comme un film de film de Woody Allen sans humour juif , Un Conan sans Crom ou un King Kong sans les adorateurs de Kong qui donnent une belle blonde au primate lubrique en offrande .

         
      • walkfredjay

        13 mai 2017 at 16 h 20 min

        N’empêche, que j’aurais bien aimé me dire par moi-même à la fin du film : « Au fond, ce personnage est christique », plutôt que de me voir asséner tous ces plans lourdement symboliques ! Mais bon… On ne va pas le refaire, le Mel !

         
  2. Kinskiklaus

    13 mai 2017 at 10 h 14 min

    correction: meilleur film DE GUERRE de ces 25 dernières années.

     
  3. Patrick

    13 mai 2017 at 10 h 19 min

    Le 1er quart-d’heure est particulièrement nunuche et on craint le pire mais rapidement une fois arrivé à la base et surtout la 2ème heure qui montre des combats réellement intenses font tout de même de la dernière réalisation de Gibson un très beau film à découvrir.

    Vivement son prochain film.

     
  4. Kinskiklaus

    13 mai 2017 at 10 h 55 min

    En parlant de films de guerre, j’ai revu récemment « Full Metal Jacket », film que je chérissais depuis mon adolescence et j’ai été frappé par une immense déception: plat, sans envergure, caricatural. Hormis quelques exceptions, je trouve que le cinéma de Kubrick vieillit de manière assez catastrophique avec les années. Curieux comme les sentiments évoluent au fil de la vie…

     
    • walkfredjay

      13 mai 2017 at 10 h 58 min

      Je ne les ai pas revus depuis longtemps. Mais sans doute parce que, inconsciemment, je dois sentir que tu dis juste. Je retenterai peut-être « SHINING » un de ces jours…

       
      • JICOP

        13 mai 2017 at 16 h 33 min

        Je l’ai revu il y a peu  » Shining  » , ça tient toujours la route malgré ou grace au jeu tout en sobriété de Nicholson , surtout en comparaison avec le calamiteux téléfilm .
        A voir pour les amateurs en complément le curieux mais prenant documentaire  » Room 239  » .

         
      • Seb

        13 mai 2017 at 21 h 33 min

        Revu il y a peu également, toujours – et même de plus en plus – un choc. Probablement le plus grand film du genre à mon humble avis. Après, je rejoins Klaus dans l’idée que le cinéma de Kubrick a perdu de son impact de manière générale. Dans sa période dite « majeure » Shining et 2001 restent intemporels mais je suis davantage partagé sur Orange mécanique, Barry Lyndon et Full Metal Jacket qui oscillent entre le sublime et le plombant. Finalement, ses films en noir/blanc ne seraient-ils pas ceux qui vieillissent le mieux ?

         
    • Patrick

      13 mai 2017 at 11 h 41 min

      Vu une seule fois sinon mine de rien walkfredjay nous spolie le final d’Act of Vengeance comme par hasard un des rares Bronson des eighties que je n’ai toujours pas vu.

       
    • JICOP

      13 mai 2017 at 16 h 26 min

      Hou la la Klaus , pas d’accord du tout .
      Il n’y a qu’à voir le nombre de films de science-fiction qui ont tenté ( sans succès ) de s’inspirer de  » 2001  » … horizon indépassable 45 ans après .
       » Full metal jacket  » est peut etre caricatural ( encore que … ) mais la mise en scène est énorme à l’image des scènes de combat dans les ruines .
      Il ne saurait y avoir des vaches sacrées mais quand meme , Kubrick c’est souvent grandiose .

       
      • Kinskiklaus

        14 mai 2017 at 1 h 54 min

        Mais j’adore Kubrick, je constate simplement que le temps qui passe affaiblit considérablement son oeuvre. Je parle uniquement en terme d’image, pas en terme de propos (parfois visionnaires). Je considère toujours « 2001, l’odyssée de l’espace » comme un chef-d’oeuvre indépassable. Mais visuellement, ce qui était une prouesse technologique à l’époque est devenu parfois ringard.
        « Full Metal Jacket », c’est justement la seconde partie, à mon sens, qui a le moins bien vieilli. « Barry Lyndon »appartient toujours à mon top 10 des plus grands films au Monde et lui ne prend quasiment pas de rides. « Orange Mécanique », je ne peux quasiment plus le regarder aujourd’hui. Si les thèmes explorés sont toujours aussi fascinants (et visionnaires), visuellement, le film semble être sorti d’une très lointaine époque. « Shining », je le trouvais déjà vieillot il y a quinze ans etc. Son dernier, « Eyes wide shut » tient encore bien la route (Vu quatre fois au cinéma lors de son exploitation en salles lorsque j’avais 17 ans. Non Jicop, j’y suis pas allée pour ce que tu penses !).

         
      • Seb

        14 mai 2017 at 9 h 33 min

        Barry Lyndon faisait également partie de mes tops et autres « polls » cinématographiques persos mais pour l’avoir revu l’année dernière certains aspects m’ont fait tiquer, notamment la direction d’acteurs de Kubrick qui fait jouer ses comédiens comme des droïdes. Là où ça fonctionne dans un univers de SF ou fantastique, ça le fait beaucoup pour dans le portrait d’un jeune Irlandais au sang bouillonnant dans la société anglaise du XVIIIe siècle. Résultat des courses, on s’attache très peu aux personnages et le temps paraît bien long.

         
      • JICOP

        14 mai 2017 at 11 h 52 min

        Pour des gens qui font la fine bouche sur Kubrick , tous avez tous un film prefere dans sa filmographie .
        Bon maintenant pour  » Orange mecanique  » par exemple il est vrai qu’il est clairement ancre dans l’esthetique de son epoque mais le propos lui n’a pas vieilli , bien au contraire.

         
    • elborak

      14 mai 2017 at 0 h 24 min

      Kinskiklaus, je l’ai effectivement revu il y a peu avec Platoon. Ce dernier m’a comme à chaque fois laissé que le cu…, alors que FMJ m’a énormément déçu. Je l’ai trouvé vide, avec un scénario indigent. Seuls les quelques scènes « mythiques » des premières 40 minutes m’ont fait plaisir.

       
  5. walkfredjay

    13 mai 2017 at 11 h 47 min

    Non, non. Histoire vraie, donc tout le monde est censé connaître l’issue ! 😉

     
  6. Kinskiklaus

    13 mai 2017 at 12 h 12 min

    Et encore, Patrick, tu risques de tomber de ta chaise si je t’apprends que c’est Keanu Reeves qui le tue dans ce téléfilm ! Mais rassure-toi, avant qu’il n’y passe, il se passe plein de choses dans ce téléfilm. C’est pas moi qui le dit, c’est lui !

    http://wild-wild-western.over-blog.com/article-act-of-vengeance-1986-52746183.html

     
  7. Kinskiklaus

    13 mai 2017 at 12 h 32 min

    Je ne sais pas si certains d’entre vous éprouvent la même chose mais Vince Vaughn est l’un des rares acteurs qui parvient à m’épater de nos jours. Après « Into the wild », « Tu ne tueras point » est le deuxième film avec lequel je me fais avoir: dans ces deux films, il a fallu que j’attende le générique de fin pour m’entendre dire « ah mince, je ne l’avais pas reconnu! ». Une sorte d’acteur caméléon.

     
  8. Daniel

    13 mai 2017 at 17 h 45 min

    J ai toujours été un fervent défenseur de Mel Gibson et je n ai jamais douté de son retour dans les hautes sphères hollywoodiennes , je le considère comme l un des plus grands réalisateurs américains de ces trente dernières années. Pour ce film je suis de l avis de Fred et cette plongée dans la première partie vers le style du cinéma des années 50 ne me dérange pas ce qui n aurait peut être pas été le cas pour un autre film. Je suis aussi d accord avec Kinskiklaus quand il dit que le cinéma de Kubrick vieillit plutôt mal et il faut oser le dire car quand on parle de ce réalisateur …il faut obligatoirement crier au génie mais je suis un inconditionnel du film  » Barry Lyndon » que le considère comme intemporel , magnifique en tous points , leçon de cinéma digne d un David Lean …pour le reste , en tous cas en partie, je reste dubitatif tout en respectant l originalité.

     
    • Kinskiklaus

      14 mai 2017 at 1 h 58 min

      Daniel, nous sommes d’accord sur tous les points !

       
  9. Seb

    13 mai 2017 at 21 h 15 min

    Moi je trouve que c’est plutôt le cinéma de Gibson qui prend des coups de vioque ! Tu ne tueras point m’avait laissé une impression relativement positive à sa sortie en salles mais le film vieillit de moins en moins bien dans ma tête: enlevez des séquences de guerre il est vrai assez soufflantes, que reste-t-il ? Un gros bidule bondieusard aux sabots de plusieurs mégatonnes et bardé de poncifs comme on en fait plus avec un sosie de Bernard Campan pas charismatique pour un sou (avis perso, hein) et une première partie impossiblement chiante. Je pense qu’il y a dix ans, c’est un film que j’aurais adoré… tout comme j’ai adoré Braveheart et Apocalypto il y a une dizaine d’années. Mais voilà, pour les avoir revus récemment le constat est sans appel: ce cinéma « boeuf » supporte très mal les revisionnages.

     
    • Patrick

      14 mai 2017 at 14 h 23 min

      Apocalypto vu en salles puis revu il y a 2 ans et ce film garde de son impact, un film particulièrement intense.

      Gibson réalisateur a ses maladresses il n’en reste pas moins qu’il s’est imposé comme un grand réalisateur.

       
  10. Kinskiklaus

    14 mai 2017 at 2 h 17 min

    « Mais voilà, pour les avoir revus récemment le constat est sans appel: ce cinéma « boeuf » supporte très mal les revisionnages. » Le cinéma « boeuf »… Simone, faites sortir la vachette ! Tu voulais sûrement écrire « Beauf », Seb. Vache de vache, Seb vient tous de nous traiter de beaufs ! Andrew Garfield (Bernard Campan, vraiment ???), c’est vrai que c’est un acteur assez peu charismatique, ni beau, ni laid. Ni rien. Avant ce film, je ne l’avais vu que dans le formidable mais dérangeant  » 99 homes ». Il fait le job, c’est ce qui compte. Je trouve que la filmographie globale de Gibson vieillit assez bien pour le moment, hormis peut-être « Braveheart ». Il existe toujours dans son cinéma un côté caricatural, très hollywoodien. Mais ce que j’aime avec les réalisations de Mel Gibson, c’est justement ce subtil mélange assez unique: 50% Hollywoodien, 50% Punk, 100% Honnête. En même temps dans le cadre et en dehors. Typiquement le genre de réalisateur dont j’aimerais qu’il ait obtienne un jour une carte blanche « totale » pour une future réalisation.

     
  11. Kinskiklaus

    14 mai 2017 at 2 h 25 min

    Et je m’étonne que personne ici n’ait fait mention de la cohérence absolue dans l’oeuvre de Gibson: ses cinq films, tous très différents les uns des autres traitent tous d’un seul et même sujet : la liberté. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, c’est flagrant.

     
  12. Kinskiklaus

    14 mai 2017 at 2 h 33 min

    Et pour « l’anecdote », à ma connaissance, il s’agit du seul film américain qui évoque à plusieurs reprises la méconnue Bataille du bois Belleau, bataille qui eut lieu tout à côté de chez moi. Rien que pour ça, je donne à Mel Gibson toute ma gratitude. Pour les curieux:
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_bois_Belleau

     
  13. Seb

    14 mai 2017 at 9 h 21 min

    Ah non, non, mon bon Klaus, j’insiste sur le terme « boeuf » comme on parle d’effet-boeuf. Ça colle bien au cinéma du vieux Mel je trouve. Bien vu, sinon, la facette punk… tu mets sans doute le doigt sur quelque chose d’ailleurs: Gibson serait-il un cinéaste de l’adolescence ? À disséquer. Toujours est-il que Braveheart reste quand même bien quelques coudées au-dessus d’Apocalypto par exemple, qui n’a même pas pour lui une facture visuelle soignée avec sa photo numérique à gerber ! Quant à L’homme sans visage je l’ai découvert sur le tard il y a quelque temps et déjà presque plus aucun souvenir, ce qui est un comble vu le sujet ! Je n’ai pas osé revoir La passion du Christ par contre, restant encore finalement sur mon bon souvenir d’autrefois. J’ai peut-être meilleur temps de ne pas le faire si je ne veux pas planter le dernier clou dans le dernier calcanéus valide du pauvre Mel !

     
    • Kinskiklaus

      14 mai 2017 at 9 h 40 min

      Ah d’accord, Seb. Le cinéma « bœuf », je ne connaissais pas. « L »homme sans visage » passe bien les années je trouve. Certes, sa facture est plus classique mais au final, c’est peut-être le film de Gibson que je préfère.

       
  14. Kinskiklaus

    19 juin 2017 at 10 h 52 min

    Je m’aperçois que tu n’as jamais chroniqué un seul « Arme Fatale » sur tes blogs, Fred. Est-ce dû au hasard ou au peu d’intérêt que tu portes pour cette franchise ?

     
    • walkfredjay

      19 juin 2017 at 11 h 00 min

      Non, j’aime bien. Mais je les ai souvent revus à l’époque de leur sortie et mon intérêt s’est épuisé. Un jour, peut-être…

       
  15. Kinskiklaus

    19 juin 2017 at 11 h 09 min

    Je me replonge dedans cette semaine, vu des dizaines de fois mais je ne m’en lasse pas. Dans le genre, on n’a pas fait mieux depuis. Large préférence pour le deuxième opus, pour ma part.

     

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