RSS

« CHÈRE INCONNUE »(1980)

14 Mai

chere2Adapté d’un roman anglais, « CHÈRE INCONNUE » est un film délicat et sensible, une petite « musique de chambre » mettant en scène trois personnages modestes, coupés de la réalité.

Simone Signoret est restée vieille fille pour s’occuper de Jean Rochefort, son frère infirme cloué sur un fauteuil roulant. Ils n’ont pour seule amie que la boulangère du village voisin, Delphine Seyrig qui vient les voir tous les jours. Quand Signoret se décide à publier une annonce dans le journal local pour correspondre avec un homme, c’est son frère – ignorant son identité – qui va lui répondre. S’ensuit un imbroglio sentimental ambigu et complexe où vont s’entrechoquer les solitudes et les non-dits de toute une vie.

Simple, théâtral, aéré par de beaux extérieurs du Finistère, le film déroule avec finesse ses thèmes, et fait exister trois individus singuliers et touchants, passés à côté de la vie. Étonnant d’ailleurs, en parlant de singularité, à quel point Moshé Mizrahi a choisi trois interprètes possédant les voix les plus spéciales imaginables. Signoret est égale à elle-même, la rudesse de ses manières et de ses traits marqués contrastant avec son hyper-sensibilité. Rochefort se laisse parfois aller à des dérapages pas nécessaires, mais il parvient à demeurer imprévisible, intéressant. Et Delphine Seyrig est absolument magique dans ce personnage de gentille fille un peu sotte mais douce et attachante qui illumine toutes les scènes où elle apparaît.

« CHÈRE INCONNUE » se laisse voir avec un grand plaisir, il distille une émotion subtile et profonde. L’épisode de la troupe de comédiens tombe comme un cheveu sur la soupe, mais ce n’est pas très grave, cela ouvre brièvement le huis clos. À voir donc, pour le plaisir des acteurs, d’un dialogue ciselé (Gérard Brach), d’une BO signée Phlippe Sarde et pour la photo ouatée de Ghislain Cloquet. Rien que du très beau linge, autrement dit…

chere

SIMONE SIGNORET ET DELPHINE SEYRIG

Publicités
 

5 réponses à “« CHÈRE INCONNUE »(1980)

  1. Kinskiklaus

    14 mai 2017 at 8 h 30 min

    Quel scénario ! On sent la gaudriole ! Mine de rien, je ressens la grande envie de découvrir ce film après la lecture de ce post (fort bien écrit). Un sujet en or pour des comédiens du même métal, et la présence de l’immense Gérard Brach achève de me convaincre sur les probables grandes qualités subtiles de ce long-métrage.

     
    • JICOP

      14 mai 2017 at 11 h 44 min

      De lointaine memoire , un beau petit film sensible et bien interprete .
      Le charme de la Bretagne et de ses paysages ne nuit pas a l’affaire .
      Je le reverrai avec plaisir .

       
  2. Kinskiklaus

    14 mai 2017 at 8 h 36 min

    Pour info, le DVD est trouvable facilement à petit prix sur des sites marchands bien connus.

     
  3. Dino Barran

    14 mai 2017 at 12 h 17 min

    Gérard Brach, méconnu en dépit de ses réussites et de son talent.
    Fred, as-tu chroniqué ses deux films – passés presque inaperçus à l’époque – La Maison et Le Bateau sur l’herbe ?

     
  4. walkfredjay

    14 mai 2017 at 12 h 32 min

    Non. Et à mon grand dam, je ne les ai vus ni l’un, ni l’autre ! 😦

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :