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« VAS-Y, FONCE ! » (1971)

16 Mai

DRIVE2Autant tout le monde adore l’acteur Jack Nicholson, surtout quand il est un tant soit peu dirigé, autant il est difficile, voire impossible de défendre son œuvre en tant que réalisateur. Heureusement, celle-ci ne compte que trois films : « VAS-Y, FONCE ! », « EN ROUTE VERS LE SUD » et « THE TWO JAKES ». Tous les trois aussi maladroits, sans rythme ni raison d’être les uns que les autres.

« VAS-Y, FONCE ! » qu’il tourna juste après son succès dans le magnifique « CINQ PIÈCES FACILES » se veut une sorte d’instantané sur la révolution dans les campus américains, en pleine guerre du Vietnam. Le scénario informe suit deux étudiants, un joueur de basket (le fade William Tepper) plutôt glandu et porté sur le sexe et un « rebelle » complètement allumé (Michael Margotta) prêt à tout pour échapper à la guerre. On dirait un personnage écrit sur-mesure pour Nicholson lui-même et peut-être le film se serait mieux porté s’il l’avait joué. L’un couche avec la femme (Karen Black, bêtement gaspillée) de son prof, l’autre fait n’importe quoi et finit tout nu dans une salle du campus, à libérer les reptiles en cage. Pourquoi ? Pas idée…

Le film, tourné façon reportage, avec un maximum de plans flous ou décadrés, est un véritable pensum. À la rigueur peut-on y jeter un rapide coup d’œil pour la réalité des seventies qu’il capte naturellement grâce au style improvisé et « sur le vif », pour la prestation nerveuse de Bruce Dern en ‘coach’ exaspéré, mais c’est vraiment tout. Et c’est peu…

DRIVE

KAREN BLACK ET BRUCE DERN

À noter pour la petite histoire, puisqu’il n’y a pas grand-chose à dire sur le film lui-même, que le professeur cocufié est incarné par le scénariste Robert Towne responsable trois ans plus tard de « CHINATOWN » et qu’un des producteurs se nomme Harry Gittes. On se souvient bien sûr du nom de Nicholson dans « CHINATOWN » : ‘J.J. Gittes’. Voilà, that’s all folks…

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25 réponses à “« VAS-Y, FONCE ! » (1971)

  1. Kinskiklaus

    16 mai 2017 at 8 h 34 min

    Robert Towne qui signa 35 ans plus tard la honteuse et inexcusable réalisation de « Demande à la poussière », adapté du chef-d’oeuvre de John Fante. Trahison artistique totale. Seul lot de consolation, les grosses gougouttes de Salma « Pinault » Hayek filmées avec amour. Je ne pardonnerai jamais à Towne la trahison faite au roman de Fante.

     
    • JICOP

      16 mai 2017 at 12 h 02 min

      Et bing on retrouve notre bon vieux Klaus attaché aux priorités , à savoir les attributs de la Chiquita Hayek .
      Attributs forts agréables au demeurant .
      De son coté le bilan de Robert Towne en tant que réalisateur n’est guère brillant , on se souvient de son médiocre  » Tequila sunrise  » avec pourtant un casting 3 étoiles .

       
    • Marc Provencher

      16 mai 2017 at 14 h 25 min

      « …Salma « Pinault » Hayek… »

      Pourquoi « Pinault » ? (En passant, sans vouloir faire de jaloux ni rien, j’ai ici le DVD de ‘PAS DE LETTRE POUR LE COLONEL’ avec une toute jeune Salma Hayek qu’est rudement gironde).

       
      • JICOP

        16 mai 2017 at 14 h 50 min

        He oui cher Marc ne sais tu pas que la divine Mexicaine est mariée à un homme d’affaires Français : François – Henri Pinault le chanceux .

         
      • Kinskiklaus

        16 mai 2017 at 17 h 17 min

        Pour te donner une idée Marc : tu vois Stan Laurel ? Eh bien, le mari de la gironde mexicaine est son sosie.

         
  2. Kinskiklaus

    16 mai 2017 at 12 h 13 min

    Ah ! Ah! Ah ! Nous formerions un sacré duo sur scène mon Jicop ! Yep, je l’avais oublié celui-ci: « Tequila Sunrise », un tel ratage pour un casting si alléchant… Bon scénariste, piètre réalisateur.

     
  3. Marc Provencher

    16 mai 2017 at 14 h 10 min

    « Karen Black, bêtement gaspillée. »

    Gaspiller Karen Black, c’est une honte ! Bouh les cornes !

     
  4. Kinskiklaus

    16 mai 2017 at 17 h 25 min

    Je sais pas où le placer mais hier, j’ai découvert « Paterson » le dernier film de Jarmusch et j’ai été littéralement emporté par la poésie de ce film et surtout, par sa sensibilité. Pour info, je ne suis pas du tout friand du cinéma de Jarmusch, hormis « Dead Man » et « Broken Flowers », sa filmographie m’ennuie prodigieusement et de plus, je n’aime pas non plus ce que le cinéaste poseur représente aux yeux des satanés bobos. Mais vraiment, vraiment, ce « Paterson » m’a touché en plein cœur. Malgré tout, c’est un film assez difficile à conseiller car il m’a plu aussi du fait de sa proximité avec ma propre façon de voir la vie, d’écrire depuis des années des poèmes aussi bien sur une feuille de papier que dans ma tête. Voilà, en tous les cas j’ai adoré et si je devais le noter, je lui mettrais 5/5.

     
    • Marc Provencher

      16 mai 2017 at 18 h 27 min

      Bon, là je vais faire rire de moi pour mon ignorance des mœurs hexagonales, mais tant qu’à être aux explications de texte (CF le chanceux Pineault), qui sont ces « bobos » dont vous me parlez tout le temps ? Des touristes indélicats ? Des rongeurs ? Des extraterrestres ?

       
      • Kinskiklaus

        16 mai 2017 at 18 h 59 min

        Autant je sais les reconnaître instinctivement, autant en donner une définition me paraît compliqué. C’est un mélange de hipster et de vampire. Une espèce de mustélidé de la famille des blaireaux, des vampires qui sucent aussi bien la culture populaire que la culture plus « intellectuelle », passent le tout dans un mixeur et il en ressort de la crotte pour décérébrés. Le bobo n’existe que dans les grandes villes, fait semblant d’être ouvert mais ne jouit qu’en compagnie d’autres bobos et fait généralement caca sur les « gens du bas ». Le bobo aime plus que tout être présent dans les lieux où il faut l’être. Le bobo est IN ! Le bobo aime sortir sa science et moi, j’adore le rabaisser car bien souvent, on se rend compte que le bobo possède une culture limitée. Le bobo ADORE Jim Jarmusch car ça fait bien d’aimer Jim Jarmusch (en vérité les trois quart s’ennuient ferme devant ses films) Le bobo aime bien faire intelligent mais le bobo est un con. Voilà, cher Marc !

         
      • walkfredjay

        16 mai 2017 at 19 h 04 min

        Avant, ça s’appelait des yuppies.

         
  5. Kinskiklaus

    16 mai 2017 at 19 h 08 min

    Non Fred, c’est différent des Yuppies.

     
  6. walkfredjay

    16 mai 2017 at 19 h 08 min

    Ah ! Développe…

     
  7. Kinskiklaus

    16 mai 2017 at 19 h 16 min

    C’est une sorte de mix étrange oui, entre yuppies, hipster et je ne sais pas quoi. Je remarque une chose: les bobos m’ont piqué la plupart de mes passions, qu’elles soient littéraires ou musicales. Avant, j’étais un péquenaud, aujourd’hui je pourrais passer pour un bobo. Un comble quand même ! Bon, c’est facile de reconnaître un bobo: ses magazines favoris sont Les inrocks et Technikart. Enfin bref, rien que d’en parler, ça me file des rougeurs. Moi je m’en fiche, je parle à tout le monde, sauf aux prétentieux et aux donneurs de leçons.

     
  8. Kinskiklaus

    16 mai 2017 at 19 h 30 min

    Le bobo est davantage axé sur la culture que le yuppie qui ne jure que par le fric. Le bobo a comme religion le « bio », il adore les meubles en formica quand bien même il les détestait quand il les voyait chez sa grand-mère. Le bobo adule Yann Barthès, est droit-de-l’hommiste sauf quand il s’agit de défendre son petit territoire. Le bobo s’insurge pour toutes les injustices en signant des pétitions puis va ensuite s’enquiller un mojito à 18 euros sur un « rooftop ». Le bobo passe son temps dans les vernissages parce que c’est là qu’il faut être. Je continue ?

     
  9. JICOP

    16 mai 2017 at 19 h 53 min

    Voici ma ( mes ) definition ( s ) des bobos .
    Des bourgeois ou fils de bourgeois ayant reflue l’idee de ressembler aux bourgeois de jadis , avec complet veston , DS noire et demeure close dans des quartiers devolus ( en gros Michel Bouquet chez Chabrol ) .
    Les bourgeois modernes ont voulu etre cools , ecouter de la pop et ne surtout pas paraitre egoistes .
    Alors ils ont achete des appartements ou maisons dans des quartiers populaires , ont fait monter les prix de tous les commerces autour .
    Travaillant dans les medias ou dans les nouvelles technologiques , ils font de leur mode de vie l’alpha et l’omega de ce qui est tendance puisqu’ils ont les moyens de leur propagande .
    Disqualifiant du meme coup ceux qui n’ont pas les moyens ou l’appetence pour leur vision du monde .
    Pire que tout , le bobo estime que son avis est primordial et entend que la plebe suive aveuglement ses prescriptions , faute de quoi elle sera vue comme reac , fasciste ou pire encore ringarde .
    Vu un reportage sur Arte la-dessus : des bobos organisent une brocante dans une cour fermee d’un quartier populaire pour vendre leurs foulards Hermes , mettent un vigile a l’entree pour interdire aux manants de s’ approcher et theorisent sans vergogne sur le vivre ensemble : un parfait resume je trouve …

     
  10. Kinskiklaus

    16 mai 2017 at 20 h 02 min

    « Alors ils ont achete des appartements ou maisons dans des quartiers populaires , ont fait monter les prix de tous les commerces autour . » On appelle ça la gentrification. Pour ceux qui connaissent Paris, on voit ça vers la Porte saint-Denis, Porte Saint-Martin, Pïgalle et de plus en plus du côté de Barbès. Mais les exemples de gentrification sont très nombreux à Paris.

     
  11. Kinskiklaus

    16 mai 2017 at 20 h 04 min

    En tous les cas Jicop, tu as su parfaitement définir le bobo !

     
  12. Marc Provencher

    16 mai 2017 at 20 h 39 min

    Merci à tous pour ces éclaircissements !

     
  13. Val

    16 mai 2017 at 21 h 54 min

    Coucou, les amis ! Voilà une discussion fort intéressante qui m’a poussé à lever le nez de mes recherches pour Ana’Blog, car grâce à vous, je viens de comprendre ce qu’est un « bobo » : comme je le présumais fortement, le « bobo » est un spécimen inutile et risible qui existe depuis très longtemps.
    Molière l’appelait le « Précieux », plus tard il fut désigné sous le sobriquet chic de « snob »… alors franchement, moi, je me fiche de ce genre d’individu, plus risible qu’autre chose.
    Leur mode passera, pas la peine, mon cher Kinskiklaus, de te mettre la rate au court-bouillon pour de tels individus (ceci dit sans t’offenser) 😉
    Merci en tout cas de vos éclaircissements.

     
  14. JICOP

    16 mai 2017 at 22 h 36 min

    De rien Val .
    Precision elementaire pour notre ami Marc , le bobo est la contraction de bourgeois – boheme ( dans ce cas precis on est tout de meme loin de la vie de Boheme chantee par Aznavour vu le prix du m2 dans certaines capitales Europeennes comme Paris .)

     
    • Marc Provencher

      17 mai 2017 at 14 h 48 min

      « Précision élémentaire pour notre ami Marc, le bobo est la contraction de bourgeois – bohème. »

      Ah, bon ! Il fallait commencer par là. Merci !

       
  15. Kinskiklaus

    16 mai 2017 at 22 h 39 min

    De rien, Marc. Au plaisir, Val ! Et vive Charley l’anti-bobo !

     
  16. Kinskiklaus

    16 mai 2017 at 22 h 48 min

    En même temps, Arnaud Sagnard qui a écrit le superbe livre « Bronson » en est un. Comme quoi, ça existe des bons bobos (je déconne, j’en connais d’autres, on va pas faire de généralité non plus !). Lui, il a écrit avec passion et sincérité son bouquin. C’était pas de la pose.

     
  17. Kinskiklaus

    16 mai 2017 at 23 h 20 min

    Enfin bref, pour revenir au sujet du post, le temps m’a appris à apprécier le jeu d’acteur de Bruce Dern, toujours juste, rarement caricatural. Comme le bon vin, il s’est bonifié avec le temps. Et enfanter Laura Dern n’est pas la moindre de ses qualités.

     

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