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« FIGHT CLUB » (1998)

28 Mai

FIGHT2Adapté d’un roman-culte de Chuck Palahnuick sorti en 1996, « FIGHT CLUB » bien qu’il soit sorti trois ans avant le 11 septembre, semble pourtant déjà appartenir à un imaginaire américain post-traumatique.

Le style de David Fincher agresse tous les sens dès les premières scènes, impose une image désaturée, verdâtre, des décors délabrés suintant la fin du monde. Il soûle par un mixage survolté, des voix « off » incessantes, un montage syncopé et une violence souvent difficile à supporter sur la longueur.

C’est une fable nihiliste sur une société de surconsommation fonçant droit dans le mur, sur une génération suicidaire et prête à suivre n’importe quel gourou, quitte à finir en charpie. Mais, au travers du personnage d’Edward Norton, pur produit de ce monde au bord du gouffre, c’est avant tout une étude de la schizophrénie et de la folie la plus débridée comme unique refuge. C’est souvent très brillant, extrêmement dérangeant (le trafic de graisses humaines destinées à fabriquer du savon de luxe, à soulever le cœur, mais d’une symbolique implacable), mais aussi un peu long et répétitif et cédant même au prêchi-prêcha, dès que la véritable identité du maléfique Brad Pitt est révélée, bien avant la fin et donc, un peu trop tôt.

Malgré cela, « FIGHT CLUB » se suit comme un cauchemar étrangement familier et immerge dans son univers en décomposition dans lequel on ose à peine reconnaître le nôtre. Pitt est charismatique à souhait en voyou jusqu’auboutiste, Norton tient le film sur ses épaules dans un rôle plus complexe mais moins gratifiant et Helena Bonham Carter fait une jolie composition de paumée pot-de-colle.

FIGHT

BRAD PITT, HELENA BONHAM CARTER ET EDWARD NORTON

Sans avoir la maîtrise absolue d’un « SE7EN », « FIGHT CLUB » est un bel exercice de style de la part de Fincher, qui frappe surtout aujourd’hui par sa vision prémonitoire.

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12 réponses à “« FIGHT CLUB » (1998)

  1. Miguel

    28 mai 2017 at 7 h 45 min

    Un film de psycho fiction très sombre mais fascinant. C’est tellement bien fichu qu’on supporte tant bien que mal tout son contenu déprimant de violences et de délires conspirationnistes. Je ne l’ai vu qu’une seule fois et je n’ai jamais oser le revoir depuis.

     
  2. Kinskiklaus

    28 mai 2017 at 8 h 49 min

    Vu plusieurs fois il y a une quinzaine d’années maintenant, il m’a laissé dans la tête un souvenir durable, un plutôt bon souvenir. De toute façon, c’est un film qu’il faut voir et revoir pour en saisir toutes les subtilités scénaristiques et visuelles. Un grand film, je ne sais pas, un film très original et marquant, c’est certain. Et sublime utilisation du « Where is my mind » des Pixies. A noter, il compte un nombre incalculables de fans à travers le monde, des fans assez sectaires (pléonasme) et oser ne serait-ce que déclarer que l’on aime pas ce film revient généralement à vous en prendre plein la tête par lesdits fans. A revoir sans doute.

     
  3. Seb

    28 mai 2017 at 9 h 06 min

    Intéressant de revoir ce film presque vingt ans après. Sur le plan strictement visuel, il paraît encore étonnamment moderne ; on peut dire ça de quasiment tous les films de Fincher: ils ont ce style froid, métallique et somme toute assez épuré qui a été énormément copié à droite et à gauche et qui domine encore aujourd’hui dans beaucoup de productions ciné ou TV, un peu comme pour Michael Mann. Pourtant, à la revoyure, tout ce que j’avais trouvé fascinant, sulfureux et « destroy » dans Fight Club m’a alors semblé terriblement vain et simpliste voire un peu crétin. L’argument est asséné puis résolu de façon pachydermique (c’est très hollywoodien, quelque part !) et Fincher se complaît dans un climat grotesque et décalé qui apparaît beaucoup trop forcé pour convaincre. Après vingt minutes j’en avais déjà complètement marre, c’est dire !
    Pour finir sur une note moins cassante j’aime beaucoup ce qu’a fait Fincher ces dernières années, de Zodiac à Gone Girl en passant par l’excellent The Social Network sans parler de la brillante série House of Cards dont il est le créateur.

     
  4. Patrick

    28 mai 2017 at 14 h 25 min

    Pour ma part je résumerais ce film par Beaucoup de bruit pour rien, c’est bien réalisé mais la philosophie à 2 balles du film est sans intérêt.

     
  5. nico

    28 mai 2017 at 17 h 31 min

    J’abonde dans le sens de Patrick.
    Sinon mon avis, bah, les pubards reconvertis en réalisateurs ça m’a toujours gonflé.
    Je préfère ceux qui font le chemin inverse, comme Rémi Belvaux (†), c’est plus crédible.

     
  6. Kinskiklaus

    28 mai 2017 at 17 h 54 min

    Oui sauf que tu oublies une chose nico, c’est que « ceux qui font le chemin inverse » se trouvent généralement sur la pense descendante et que tous leurs projets ciné ont terminé à la poubelle donc ils se reconvertissent dans la pub, non par conviction ou crédibilité mais par facilité. Autre point, si tu éjectes les réalisateurs qui sont passés par la pub ou le tournage de clips avant de trouver un financement pour leur premier film, il ne va plus rester grand monde à bord, et ça ne date pas d’hier. Bien que j’adore « C’est arrivé près de chez vous », la filmographie de Belvaux se révèle assez mince, c’est le moins qu’on puisse dire. J’apprécie Fincher moyennement, mais on ne peut pas nier le fait qu’il est extrêmement doué.

     
    • nico

      28 mai 2017 at 22 h 57 min

      Oui un long-métrage et pis s’en va.
      un Seven et tu passes ton tour, un Jaws et cassos, un Heat, un French Connection, un Citizen Kane, un Foutainhead, un Voleur de Bicyclette, un Meurtre dans un Jardin Anglais et tu files…
      Sûr que c’eût été terrible pour des Lubitsch, Renoir, Huston, Hitchcock, Lang, Walsh, Chaplin, mais vous remarquerez que ces derniers sont tous morts.
      Les idées, et dieu sait qu’il y en a eues de bonnes, ont quasiment toutes été dénichées. L’âge d’or est révolu, de grands professionnels de la profession ont connu cette époque, il l’ont alimenté, merci à eux.
      Depuis on ne cesse de tourner en rond comme des papillons de nuit à vouloir s’infliger le dernier projet (insupportable mot) en date de nos bourgeois de la pellicule.
      Et malheur à celui qui ne leur reconnaît pas leur talent.
      Comme si le fait de faire correctement son job (mettre en scène, diriger) allait de soi avec le fait d’avoir du talent. Le talent je m’en contre-carre, pour moi spectateur seul le rendu compte, et ça ne me donne pas envie d’appeler ça autrement qu’un produit.
      Produits cinématographiques provenant d’une industrie qui mériterait un bon gros PSE.
      (rage off)

      ……………………………….. FIN ……………………………….

       
      • Kinskiklaus

        29 mai 2017 at 0 h 24 min

        Dis-donc nico, tu ne tiendrais pas ton pseudo d’un film avec Steven Seagal par hasard ? Je te sens bien énervé mon garçon, j’dirais même que t’as bouffé du Mélenchon. Je te trouve un peu de mauvaise foi, tu évoques tes goûts et seulement tes goûts personnels.

        « Jaws » ? Spielberg a réalisé quantité de bijoux (qui ne sont pas forcément les miens)

        « Seven » ? « Fight Club » est un film culte pour des millions de personnes et considéré par ces mêmes personnes comme son chef-d’oeuvre.

        « French connection » ? Et « L’exorciste », c’est du boudin ?

        « Citizen kane » ? Tu fais l’impasse sur « La soif du mal », film vénéré par la plupart des cinéphiles ?

        Etc.

        Tu écris : »Les idées, et dieu sait qu’il y en a eues de bonnes, ont quasiment toutes été dénichées. » C’est faux, le cinéma n’a jamais été aussi novateur que maintenant sur le plan scénaristique. Enfin bref, je ne comprends pas trop où tu veux en venir. « les bourgeois de la pellicule », ça ne veut strictement rien dire. je passerai sur le fait que tu te contredises quand tu évoques « le talent », contradiction telle que ta parole devient confuse. Des « Produits » comme tu les nommes existent depuis l’invention du cinéma, je te rappelle que le cinéma est avant tout une industrie.

         
  7. Claude

    28 mai 2017 at 19 h 34 min

    Prouesse technique de David Fincher au service d’un film excessivement ennuyeux et vide quant au fond . J’ai nettement préféré « Zodiac » ou même « Seven » (à la première vision du moins) .

     
  8. nico

    29 mai 2017 at 18 h 20 min

    Je fais un constat sur le cinéma Kinskiklaus. Un peu comme le reflet d’une époque.
    Quand au tournant du siècle, des films comme Mulholland Drive et Eyes Wide Shut confirment le public de masse dans son goût pour les névroses des richards, j’y peux rien.
    J’ai les bien aimé quand je les ai vus, mais au fond pourquoi, dans quel but ? Me faire toucher des yeux la non-vie des bourges ?
    Ensuite ne pas s’étonner d’avoir un cinéma paternaliste pour les prolétaires.
    Et il faudrait être gentil parce que la majorité a toujours raison ? Ben non.
    Y’a t-il un film récent qui remet en cause la démocratie ? D’autres sur un passage en anarchie, un changement de régime, sur une post-révolution, une grève générale dérivant en grand soir, que sais-je soyons fous ce n’est que du cinéma, et bien non, rien.

    Effectivement, je me suis contredis avec cette histoire de « talent » et c’est logique d’ailleurs.
    J’ai un problème avec ce mot comme avec le mot « projet » ou la formule « réussir sa vie », désolé je suis pas assez talentueux pour exprimer pourquoi je les sens pas, ces termes. Une histoire de libertarianisme je pense…

    Moi y’en a pas vouloir des sous, moi y’en a vouloir de l’Art. Garde t-on le tout pour diluer le très bon dans le très mauvais ce qui donne un mélange aseptisé pour la satisfaction de qui je le demande ? Ou rejette t-on le superflu, distinguant ce qui fait œuvre et ce qui fait ersatz. Quitte à défourailler une industrie déprimante (si c’était la seule…).

    Je veux juste dire que si on n’est pas prêt à sacrifier parmi ses préférences pour avoir mieux, on n’avancera pas et moi vu l’appartenance de classe de nos créateurs d’aujourd’hui et d’avant-hier, je veux tout péter lol.
    Je préfère faire une croix sur Sorcerer et me contenter d’un French s’il ne devait en rester qu’un. Se passer de Fitzcarraldo et garder Aguirre.

     
  9. Kinskiklaus

    29 mai 2017 at 18 h 39 min

    Mais enfin nico, tu ne peux pas dire ça ! Souviens-toi de Fellini et de Visconti par exemple, ils nous contaient parfois la vie des bourgeois, je ne vois pas où est le problème. Idem en littérature. Il existe pléthore de films pour défendre les prolétaires, je t’assure nico, tu dis une bêtise, tu te montes le bourrichon pour rien.

    Ce blog est un bon exemple de la vie du cinéma: si nous nous accordons tous à penser que le cinéma, « c’était mieux avant », nous nous accordons tous également sur le fait que de grandes œuvres émergent également à notre époque.

    De quoi parles-tu en évoquant « l’appartenance de classe de nos créateurs d’aujourd’hui et d’avant-hier » ?

    Moi je ne veux faire une croix sur rien car un grand auteur, un grand créateur ne vaut que par la variabilité de sa filmographie. C’est un tout.

    P.S: je préfère « Fitzcarraldo » à « Aguirre » et j’adore « Eyes Wide Shut », grand film bourgeois alors même que je suis allocataire du RSA. Moi je ne veux rien pétér, hormis après une assiette de flageolets.

     
  10. Kinskiklaus

    29 mai 2017 at 18 h 49 min

    nico, tu as déjà vu le « 1900 » de Bertolucci ? Excellent film qui défend les prolétaires. Notre ami québécois Marc Provencher adhère lui aussi à l’idéologie prônée dans ce long-métrage et je crois qu’il le place en haut de sa liste de films préférés. Vous tomberez d’accord sur vos idées, je pense.

     

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