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« RAY DONOVAN » : saison 1 (2013)

28 Mai

RAY2On pourrait croire que « RAY DONOVAN » n’est qu’une série de plus à « high concept », c’est-à-dire les aventures hebdomadaires d’un ‘fixer’ hollywoodien dont le job est de nettoyer les bévues plus ou moins graves des célébrités alcooliques ou chnouffées. Mais au bout de quelques épisodes on constate avec bonheur que le scénario va beaucoup plus loin et que la richesse psychologique des protagonistes éclipse le cahier des charges.

C’est en fait une saga familiale. L’histoire très chargée et shakespearienne (comment ne pas penser à « King Lear » ?) d’un vieux voyou irlandais (Jon Voight) sorti de prison après vingt ans et retrouvant à L.A. ses trois fils (Liev Schreiber héros en titre, Eddie Marsan et Dash Mihok) tous aussi paumés les uns que les autres. La colonne vertébrale de la première saison s’articule autour du passé qui se révèle peu à peu, la haine de Ray envers ce père âgé, mais toujours aussi imprévisible et dangereux. Constamment inattendue, dépourvue de sentimentalisme, cruelle et drôle, la série est passionnante de bout en bout, pratiquement sans défaillance qualitative. Les comédiens récurrents sont tous meilleurs les uns que les autres et on retrouve çà et là des grandes figures des années 70 et 80 comme Elliott Gould, Rosanna Arquette, Paul Michael Glaser, Denise Crosby ou James Woods fabuleux en vieux flingueur haineux. Sans oublier Steven Bauer superbe en ex- agent du Mossad devenu homme-à-tout-faire de Ray. Liev Schreiber quant à lui, n’a jamais été aussi convaincant que dans ce personnage pétri de contradictions.

Réalisés par des gens de talent comme John Dahl, Daniel Attias ou Michael Apted, ces 12 épisodes sont une remarquable introduction à un univers très singulier, un regard sur un monde « underground », corrompu, où le « héros » n’hésite pas à tuer de sang-froid, à faire chanter des agents du FBI, à torturer un prêtre, tout en demeurant attachant et profondément humain.

RAY

JON VOIGHT ET EDDIE MARSAN

Dans un casting uniformément idéal, on retiendra le toujours extraordinaire Marsan, en frère aîné, ex-boxeur atteint de Parkinson, au sens moral encombrant. Et Voight, dans un rôle maléfique digne de Christopher Walken, dans une forme physique qui dément ses 75 ans.

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11 réponses à “« RAY DONOVAN » : saison 1 (2013)

  1. Patrick

    28 mai 2017 at 14 h 23 min

    En soi la série aurait tendance à m’attirer, le seul problème c’est Liev Schreiber dont je ne suis pas fan.

     
    • walkfredjay

      28 mai 2017 at 20 h 12 min

      Moi non plus a priori, mais il n’a jamais été meilleur. Le rôle de sa vie…

       
  2. JICOP

    28 mai 2017 at 15 h 53 min

    La mort récente de Roger Moore m’inspire , à la lumière de ton article , une reflexion : que de séries actuelles sombres , violentes , désenchantées bien que réussies incontestablement .
    Ou sont les séries plus légères , pleines de fantaisie comme il en existait avant avec  » les mystères de l’Ouest  » ,  » Amicalement votre  » ou  » chapeau melon et bottes de cuir  » par exemple .
    Pas de doute notre époque n’est pas à la fete .

     
    • Seb

      28 mai 2017 at 16 h 13 min

      Au moins une exception, Jicop: la très chouette série Love co-créée par Judd Apatow, un nom qui me fait pourtant fuir à grandes enjambées en temps normal. Je viens de dévorer la saison 1 et quel plaisir ! Le visionnage de la 2ème qui a été complétée cette année ne saurait tarder. Je pense également à la mini-série Wet Hot American Summer qui a été tournée 15 ans après le film original du même nom, avec sauf erreur l’intégralité du cast initial, mini-série qui est en fait… un prequel au film ! Le résultat est cocasse et insolite. À voir absolument, ne serait-ce que pour couper un peu de cette noirceur ambiante, effectivement…

       
      • JICOP

        28 mai 2017 at 16 h 28 min

        Merci de l’info Seb , je vais m’interesser à ces séries .
        On ne peut nier que l’univers des séries actuelles recèle quantité de réussites mais en repensant à  » Amicalement votre  » et sans faire le vieux con je me disais qu’il y avait un peu plus de légèreté dans ces années là .
        Meme dans le vieil épisode de Columbo avec Johnny Cash que j’ai rematé ce matin et qui parle de meurtre comme d’habitude , il y avait une certaine ironie , un recul sur les choses qui contraste avec l’extreme noirceur des séries actuelles .

         
    • Kinskiklaus

      28 mai 2017 at 20 h 22 min

      Je suis on ne peut plus d’accord avec ce triste constat, Jicop. Si je suis en train de regarder l’intégrale « Starsky et Hutch », c’est moins par nostalgie que par envie d’une certaine légèreté. Dans les séries récentes, si tu veux te marrer un bon coup, je te préconise la série « Evil Dead ».

       
    • Patrick

      29 mai 2017 at 14 h 58 min

      Souvent est considéré qu’actuellement depuis une dizaine d’années il y a de très grandes séries fort bien écrites certes ce n’est pas tout à faux toutefois je reproche souvent à ces séries de raconter des histoires aux intrigues s’étirant sur trop d’épisodes voire de saisons et tournant autour du pot.

       
      • Kinskiklaus

        29 mai 2017 at 15 h 07 min

        C’est évident Patrick, et ce constat est vérifiable pour 90% des séries. Le fric Patrick, le fric… Pour les séries comme tout dans la vie: on finit par se lasser. Prenons « The Walking Dead », ça ronronne tellement que les deux dernières saisons étaient nullissimes. Je crois d’ailleurs que je vais laisser tomber. « Lost » a viré au ridicule après sa quatrième saison, « Prison Break », n’en parlons pas.

         
      • Patrick

        29 mai 2017 at 15 h 14 min

        Oui The Walking Dead tourne sérieusement en rond, une série qui ne sait pas se terminer.

         
  3. Dino Barran

    28 mai 2017 at 19 h 39 min

    Excellente série. Les deux saisons qui suivent restent au niveau.
    Voight est remarquable en vieil égoïste qui rate tout ce qu’il entreprend, compromettant régulièrement l’ensemble de sa progéniture.
    Schreiber est un mélange de monolithisme et de stoïcisme, toujours à la limite de perdre son sang-froid. Ça lui arrive parfois d’ailleurs. Heureusement que ses acolytes Avi et Lena (la jolie et efficace Katherine Moennig qui promène sa dégaine blasée) sont là pour le tempérer…
    Est-ce un hasard si cet acteur joue dans Spotlight, qui traite du même sujet (la pédophilie de certains prêtres bostoniens) que celui qui sous-tend la série ?

     
  4. Kinskiklaus

    29 mai 2017 at 18 h 24 min

    Patrick, oui, « Walking Dead » tourne sérieusement en rond et c’est loin d’être terminé puisque la série est adaptée d’une bédé et que les parutions de ladite bédé sont très en avance sur la série. Donc si les audiences suivent, ça peut durer encore très longtemps.

     

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