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« L’HOMME DE LA LOI » (1971)

30 Mai
LAWMAN2

BURT LANCASTER

Les trois protagonistes de « L’HOMME DE LA LOI » sont d’anciens héros vieillissants de la légende de l’Ouest : un shérif auréolé de ses exploits passés (Robert Ryan), un rancher qui a dompté une terre sauvage (Lee J. Cobb) et un marshal (Burt Lancaster), qui est le seul à n’avoir pas évolué depuis toutes ces années.LAWMAN

Alors que le monde avance vers le vingtième siècle, ‘Maddox’ est resté ce représentant de la loi psychorigide, inflexible jusqu’à l’inhumanité. Il arrive dans une petite ville pour ramener dans la sienne plusieurs cowboys au service de Cobb, accusés de la mort accidentelle quelques mois plus tôt d’un passant. Incapable de transiger, de négocier ou même de dialoguer, Maddox va déclencher un véritable bain de sang.

Le film tout entier se focalise sur le portrait de cet individu effrayant de raideur, accroché aux règles jusqu’à en devenir obsessionnel. Avec sa silhouette alourdie, son visage abimé de cicatrices, Lancaster est l’interprète rêvé de ce western âpre et cruel, qui se bonifie avec les années, malgré la mise-en-scène un peu désuète de Michael Winner. L’acteur parvient à affiner un peu la psychologie du personnage, à le rendre moins monolithique, par des détails incongrus : il joue de la flûte, aime saucer ses plats avec du pain. On parle beaucoup d’honneur, de lâcheté, des temps qui changent, de la difficulté à être et avoir été, entre deux duels sanglants. On notera l’étrange relation liant Cobb et Salmi, inséparables depuis trente ans, et le comportement de veuf éploré du premier, à la mort du second. Si le grand Burt domine chaque séquence où il apparaît, c’est Ryan qui a le rôle le plus intéressant, celui de ce héros légendaire qui « n’a plus l’estomac » et vivote en se tenant discrètement dans l’ombre quitte à essuyer quelques injures au passage. Autour d’eux, de grands seconds rôles comme Joseph Wiseman en avatar de ‘Doc Holiday’, Robert Duvall, Ralph Waite, Albert Salmi, Richard Jordan particulièrement bien servi par le scénario et la toujours parfaite Sheree North en ex-maîtresse de Maddox vieillie avant l’âge.

Pas suffisamment soigné visuellement (bien qu’il soit tourné au Nouveau Mexique, le film fait parfois penser aux séries B filmées à Almeria !), « L’HOMME DE LA LOI » peine à se hisser au niveau des véritables chefs-d’œuvre du genre, mais il tient remarquablement bien le coup, 45 ans après sa sortie, et sa fin totalement nihiliste laisse un arrière-goût amer et démythifie définitivement le héros de western inventé par Hollywood.

LAWMAN3

ROBERT DUVALL, J.D. CANNON, ROBERT RYAN, LEE J. COBB, JOHN BECK ET BURT LANCASTER

À noter plusieurs détails prémonitoires : Lee J. Cobb se nomme ‘Bronson’ dans « L’HOMME DE LA LOI » et les villageois parlent plusieurs fois de « vigilante ». On le sait, trois ans plus tard, Winner tournera son plus grand succès : « UN JUSTICIER DANS LA VILLE », avec Charles… Bronson. Coïncidences…

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13 réponses à “« L’HOMME DE LA LOI » (1971)

  1. Miguel

    30 mai 2017 at 14 h 00 min

    Je l’ai vu il y a longtemps et je me souviens que Burt Lancaster m’avait impressionné dans son rôle de faucon de l’Ouest sans pitié. On fini par plaindre les victimes qui se trouvent sur son passage.

     
    • Kinskiklaus

      30 mai 2017 at 14 h 32 min

      Ouaip, ben moi qui n’ai pas vu le film, je devine aisément que les victimes l’avaient bien cherché, le Burt. Bien fait pour elles !

       
  2. Patrick

    30 mai 2017 at 15 h 44 min

    Lors d’une 1ère vision ce western m’avait laissé indifférent puis on le revoyant récemment je l’ai trouvé pas mal du tout avec une fin marquante.

     
  3. Daniel

    30 mai 2017 at 17 h 15 min

    Une belle surprise que ce film qui doit beaucoup a la formidable présence de Lancaster dans un rôle taillé sur mesure . Il ne manquait pas grand chose pour en faire un classique des dernières grandes années du western.

     
  4. JICOP

    30 mai 2017 at 18 h 34 min

     » Pas suffisamment soigne visuellement , … , le film fait parfois penser aux series B filmees a Almeria  » .
    Epoque charniere ou le western U.S s’ inspirait du western Transalpin par son style ou ses themes alors que c’etait l’inverse s’ etait produit 10 ans plus tot …ironie de l’histoire . Il n’empeche que je te trouve un peu injuste , Fred .
    A Almeria furent tournes des navets mais aussi de bons westerns comme les Leone , les  » dernier face-a-face  » et j’en passe .
    Le budget papier w.c du dernier  » pirates des Caraibes  » , certes , mais tout de meme de bons visuels .

     
    • walkfredjay

      30 mai 2017 at 19 h 04 min

      Quand je parle de séries B tournées à Almeria, je ne pense évidemment pas à Leone… D’ailleurs celui-ci a souvent inclus des plans tournés aux U.S.A. et pour les intérieurs à Cinecitta. Je faisais référence à des horreurs comme « BLACK KILLER » et autres « MACHO CALLAGHAN SE DÉCHAÎNE ».

       
      • Kinskiklaus

        30 mai 2017 at 19 h 16 min

        « Black Killer » une horreur ??? Moi, j’aurais dit « une daube » (dans mon top dix des westerns les plus affligeants)

         
      • JICOP

        30 mai 2017 at 19 h 50 min

        Oups j’ai eu peur .
        J’ai cru que tu parlais de  » macho Callahan  » que je voyais comme film Americain .
        Ah non en fait c’est  » Macho Callaghan  » .
        Premiere fois que je m’apercois de cette tromperie 🙂

         
  5. Kinskiklaus

    30 mai 2017 at 18 h 39 min

    Moi, je suis pas contrariant comme type, tu me files un spaghetti, même mauvais, s’il fut tourné dans le désert de Tabernas, je suis aux anges. L’Andalousie fait partie de mes rêves depuis tout petit, alors tu penses…

     
  6. Claude

    30 mai 2017 at 19 h 46 min

    Sorti à la même époque, dans le même genre, j’avais trouvé « Valdez arrive » encore meilleur . Je ne sais pas ce que le metteur en scène a fait d’autre mais je n’en ai plus entendu parler . Dommage .

     
  7. lemmy

    31 mai 2017 at 2 h 35 min

    J’ai revu « Valdez » il y a peu, et il est vraiment formidable, quelle fin incroyable. J’ai très envie d’en lire le roman.

    « L’Homme de la loi » est glaçant au possible, pourtant on ne peut qualifier le personnage de Lancaster comme un monstre, il est empêché dans son humanité. Et il y a Robert Ryan, donc ça ne peut qu’être bon.

     

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