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Archives Mensuelles: juin 2017

« TETRO » (2009)

TETRO17 ans après « DRACULA » qui fut suivi de plusieurs films plus ou moins confidentiels ou sans retentissement, Francis Ford Coppola signe son comeback avec « TETRO » une œuvre étrange, extrêmement personnelle, rendant un hommage appuyé au cinéma de Michael Powell & Emeric Pressburger, via des ballets en flash-back, uniques plans en couleurs du film.

Si le sujet – un mélo familial violent et dramatique – est relativement banal, le traitement ne l’est pas du tout. Situé à Buenos Aires dans le quartier bohème de la Boca et en Patagonie, « TETRO » fouille le caractère et le passé de Vincent Gallo, un italo-américain exilé là-bas, mélange insupportable de « prima donna » capricieuse et d’artiste maudit, confronté à un jeune frère (Alden Ehrenreich) qu’il n’a pas revu depuis de longues années. Entre eux, l’ombre d’un père monstrueux et castrateur (Klaus Maria Brandauer) dont l’ego démesuré a détruit toute la famille et un lourd secret dont la révélation laissera sans voix.

L’atmosphère est irréelle, pesante, totalement dépaysante. On est quasiment obligé de se laisser happer par le film, tant on n’a aucun repère géographique ou même narratif. Coppola doit beaucoup à Gallo, dans le rôle de sa vie, charismatique et instable dans ce personnage aux confins de la folie et de l’autodestruction. À ses côtés, Maribel Verdú est la seule à se montrer humaine et généreuse. Carmen Maura apparaît brièvement en reine des critiques aux allures de diva.

« TETRO » a trouvé le difficile équilibre entre le film « arty » hermétique et le produit accessible à tous les publics. Grâce à la relation entre ces deux « fils de », l’émotion n’est jamais absente et la beauté de la photo de Mihai Malaimare, Jr. finit de séduire presque malgré soi. En fait, la vraie, la grande qualité de « TETRO » est de ne ressembler à aucun autre film. Pas même à une œuvre de Coppola ! Enfin, si… À bien y réfléchir, un tout petit peu à « RUSTY JAMES », tout de même.

TETRO2

MARIBEL VERDU, ALDEN EHRENREICH, SOFIA GALA ET VINCENT GALLO

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ALLEMAGNE DE L’OUEST…

WEST DVD

SORTIE EN ALLEMAGNE DE PLUSIEURS WESTERNS D’INÉGALE QUALITÉ, MAIS AUX JAQUETTES COLORÉES ET ATTRACTIVES.

 

HAPPY BIRTHDAY, NESTOR !

PAIVA

NESTOR PAIVA (1905-1966), SECOND RÔLE DES ANNÉES 50, À L’ÉNORME FILMOGRAPHIE DE 300 FILMS ET TÉLÉFILMS.

 
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Publié par le 30 juin 2017 dans ANNIVERSAIRES

 

TUEUR DE PIERRE !

STONE BR

Sortie anglaise ce mois-ci du thriller de Michael Winner, « LE CERCLE NOIR » (1973) dans un combo Blu-ray/DVD. Le film est accompagné d’un copieux livret contenant des photos de tournage inédites, des extraits du livre de souvenirs de Winner et d’interviews diverses, des critiques, et un texte détaillé sur l’historique du film par Paul Talbot, biographe et spécialiste de la carrière de Charles Bronson. Du beau travail éditorial !

Pour ce qui est du transfert, on retrouve étonnamment le même défaut que dans le DVD édité en France il y a plusieurs années : une copie exagérément sombre et granuleuse, qui laisse à penser que c’est ainsi que Winner a voulu étalonner son film à l’origine, puisque cette présente édition a été soigneusement remastérisée. Pour éviter de trop ressembler esthétiquement aux dizaines de séries TV policières qui déferlaient sur les écrans U.S. à cette époque ? C’est bien possible… Mais il en résulte une image assez ingrate et peu attractive. Dommage.

STONE2

CHARLES BRONSON, RALPH WAITE ET PAUL KOSLO

 

HAPPY BIRTHDAY, BERNARD !

HERRMANN

BERNARD HERRMANN (1911-1975), UN DES PLUS GRANDS MUSICIENS DE CINÉMA DE L’HISTOIRE. UN STYLE UNIQUE, INIMITABLE.

 
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Publié par le 29 juin 2017 dans ANNIVERSAIRES

 

« CASINO » (1995)

CASINO2« CASINO » contient tout ce qu’on aime dans le cinéma de Martin Scorsese : l’univers mafieux, un montage virtuose, une bande-son qui fait passer les presque trois heures en un éclair, des personnages hauts-en-couleur. Son seul défaut en fait, est d’être sorti cinq ans après « LES AFFRANCHIS » et d’en être une sorte d’avatar relocalisé à Las Vegas.

Le film décrit les années 80 dans la ville des jeux, la mainmise des gangsters italiens, la corruption, la drogue, etc. à travers le parcours d’un ‘gambler’ (Robert De Niro) devenu directeur du Tangiers, qui épouse une prostituée obnubilée par l’argent (Sharon Stone) et doit gérer son « meilleur ami », Joe Pesci, un tueur psychopathe aussi incontrôlable qu’insatiable.

Comme le film de 1991, « CASINO » est bâti sur le mouvement de balancier : grandeur et décadence. Il affiche d’abord la richesse, l’impunité, l’amoralité récompensée pour finir en déchéance sordide. Scorsese manie les voix « off » en maestro, donnant la parole à plusieurs protagonistes selon les scènes, ce qui permet des accélérations dans le scénario qui évitent tout « ventre mou ». Ses personnages sont encore plus ignobles, indéfendables que ceux des « AFFRANCHIS » où subsistaient quelques vestiges d’Humanité.

De Niro d’une sobriété sans faille campe un individu froid et paranoïaque, jamais attachant, mais qui semble presque sympathique comparé à Pesci, monstrueux dans son emploi préféré. Ces retrouvailles entre les deux acteurs et le retour de Pesci (maladroitement rajeuni par des perruques et des liftings) à sa routine de maniaque dangereux, accentuent hélas, la sensation de redite. Sharon Stone trouve le rôle de sa carrière : elle est époustouflante dans les scènes d’engueulade ou d’ivresse, éclipsant même ses partenaires masculins. Parmi les seconds rôles : James Woods parfait en « mac » visqueux et pleutre, L.Q. Jones excellent en shérif faussement péquenaud.

CASINO

SHARON STONE, ROBERT DE NIRO, JOE PESCI ET FRANK VINCENT

« CASINO » est un film incontestablement brillant à tous points-de-vue, tellement riche visuellement et thématiquement qu’il supporte plusieurs visions. Manque juste un petit quelque chose en plus pour le qualifier de chef-d’œuvre. Un peu d’empathie pour ses personnages, peut-être ? Une once de chaleur humaine dans ce ramassis de vermines ? Mais n’est-ce pas justement le talent du réalisateur de créer des fresques clinquantes et démesurées pour montrer la pègre telle qu’elle est réellement, dépourvue du masque flatteur du sentimentalisme hollywoodien ?

 

MICHAEL NYQVIST : R.I.P.

NYQVIST

MICHAEL NYQVIST (1960-2017), ACTEUR SUÉDOIS, CONNU POUR LA SÉRIE « MILLÉNIUM », QUI LUI OUVRIT UNE CARRIÈRE INTERNATIONALE.

 
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Publié par le 28 juin 2017 dans CARNET NOIR, CINÉMA INTERNATIONAL