RSS

« LA GUERRE EST FINIE » (1966)

06 Juil
GUERRE2

YVES MONTAND ET INGRID THULIN

Écrit par Jorge Semprun, d’après ses souvenirs personnels, réalisé par Alain Resnais, révélé trois ans plus tôt par « L’ANNÉE DERNIÈRE À MARIENBAD », « LA GUERRE EST FINIE » est un très curieux film à la fois politique et intimiste, centré sur la personnalité d’un « révolutionnaire professionnel » espagnol (Yves Montand) rentrant à Paris après six mois à Madrid, et se questionnant sur ses motivations, sa lassitude et sa foi dans sa cause.GUERRE

C’est un film curieux parce qu’entre des séquences assez assommantes et lourdement didactiques entre « camarades » autour d’une table, au fin-fond d’une banlieue sinistre, où se décide l’avenir de l’Espagne, on a droit à des scènes d’amour ultra-stylisées et quasi-oniriques. Si le scénario est linéaire, extrêmement bavard, Resnais brise parfois la ligne droite par des flash-forwards déconcertants, servant (peut-être) à souligner la routine quotidienne de son ‘Diego’ et les raisons de sa fatigue. Malgré plusieurs tunnels assez pénibles, le film tient tout de même par son atmosphère paranoïaque, par le noir & blanc réaliste de Sacha Vierny qui permet de redécouvrir le Paris des années 60 et aussi par son casting éclectique.

Montand, crispé, anxieux, perpétuellement mal à l’aise, crée un personnage assez concret, dont on perçoit les tourments grâce à ses expressions réprimées et furtives. Ingrid Thulin est émouvante en femme amoureuse envers et contre tout. La toute jeune Geneviève Bujold est absolument ravissante en léniniste exaltée. Parmi les seconds rôles, Jacques Rispal, Paul Crauchet et Jean Bouise sont des « copains » exilés plus vrais que nature, Michel Piccoli moustachu joue un flic des douanes suspicieux et Bernard Fresson apparaît brièvement à la toute fin, en chauffeur débutant.

« LA GUERRE EST FINIE » ne plaira certes pas à tout le monde, mais il a pris une certaine patine avec les années et, même si on n’est pas passionné par les coulisses de l’Espagne franquiste, on pourra toujours admirer un Montand dans sa meilleur période et de magnifiques comédiennes joliment photographiées.

GUERRE3

GENEVIÈVE BUJOLD, YVES MONTAND ET PAUL CRAUCHET

Publicités
 

5 réponses à “« LA GUERRE EST FINIE » (1966)

  1. Marc Provencher

    6 juillet 2017 at 18 h 30 min

    « La toute jeune Geneviève Bujold est absolument ravissante en léniniste exaltée. »

    Ah bon ! Je m’intéresse de près à la Guerre d’Espagne – « Aujourd’hui en Espagne, demain en Italie! » était le fier slogan du mouvement Giustizia e libertà – mais voilà que s’ajoute une autre excellente raison de voir ‘LA GUERRE EST FINIE’… Geneviève forever ! (Et ce n’est pas du chauvinisme, vu qu’elle est de Québec et moi de Montréal, ah mais).

     
  2. Dino Barran

    8 juillet 2017 at 22 h 33 min

    J’imagine que tu vas bientôt nous chroniquer les Routes du sud, dont le scénario de Semprun semble prolonger La Guerre est finie ?

     
  3. walkfredjay

    8 juillet 2017 at 22 h 49 min

    Je me souviens l’avoir vu à sa sortie et m’être prodigieusement ennuyé. Et puis Miou-Miou, franchement… 😦

     
    • Dino Barran

      9 juillet 2017 at 18 h 10 min

      Je suis plutôt d’accord.
      Pour ce qui la concerne, un adjectif s’impose à moi : il commence par ch et se termine par iante.

       
      • walkfredjay

        9 juillet 2017 at 18 h 18 min

        On est d’accord. Je ne l’ai jamais trouvée intéressante dans aucun de ses rôles. Même chez Blier… Mystère !

         

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :