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« LE JOUR DU FLÉAU » (1975)

09 Juil
FLÉAU2

KAREN BLACK

Réalisé par l’éclectique John Schlesinger entre l’intimiste « UN DIMANCHE COMME LES AUTRES » et le thriller « MARATHON MAN », « LE JOUR DU FLÉAU » est une œuvre assez monumentale par son ambition scénaristique et esthétique, qui immerge au cœur du Hollywood des années 30, pour un portrait au vitriol excessivement dérangeant.FLÉAU

Comme le collage à la Munch composé peu à peu par William Atherton, jeune décorateur fraîchement débarqué à ‘Tinseltown’, le film est une mosaïque surréaliste, peuplée de personnages désaxés, de ‘freaks’ à moitié fous, de putains se rêvant stars, de laissés-pour-compte sordides. Pas de glamour dans cet Hollywood-là, on est plongé dans les tréfonds de Sodome et Gomorrhe et le final est totalement apocalyptique.

Le film est long, le scénario pas vraiment structuré de façon classique et donne l’impression de lire un roman, mais impossible de détacher les yeux de l’écran, tant on pressent qu’il peut littéralement se passer n’importe quoi à n’importe quel moment. À travers le regard naïf du protagoniste qui voit toutes ses illusions impitoyablement broyées une par une, rêve et réalité se confondent et virent au cauchemar poisseux. Certaines séquences comme le show de l’évangéliste Geraldine Page, l’avant-première de Cecil B. DeMille qui dégénère en carnage ou le décor de Waterloo qui s’écroule, laissent vraiment un arrière-goût de fin du monde.

Karen Black est extraordinaire en « dumb blonde » mythomane et étrangement attachante, Burgess Meredith pathétique dans le rôle de son père au bout du rouleau, Donald Sutherland est plus qu’étrange en pauvre type solitaire, prêt à exploser. À noter au passage qu’il se nomme… Homer Simpson !

FLÉAU3

WILLIAM ATHERTON ET DONALD SUTHERLAND

Si on ajoute que la photo sublime est signée du grand Conrad L. Hall et la BO est de John Barry, on comprendra que le terme galvaudé de « chef-d’œuvre » n’est pas usurpé dans le cas du « JOUR DU FLÉAU », déclaration d’amour à l’usine à rêves, mêlée de haine, de dégoût et de colère. Pas le genre de film dont on ressort complètement indemne.

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9 réponses à “« LE JOUR DU FLÉAU » (1975)

  1. JICOP

    9 juillet 2017 at 11 h 43 min

    La présence de Karen Black laisse entrevoir un film à la manière de Bob Altman, portrait au vitriol d’une humanité grouillante.
    Grand film qui pêche à mon sens par le manque de charisme ou d’intensité de jeu de William Atherton, surtout comparé à Sutherland par exemple.
    Dommage mais le film est à voir, ne serait ce que pour la démystification de l’usine à rêves et le final terrible.

     
    • walkfredjay

      9 juillet 2017 at 11 h 45 min

      La transparence d’Atherton est, à mon avis, délibérée. C’est un témoin, une sorte de « narrateur » qui renforce l’aspect littéraire du film.

       
      • JICOP

        9 juillet 2017 at 11 h 59 min

        Sans doute, Fred.
        Une nouvelle vision s’impose sous ce jour.
        Bien que depuis  » Piège de cristal  » et  » 58 minutes pour vivre « , je ne peux voir Atherton que comme la crapule pleine de couardise qu’il est face à Madame Mc Clane. 😉

         
  2. Seb

    9 juillet 2017 at 13 h 49 min

    Pour moi, un film figé, interminable et trop frelaté pour convaincre.

     
    • Patrick

      9 juillet 2017 at 15 h 04 min

      Pareil je trouve que Schlesinger a raté son coup ; voilà la critique que j’avais écrite sur Allociné en 2013 après l’avoir vu :

      « De Schlesinger j’ai vu des films qui m’ont énormément plu (l’excellent suspense de Marathon man, l’émouvant Macadam cowboy et le magnifique film romantique qu’est Loin de la foule déchaînée) donc je me suis lancé avec entrain dans Le Jour du fléau qui plus Donald Sutherland un acteur que j’apprécie est présent ; cette histoire sur le Hollywood de la grande époque du temps du muet avec des personnages mégalos était alléchant sur la papier malheureusement il en ressort un film très décevant. Le scénario est brouillon, la 1ère heure avance péniblement donnant l’impression qu’aucune histoire ne s’installe, Le Jour du fléau se veut mordant et cynique mais ces 2 aspects ne se ressentent jamais et le film ne possède aucun rythme, on ne parvient jamais à s’attacher à l’un des personnages. Seul quelques moments se démarquent comme le final. »

       
    • walkfredjay

      9 juillet 2017 at 16 h 20 min

      J’avais gardé plus ou moins le même souvenir de ce film, mais une seconde vision m’a totalement enthousiasmé. Rien n’est figé, heureusement 🙂

       
      • Marc Provencher

        9 juillet 2017 at 16 h 52 min

        J’ai eu la chance (?) d’avoir ta bonne deuxième impression la première fois. Un chef-d’oeuvre en effet, où John Schlesinger, grand cinéaste aujourd’hui sous-évalué, prend des risques « à la Boorman » : ça passe ou ça casse. Peut-être aussi parce qu’adolescent (j’ai vu le film l’année de sa sortie ou l’année suivante), j’étais hypnotisé par Karen Black, qui est vraiment inoubliable, quoiqu’à gifler, dans ce terrible film.

         
      • Patrick

        9 juillet 2017 at 19 h 07 min

        Un jour je le reverrais peut-être.

         
  3. Kinskiklaus

    10 juillet 2017 at 23 h 18 min

    John Schlesinger, un mystère pour moi. Proche du cinéma indépendant et exigeant au début de sa carrière, il a terminé celle-ci dans un je sais pas trop quoi. Un mystère ! Dans ses dernières réalisations, « Fenêtre sur Pacifique », malgré son côté téléfilm et caricatural n’était pas trop moche. Drôle de carrière…

     

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