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« LA MOUETTE » (1968)

17 Juil
SEAGULL

SIMONE SIGNORET

« LA MOUETTE » est une belle adaptation de la pièce de Tchekhov, qui permet d’en saisir toutes les subtiles nuances. La première surprise est déjà qu’elle soit signée Sidney Lumet, réalisateur extraordinairement éclectique, qui fait preuve d’une finesse et d’une fluidité dans la mise-en-scène plus anglaises qu’américaines.SEAGULL3

Sur trois époques, le film décrit le quotidien d’une famille d’artistes russes du 19ème siècle dans leur maison de campagne. La mère (Simone Signoret) est une actrice égotique, son mari (James Mason) un écrivain connu. Le fils (David Warner) voudrait être auteur de théâtre, mais sa mère demeure indifférente et moqueuse. La jeune Nina, jamais sortie de son terroir (Vanessa Redgrave) s’amourache de Mason et rêve d’une vie d’actrice.

Les rêves, les illusions, les amours sincères, tout sera piétiné, doucement et poliment, mais sans le moindre espoir de retour, pendant ces séjours apparemment chaleureux, mais en réalité d’une terrible cruauté.

Pendant 141 minutes, « LA MOUETTE » ne cesse d’enchaîner les dialogues, de fouiller la psychologie frivole, tourmentée, parfois stupide de ses personnages et la comédie de mœurs fonce lentement vers le drame.

Entièrement tourné en Suède, joliment photographié par Gerry Fisher, le film tient en grande partie sur son casting : Warner au mal-être presque contagieux dans ce rôle de « fils de » voué à l’échec, Redgrave naïve et solaire, broyée par la réalité, Signoret parfaitement à l’aise dans ce rôle de castratrice insensible, Mason égal à lui-même c’est-à-dire odieux et charmant. On retrouve également un Denholm Elliott étrangement emperruqué en docteur. Grâce à ces « pointures », on ne s’ennuie jamais et le texte de Tchekhov prend littéralement vie. À découvrir…

SEAGULL2

JAMES MASON, DAVID WARNER ET VANESSA REDGRAVE

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3 réponses à “« LA MOUETTE » (1968)

  1. Kinskiklaus

    17 juillet 2017 at 7 h 54 min

    Jamais entendu parler de cette adaptation mais vu la qualité du casting et l’enthousiasme du maître de ces lieux dans sa chronique, je sens que je vais corriger cette erreur. Le face-à-face Signoret / Warner me met déjà l’eau à la bouche. N’ayant jamais lu ni vu la pièce de théâtre, mon regard sera totalement vierge.

     
  2. JICOP

    17 juillet 2017 at 9 h 51 min

    Oui.
    Excellent film aux décors naturels enchanteurs et à la formidable distribution.
    On a tellement en tête l’idée d’un Lumet New-yorkais et urbain qu’on oublie qu’il se délocalisa parfois volontiers, en Angleterre notamment.
    Une belle adaptation qui joue au maximum sur les extérieurs bucoliques pour éviter le piège du théâtre filmé.
    Amusant que 10 ans plus tard, Lumet fera exactement l’inverse pour l’adaptation de la pièce de Péter Shaffer:  » Equus  » en enfermant au maximum les personnages dans des décors volontiers stylisés.

     
  3. Patrick

    17 juillet 2017 at 11 h 18 min

    Vu il y a 6 ans lors d’un cycle « Lumet » sur TCM, une belle découverte ; c’est un beau film bien interprété par contre en V.O. (pas de V.F. à ma connaissance) ce qui est étrange si je me souviens bien Signoret joue une Russe parlant anglais avec l’accent français.

     

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