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« SLEEPERS » (1996)

13 Août

SLEEPERS2Écrit et réalisé par Barry Levinson, d’après le livre autobiographique controversé de Lorenzo Carcaterra, « SLEEPERS » est un mélodrame new-yorkais d’une belle ampleur romanesque, axé sur la vengeance de quatre amis d’enfance qui furent violés et abusés pendant des mois par les gardiens d’une maison de redressement.

Dès le début, on pense à « IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE » ou au « PAPE DE GREENWICH VILLAGE » : vignettes sur le quotidien des petits voyous de ‘Hell’s kitchen’, mafieux pittoresques, un prêtre comme échappé d’un film Warner des années 30, etc. Et puis à l’arrivée en prison, le ton s’assombrit jusqu’à devenir presque insoutenable par moments (les flash-backs sur les viols collectifs, à peine suggérés mais très pénibles) et la seconde partie démonte finement la machination destinée à faire payer la note aux tortionnaires.

C’est long – 140 minutes, tout de même ! – mais jamais lent, jamais pesant. On s’attache aux protagonistes. Il faut dire que Levinson a réuni un cast extraordinaire : Jason Patric, Brad Pitt, Ron Eldard et Billy Crudup jouent les quatre copains devenus adultes. Ils sont parfaitement assortis. Robert De Niro est d’une sobriété habitée dans le rôle de l’ex-délinquant devenu prêtre dont le rôle est crucial, Vittorio Gassman est excellent en ‘padrino’ apparemment rangé des voitures mais toujours très influent, Dustin Hoffman est réjouissant en avocat alcoolique et peu fiable et Kevin Bacon est superbe en maton sadique et pédophile.

SLEEPERS

JASON PATRIC, ROBERT DE NIRO, KEVIN BACON, VITTORIO GASSMAN ET DUSTIN HOFFMAN

Il manque un petit quelque chose à « SLEEPERS » pour être un vraiment grand film (le style, peut-être ?), mais la photo de l’immense Michael Ballhaus, la BO de John Williams et son ancrage insistant dans la thématique du « COMTE DE MONTE CRISTO » en font néanmoins un vrai spectacle complexe et gratifiant où l’indignation le dispute à l’émotion. À peine pourra-t-on rechigner devant quelques invraisemblances trop énormes, comme l’incroyable revirement du gardien Terry Kinney pendant le procès, qui n’a aucune raison valable de craquer de la sorte. C’est LA grosse faiblesse du scénario.

Un film un peu méconnu qui mérite d’être réévalué à la hausse. Maintenant, quant à savoir s’il est vraiment inspiré d’évènements réels ou pas, ça n’a au fond aucune espèce d’importance…

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5 réponses à “« SLEEPERS » (1996)

  1. Kinskiklaus

    13 août 2017 at 10 h 07 min

    Voilà longtemps que je ne l’ai pas vu mais j’en garde plutôt un bon souvenir. Bien qu’ils ne convoquent absolument pas la même histoire, je rapprocherais ce film de « Le droit de tuer » de Joel Schumacher : un très bon casting, une mise en scène classique, une histoire dramatique mais prenante, un poil trop long mais jamais ennuyeux MAIS pour l’un comme pour l’autre, quelques scènes caricaturales et un manque de supplément d’âme les empêchent d’obtenir le label « Chef-d’oeuvre ».

     
  2. Daniel

    13 août 2017 at 17 h 37 min

    Vraiment un beau film, très prenant ! C’ est curieux qu’ il n’ ait pas eu un grand succès malgré son formidable casting et une histoire parfaitement représentée. Même si on sait que des enfants ont connu ce genre de situation ( hors vengeance qui dans le film est quand même sérieusement peu réaliste ) on peut se demander qu’est ce qui a bien pu passer dans la tête de l’ auteur du livre pour nous faire croire qu’il avait vécu cette malheureuse histoire car , de nos jours, on est quasiment sûr que rien n’ est véridique ( histoires de dates vérifiées qui ne correspondent pas avec les séjours de l’ auteur en prison et de documents juridiques inexistants qui contredisent grandement ses propos ). En tous cas , un film qui vous secoue les tripes.

     
    • walkfredjay

      13 août 2017 at 17 h 45 min

      « D’après une histoire vraie », ça fait toujours son petit effet en début de film (ou de livre, en l’occurrence). Mais là, il a un peu exagéré.

       
  3. JICOP

    13 août 2017 at 18 h 30 min

    Bon film très soigné et bien interprété.
    Barry Levinson est un bon réalisateur mais n’a pas de style particulier et  » sleepers  » s’en ressent.
    Kévin bacon entamait alors une galerie de raclures dans sa filmographie et cela lui va plutôt bien.

     

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