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« MARATHON MAN » (1976)

14 Août
MARATHON

DUSTIN HOFFMAN

Le générique de « MARATHON MAN » aligne déjà la crème de la crème du cinéma U.S. des seventies : William Goldman au scénario (d’après son roman), Conrad L. Hall à la photo, Michael Small qui signe une de ses meilleures BO. Puis bien sûr le réalisateur John Schlesinger qui retrouve Dustin Hoffman après « MACADAM COWBOY » et Laurence Olivier, Roy Scheider à peine sorti des « DENTS DE LA MER ».MARATHON2

« MARATHON MAN » fait partie de ces films qui non seulement ne vieillissent pas, mais se bonifient avec les années et les re-visions. C’est vraiment le thriller parfait, portant en lui la paranoïa de son époque et confrontant son jeune héros englué dans le passé à ses pires cauchemars : le nazisme qui ne demande qu’à ressurgir et la persécution qui a poussé son père au suicide quand il était enfant. Les deux jours d’horreur qu’il va vivre auront au moins une vertu cathartique. Heureusement d’ailleurs, parce que les auteurs ne nous épargnent rien, pas même une torture à la fraise de dentiste à faire tourner de l’œil les âmes sensibles.

Le scénario est d’une diabolique précision et part de tous les coins du monde pour se concentrer à la fin à l’intérieur d’un château d’eau à New York où s’affronteront la victime-née et son bourreau. C’est stressant, intelligent, truffé de séquences inoubliables (Szell reconnu dans le quartier juif, l’agression de ‘Doc’ dans sa chambre d’hôtel parisienne, etc.) et d’une maîtrise de chaque seconde.

Hoffman est étonnamment crédible à 39 ans, en étudiant immature et balloté par les événements : une prouesse en soi ! Scheider est impérial en espion affuté, William Devane parfait en collègue planche-pourrie du précédent (les deux forment d’ailleurs un « couple » des plus ambigus !). Seule Marthe Keller trop superficielle, peine à se hisser au niveau de ses partenaires. Quant à Olivier, à presque 70 ans, il parvient à être encore plus terrifiant qu’un croque-mitaine de ‘slasher’ et compose un des plus grands « méchants » de l’Histoire du cinéma.

« MARATHON MAN » est un pur chef-d’œuvre du thriller à la construction imparable et à la facture somptueuse. Et le petit épilogue final à Central Park laisse de subtile façon, sur une note d’espoir. Les monstres sont peut-être enfin rentrés dans leur placard…

MARATHON3

LAURENCE OLIVIER, DUSTIN HOFFMAN, MARTHE KELLER, ROY SCHEIDER ET JAMES WING WOO

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15 réponses à “« MARATHON MAN » (1976)

  1. JICOP

    14 août 2017 at 9 h 00 min

    Des scènes d’anthologie , il y en a pléthore dans  » Marathon man  » .
    Schlesinger filme N.Y comme un gigantesque piège à ciel ouvert ou chaque ruelle , chaque batiment abritent un potentiel danger .
    Je me souviens avoir vu le film à 10/11 ans en finissant le visionnage en sueurs .
    C’est brillant , interpreté avec conviction et on ne se lasse pas de certaines séquences .
    Un modèle du genre .

     
  2. walkfredjay

    14 août 2017 at 9 h 02 min

    Tout à fait d’accord. Je suis toujours épaté par ces (rares) films qui ne vieillissent absolument pas.

     
  3. JICOP

    14 août 2017 at 9 h 08 min

    Et la fameuse séquence de tournage entre Olivier et Hoffman ou l’Anglais demande à l’adepte de la  » méthode  » pourquoi il court comme un fou pour paraitre vraiment essoufflé à l’écran alors qu’il suffit simplement de faire semblant .
    2 façons de jouer qui s’affrontaient alors .

     
  4. ellroy

    14 août 2017 at 11 h 22 min

    C’est sans danger !

     
  5. Patrick

    14 août 2017 at 15 h 16 min

    Très grand film en effet.

     
  6. Marc Provencher

    14 août 2017 at 16 h 02 min

    Une amie : « Alors Marc, tu me recommandes d’aller voir ‘MARATHON MAN’ ?»
    Marco : « Mais oui, vas-y, c’est sans danger. »

     
  7. Kinskiklaus

    14 août 2017 at 18 h 24 min

    L’adjectif a été employé dans cette chronique : parfait ! J’ai rarement vu un thriller me prendre autant aux tripes, me triturer aussi abondamment les nerfs. Je vais encore revêtir mes frusques de vieux con, mais je constate que des films d’une telle qualité, et ce, à tous les niveaux, n’existent quasiment plus de nos jours. La décennie 70 fut au cinéma ce que la Renaissance fut à l’Art : Majeure. Mention spéciale à Roy Scheider pour son interprétation subtile. Quel dommage qu’il ne sut que moyennement gérer le virage des années 80. A jamais, pour moi, il restera comme l’une des figures majeures des années soixante-dix.

     
    • Patrick

      14 août 2017 at 20 h 08 min

      Oui je suis d’accord, pareil je suis un grand des films des seventies qui pour le cinéma est ma décennie préférée.

       
      • JICOP

        14 août 2017 at 20 h 17 min

        Idem. Que ce soit par exemple en Italie ou aux U.S.A, une décennie en or.
        Une liberté de ton, de bons moyens, une politique d’auteur exemplaire et des producteurs ambitieux.

         
  8. Marc Provencher

    14 août 2017 at 18 h 42 min

    « …une torture à la fraise de dentiste à faire tourner de l’œil les âmes sensibles. »

    Et même les âmes insensibles : pendant cette scène, même les sbires de Szell – des tueurs impitoyables – se tournent vers le mur pour ne pas voir ça !

     
    • walkfredjay

      14 août 2017 at 19 h 06 min

      Oui, très belle idée de réalisateur ! Rien que de voir l’affreux Marc Lawrence se détourner donne une idée de l’horreur qui attend « Babe » !

       
  9. Dino Barran

    15 août 2017 at 12 h 32 min

    Tout est dit. Addition de scènes d’anthologie, à commencer par la poursuite initiale à New-York. Mention spéciale à Scheider, qui meurt trop tôt. Séquences parisiennes remarquables, incluant une vision improvisée des poubelles entassées à cause de la grève des éboueurs bien réelle qui avait lieu pendant le tournage. Pouvons-nous parler de chef-d’oeuvre ? Sans doute.

     
    • walkfredjay

      15 août 2017 at 12 h 42 min

      J’aime bien aussi les séquences parisiennes. On y retrouve l’indéboulonnable Jacques Marin, présent dans toutes les productions U.S. tournées en France. Une sorte de synthèse du franchouillard râleur et mal embouché, amateur de pinard et de bonne bouffe, vu par les Américains !

       
  10. Marc Provencher

    15 août 2017 at 18 h 53 min

    La vieille rescapée, dans le quartier des diamantaires, pointant du doigt Laurence Olivier qui s’éloigne : « Szell ! Szell ! Der Weisse Engel ! Der Weisse Engel is here ! »

    Le frisson absolu.

     
  11. walkfredjay

    15 août 2017 at 19 h 08 min

    Heureusement qu’elle ne se fait pas vraiment écraser par le taxi, ça aurait été trop horrible !!!

     

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