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Archives Mensuelles: septembre 2017

« L’ALPAGUEUR » (1976)

ALPAGUEUR2« L’ALPAGUEUR » est une tentative de Philippe Labro « d’américaniser » le personnage de Jean-Paul Belmondo, en lui faisant jouer un chasseur-de-primes œuvrant pour les services secrets en s’attaquant illégalement à la pègre. L’idée en vaut une autre, mais le scénario est bizarrement construit, il perd un temps fou à lever plusieurs lièvres en même temps, s’efforce de les faire s’entrecroiser et surtout, perd complètement de vue le véritable adversaire du héros, un serial killer surnommé « l’Épervier » qu’on ne voit que trop peu et qui peine à s’imposer comme protagoniste central. C’est d’autant plus déplorable que c’est Bruno Cremer qui lui prête ses traits inquiétants et qu’il est formidable dans ce rôle glauque et ambigu à souhait, qu’il joue tout en nuances. Face à lui, Belmondo plus routinier semble rejouer des scènes vues dans d’autres films (les séquences en prison renvoient à « HO ! » ou « LA SCOUMOUNE ») en dur-à-cuire fregoli aux ‘one liners’ obscures (« Café, pousse-café, cigare »).

On trouve de drôles de partis-pris dans ce film : tous les intérieurs sont décrépits, presque en ruine. Situations et dialogues sont truffés de sous-entendus crypto-gays. On reconnaît les influences des auteurs, du « FLINGUEUR » de Winner au « GUET-APENS » de Peckinpah. « L’ALPAGUEUR » n’est hélas, pas aussi rigoureux : les seconds rôles sont uniformément faibles et sans réalité aucune, les dialogues (signés du parolier Jacques Lanzmann) sont émaillés de bons-mots incongrus et les blagounettes bien lourdingues de Belmondo tombent pour la plupart à plat, tant elles semblent appartenir à un autre film.

Par plusieurs détails pourtant, « L’ALPAGUEUR » retient tout de même l’attention. Sa froideur, la sinistrose systématique de ses repérages, ses choix bizarroïdes (l’absence totale de personnages féminins, le tueur rêvant d’acheter une île déserte, son étrange amitié avec le jeune voyou Patrick Fierry) et au bout du compte, un ton qui n’appartient qu’à lui. Dommage vraiment, qu’à trop se perdre dans des sous-intrigues fastidieuses, Labro n’ait pas fait de son film un face-à-face au sommet entre un super-mercenaire et un monstrueux tueur en série. Ses deux acteurs avaient la carrure pour hisser le scénario vers le haut. À part une bagarre à bord d’un avion bien insuffisante, ils n’en ont pas eu l’occasion.

ALPAGUEUR

BRUNO CREMER ET JEAN-PAUL BELMONDO

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« LE CARNAVAL DES ÂMES » (1962)

SOULS2« LE CARNAVAL DES ÂMES », série B fauchée réalisée par Herk Harvey, est devenu un film-culte avec les années, probablement grâce à sa foncière étrangeté et à l’influence qu’il a pu avoir sur un film comme « LA NUIT DES MOTS-VIVANTS » et toute sa nombreuse descendance.

Pourtant, ce n’est pas un film d’horreur banal et on peut même y déceler l’influence de… « L’ANNÉE DERNIÈRE À MARIENBAD » sorti l’année précédente. Bien sûr, depuis on a vu « SIESTA », « LE SIXIÈME SENS », « STAY » ou « LES AUTRES » et il n’est guère difficile à l’amateur de ‘ghost stories’ de deviner rapidement de quoi il retourne. Et la chute finale tombe complètement à plat, tant elle est téléphonée. Mais le film, par sa facture primitive, sa lenteur hypnotique, ses longues séquences hors-sujet (particulièrement celles avec le pénible Sidney Berger en voisin de palier pot-de-colle), ne cesse de dérouter, d’intriguer et il pose des questions sans prendre la peine de donner de réponses. Pourquoi, par exemple, l’héroïne devient-elle de temps en temps complètement invisible aux autres comme un fantôme et à d’autres semble-t-elle tout à fait normale ? On ne le saura jamais et là, le scénario ignore délibérément sa propre logique.

Constamment à l’image, Candace Hilligoss a un visage hanté et un regard angoissé qui donnent de la densité à son personnage d’organiste terre-à-terre et distante, progressivement entrainée dans les ténèbres. Sa présence est pour beaucoup dans l’intérêt qu’on porte au film, malgré ses défauts.

SOULS

CANDACE HILLIGOSS ET HERK HARVEY

Une BO crispante à l’orgue, des gros-plans bien cadrés, un joli travail sur la bande-son et un final bien délirant dans une salle des fêtes désaffectée créent une atmosphère unique, bizarre et on a beau s’ennuyer fréquemment, « LE CARNAVAL DES ÂMES » laisse en mémoire quelques plans indélébiles.

 

HAPPY BIRTHDAY, WALTER !

PIDGEON

WALTER PIDGEON (1897-1984), SECOND ET PARFOIS PREMIER RÔLE DISTINGUÉ, IL A TOURNÉ AVEC LES PLUS GRANDS RÉALISATEURS. UN PEU OUBLIÉ, AUJOURD’HUI.

 
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Publié par le 23 septembre 2017 dans ANNIVERSAIRES

 

JUNIOR IS COMING…

Eh bien, voilà ! Après plusieurs décennies d’éditions DVD hideuses recadrées ou en 4/3, « JUNIOR BONNER, LE DERNIER BAGARREUR » sort enfin en Blu-ray ! Malgré le titre français bien ringard, c’est un des rares films de Sam Peckinpah où la violence n’occupe qu’une place très mineure, voire inexistante.BONNER

Le film sort seulement aux U.S.A. le 31 octobre, chez Kino Classics, mais c’est déjà un premier pas pour sortir de l’ombre ce joli opus nostalgique de « Bloody Sam », situé dans l’univers en sursis du rodéo et interprété par Steve McQueen, Ida Lupino, Robert Preston, Ben Johnson et Joe Don Baker.

C’était l’ultime film introuvable du réalisateur et de l’acteur principal (puisque « UNE CERTAINE RENCONTRE » sort également ces jours-ci), ce qui va pouvoir combler les emplacements demeurés longtemps vacants sur les étagères des complétistes.

 

« DÉTOUR » (2016)

« DÉTOUR », écrit et réalisé par l’intéressant Christopher Smith (« TRIANGLE », « BLACK DEATH ») ne présente aucun rapport avec le classique du ‘film noir’ de 1945, même si on en voit un extrait-clin d’œil à la TV dans le présent film.DETOUR

« DÉTOUR » fait plutôt penser aux premières œuvres des frères Coen et recherche l’originalité non pas dans l’histoire elle-même, mais plutôt dans la manière de la raconter. La descente aux enfers de ce jeune garçon riche (Tye Sheridan) qui hait son beau-père et se laisse embarquer par un voyou (Emory Cohen) et sa copine (Bel Powley) dans un périple meurtrier, est narrée de façon extrêmement déroutante, mêlant passé et présent et donnant à penser qu’on suit deux versions différentes du même postulat en montage parallèle. On est donc accroché par cette incertitude permanente, par l’ambiance de ‘road movie’ et par la remarquable utilisation que fait Smith des objectifs à courte focale et du format Scope.

C’est donc très original et plaisant à suivre, mais le gros « hic » provient du casting de jeunes acteurs, gauches et sans aucune épaisseur, qui occupent l’espace pendant 90 minutes. Si Sheridan parvient à émerger plus ou moins, il n’en demeure pas moins très inexpressif. Cohen, déjà crispant dans « BROOKLYN », joue sur une seule tonalité, n’apportant aucune ambiguïté, aucun réel danger. Même chose pour Bel Powley en prostituée peroxydée et balafrée. Ils ne parviennent pas à donner vie à leurs personnages et à insuffler un peu d’humanité au processus.

Il n’en reste pas moins que Christopher Smith maîtrise l’image et le son à la perfection, qu’il a son univers maintenant bien établi et s’amuse avec brio des ruptures temporelles, des ‘twists’ et des effets-choc finement distillés. Espérons qu’il sera plus pointilleux sur le choix de ses comédiens la prochaine fois !

 

HAPPY BIRTHDAY, JOHN !

WOO

JOHN WOO, L’HOMME VENU DE HONGKONG POUR RÉINVENTER LE CINÉMA D’ACTION. UNE FIN DE CARRIÈRE ÉTRANGEMENT DÉCEVANTE…

 
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Publié par le 22 septembre 2017 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA INTERNATIONAL

 

BERNIE CASEY : R.I.P.

CASEY

BERNIE CASEY (1939-2017), EX-SPORTIF DEVENU UN BON SECOND RÔLE, VU DANS « L’ANTI-GANG » OU « JAMAIS PLUS JAMAIS ».

 
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Publié par le 21 septembre 2017 dans CARNET NOIR