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Archives Mensuelles: septembre 2017

« SOIS BELLE ET TAIS-TOI » (1958)

TAIS2S’il existe une raison – et une seule – de jeter aujourd’hui un coup d’œil distrait à « SOIS BELLE ET TAIS-TOI », c’est parce qu’il recèle la première rencontre à l’écran d’Alain Delon (23 ans) et Jean-Paul Belmondo (25 ans), alors seconds rôles inexpérimentés et quasi-débutants.

Pour le reste, Marc Allégret signe un avatar de Série Noire autour d’un gang de trafiquants de bijoux et de braqueurs, utilisant des « mômes » jouant aux caïds pour passer leur marchandise. Pourquoi pas ? Bien sûr… Mais le problème c’est que le film est entaché de comédie débile et d’une lourdeur terrible, représentée par un Darry Cowl en roue-libre complète, jouant (improvisant serait plus juste) un flic zézayant et incompétent qui prend une place anormale dans le scénario, alors qu’il n’est que le coéquipier du héros, le fade Henri Vidal. Celui-ci épouse Mylène Demongeot, délinquante mineure associée à la bande de petits voyous. Un salmigondis laborieux au possible, paresseusement filmé, faiblement dialogué dans un argot d’époque (« Ferme ton capot, toi ! »).

Si Demongeot parvient à être charmante et même touchante, si Roger Hanin est à peu près crédible en malfrat surnommé ‘Charlemagne’, si on retrouve avec plaisir Robert Dalban en commissaire atrabilaire, les futures stars des sixties sont vraiment au stade embryonnaire : Delon en petit frimeur à l’intelligence plus que limitée qui se fait bousculer ou tabasser à la première occasion et se laisse manipuler par sa fiancée. Et Belmondo en sympathique benêt serviable et pas bien malin non plus. On est très très loin de leur mythologie future ! Mais les apercevoir (ils n’ont pas de très grands rôles) côte à côte avec leurs têtes de gamins, vaut tout de même le déplacement.

TAIS

MYLÈNE DEMONGEOT, HENRI VIDAL, JEAN-PAUL BELMONDO ET ALAIN DELON

« SOIS BELLE ET TAIS-TOI » est donc à regarder d’un œil d’archéologue complétiste à l’extrême rigueur, mais sans plus. Si on aurait eu du mal à deviner l’avenir glorieux des deux compères, on s’étonne en revanche que Mylène Demongeot n’ait pas mené une carrière plus importante. Elle avait vraiment quelque chose.

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HAPPY BIRTHDAY, MICHAEL !

POWELL

MICHAEL POWELL (1905-1990), RÉALISATEUR AU STYLE TRÈS VISUEL ET POÉTIQUE, ADULÉ DES CINÉASTES DE LA GÉNÉRATION DE SCORSESE.

 
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Publié par le 30 septembre 2017 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

ANNE JEFFREYS : R.I.P.

JEFFREYS

ANNE JEFFREYS (1923-2017), ACTRICE ET CHANTEUSE, CONNUE AUX U.S.A. POUR LA SÉRIE TV « TOPPER » OÙ ELLE JOUAIT UN FANTÔME.

 
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Publié par le 29 septembre 2017 dans CARNET NOIR

 

« ALIEN : COVENANT » (2017)

Suite directe de « PROMETHEUS » (2012) située dix ans après, « ALIEN : COVENANT » confirme après seulement quelques minutes que le maestro Ridley Scott a bel et bien perdu sa « magic touch » et ce dernier opus fait repenser avec nostalgie au chef-d’œuvre de 1979 et à sa première sequel signée James Cameron.COVENANT

Le film démarre d’emblée par un long dialogue entre un androïde (Michael Fassbender) et son créateur (Guy Pearce qui apparaissait vieilli dans le film précédent), établissant la thématique générale de l’épisode : « Si c’est vous qui m’avez créé » demande le robot, « Qui vous a créé, vous ? ». À partir de là, le scénario malaxe, remixe, retourne les données de la saga dans une réflexion de plus en plus alambiquée et inintéressante sur les origines des aliens. Conclusion ? Il y a des moments où trop réfléchir nuit !

« ALIEN : COVENANT » souffre d’un casting extrêmement faible d’où ne ressort aucun personnage, pas même Katherine Waterston, pâle avatar larmoyant de ‘Ripley’. On entrevoit Noomi Rapace et James Franco non-mentionnés au générique. Seul Fassbender a un rôle – et même deux – à peu près développé. Il atteint même le Nirvana de l’acteur narcissique dans une scène où il s’embrasse lui-même sur la bouche !

Bien sûr, quelques paysages numériques sont magnifiques, la nécropole est superbe, mais les effets horrifiques sont gâchés par l’invasion de CGI. Les aliens bougent mieux que par le passé, c’est certain, mais en revanche, ils n’ont aucune épaisseur, aucune réalité et la trouille s’en trouve grandement amenuisée. Vraie déception donc que « ALIEN : COVENANT », film de SF bavard au scénario boursouflé qui fait regretter amèrement la simplicité des origines de la franchise. Après « CARTEL », « EXODUS » et « SEUL SUR MARS », le cas de Sir Ridley commence à devenir alarmant !

 

HAPPY BIRTHDAY, MICHELANGELO !

ANTONIONI

MICHELANGELO ANTONIONI (1912-2007), PILIER DU CINÉMA D’AUTEUR DES ANNÉES 60. « L’AVVENTURA » ET « L’ÉCLIPSE », INALTÉRABLES.

 
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Publié par le 29 septembre 2017 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ITALIEN

 

HUGH HEFNER : R.I.P.

HEFNER

HUGH HEFNER (1926-2017), CRÉATEUR ET ÉDITEUR DE LA MYTHIQUE REVUE « PLAYBOY », PRODUCTEUR DU « MACBETH » DE ROMAN POLANSKI.

 

« L’HOMME QUI RÉTRÉCIT » (1957)

SHRINKIl ne faut surtout pas se laisser berner par les faux-airs de série B fauchée aux effets spéciaux antédiluviens de « L’HOMME QUI RÉTRÉCIT » de Jack Arnold. D’abord parce que le scénario est signé du grand Richard Matheson, d’après son propre roman, ensuite parce que loin d’être un film d’horreur anecdotique, c’est une des plus effrayantes paraboles sur la maladie et l’au-delà jamais réalisée, bien avant « LA MOUCHE » de David Cronenberg tourné trois décennies plus tard.

Exposé à des radiations, un quidam (Grant Williams) commence à voir sa taille diminuer. Le phénomène progresse rapidement, jusqu’à ce qu’il atteigne l’infiniment petit. Si la première partie, quoique très angoissante, demeure classique et sans surprise, la seconde – dès qu’il se retrouve confiné dans la cave – prend des allures de ‘survival’ métaphysique. Aussi minuscule qu’une fourmi, notre héros affronte une araignée terrifiante qui prend des proportions mythologiques. Mais ce n’est toujours pas terminé et l’histoire continuera bien après le mot « FIN » puisque Matheson nous fait clairement comprendre que l’infini, vers le gigantesque ou le microscopique est… sans fin.

C’est un film vraiment prenant, intelligent et – à sa façon – réaliste. Arnold ne cède à aucun truc à effet du film de frayeur traditionnel et illustre sans réel point-de-vue une descente aux enfers qui se suffit à elle-même. L’insignifiance apparente de l’acteur principal rend son personnage universel. Il est tout simplement l’Homme, l’être humain, face aux mystères de la Création.GRANT WILLIAMS

Plusieurs séquences anthologiques (dont une poursuite avec le chat de la maison, devenu un fauve impitoyable) sont entrées dans les annales, mais « L’HOMME QUI RÉTRÉCIT », pour peu qu’on oublie son inévitable vieillissement, demeure une œuvre ambitieuse et abyssale. À redécouvrir en HD, même si celle-ci accentue les transparences et autres surimpressions d’un autre âge.