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« LE PARRAIN » (1972)

06 Sep
PARRAIN

AL PACINO ET MARLON BRANDO

« LE PARRAIN ». Stupéfiante destinée d’un film adapté du best-seller de Mario Puzo (pas d’une folle qualité littéraire, il faut bien le dire), rejeté par la critique à sa sortie, réalisé par un quasi-débutant, interprété par un mélange de novices et de has-beens et qui est fréquemment considéré aujourd’hui comme le plus grand film de l’Histoire de 7ème Art ou tout du moins dans le peloton de tête.PARRAIN3

Des ouvrages entiers sont consacrés au film, ses adeptes connaissent par cœur toutes les répliques, les patronymes du moindre figurant. Pourquoi ce phénomène unique ? D’abord et avant tout parce que Francis Ford Coppola a su transcender le matériau de base en une tragédie shakespearienne embrassant dans un même mouvement l’Histoire de l’Amérique du 20ème siècle en pleine mutation. Ensuite parce que cette saga de gangsters parle en réalité de la famille, de la corruption du pouvoir, de la transmission du Mal. Et enfin parce que portés par la grâce, le chef-opérateur (Gordon Willis), le musicien (Nino Rota) et un casting d’une justesse rarement atteinte, donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Il y a du roi Lear dans le personnage de ‘Don Corleone’, caïd sicilien sexagénaire implanté à New York dans l’immédiat après-guerre. Un chef de clan, un « caïd » mafieux impitoyable entouré de ses trois fils. Un roi à sa manière et ses héritiers, dont le successeur sera le moins susceptible a priori de saisir le sceptre. Le mot « mafia » n’est pas prononcé une seule fois, ce qui aide à envelopper le film d’une aura universelle. Le scénario avance par ellipses parfaitement maîtrisées en longs tableaux fourmillant de détails : le mariage de la fille Corleone, la guerre des gangs déclenchées par un rival, l’exil du plus jeune fils en Sicile, le déclin du vieux chef et finalement la vengeance sanglante du nouveau « parrain » qui délaisse les méthodes des anciens pour passer à un crime organisé sans règles ni garde-fou. Il y a quelque chose de très mystérieux dans l’addiction provoquée par ce film chez ses admirateurs. C’est une œuvre exceptionnellement dense, non dépourvue d’ironie sous-jacente, de répliques-culte (« Leave the gun, take the canolli », « I’ll make him an offer he can’t refuse ») et même d’émotion.

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FRANCO CITTI ET AL PACINO

À 46 ans, lourdement grimé, Marlon Brando trouve le rôle de sa vie avec ‘Don Vito’, chef magnanime et charismatique, si chaleureux et humain qu’on en oublie ce qu’il est réellement. Autour de lui, un assemblage extraordinaire : Al Pacino qu’on voit évoluer du jeune héros de la WW2 au « padrone » froid et désincarné, Robert Duvall en « consiglieri » diplomate et effacé, James Caan en fils aîné sanguin aveuglé par son tempérament, John Cazale en frère faible et pathétique, Al Lettieri en narcotrafiquant inquiétant, vivante image du futur de la pègre et Diane Keaton, Richard Conte, Richard Castellano, Sterling Hayden, il faudrait citer tout le monde.

« LE PARRAIN » dure trois heures et pour qui le revoit régulièrement, c’est un véritable piège, puisqu’il est impossible de le prendre en route sans aller jusqu’au bout. On y trouve toujours quelque chose, un détail, une attitude, un dialogue qui vient enrichir l’idée qu’on se faisait du film.

Une œuvre majeure du cinéma U.S., qui donnera naissance à deux suites dont la première tournée deux ans plus tard, tout aussi magistrale sans atteindre toutefois la séduction inaltérable et intemporelle de ce premier opus.

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DIANE KEATON, ROBERT DUVALL ET AL PACINO

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87 réponses à “« LE PARRAIN » (1972)

  1. Kinskiklaus

    6 septembre 2017 at 8 h 17 min

    Jolie chronique à l’enthousiasme communicatif. Allez, il est grand temps pour moi de découvrir enfin cette saga.

     
  2. Patrick

    6 septembre 2017 at 8 h 20 min

    A revoir mais j’avais beaucoup aimé, en plus j’ai le coffret DVD depuis au moins 5 ans.

    Je l’avais sous sa forme de feuilleton avec le 2ème.

     
  3. Kinskiklaus

    6 septembre 2017 at 8 h 30 min

    Besoin de votre aide pour acheter le DVD, les amis. Je rencontre un souci car la durée du film varie suivant les éditions. Personne ne semble être d’accord, suivant certains sites et les éditions DVD, on croise des durées variables : 175 min, 167 min, 178 min etc. Seule m’intéresse la version originelle sortie sur les écrans en 1972.

     
  4. walkfredjay

    6 septembre 2017 at 8 h 35 min

    Rassure-toi, il n’existe qu’un seul montage du film (la seule version augmentée est la fausse série télé, pas éditée en DVD, qui incluait les scènes coupées). Donc ce sont les éditeurs qui disent n’importe quoi. Ça arrive. La durée officielle est de 175 minutes.

     
  5. Kinskiklaus

    6 septembre 2017 at 8 h 39 min

    Ok, merci beaucoup. Je le commande de suite.

     
  6. Miguel

    6 septembre 2017 at 9 h 37 min

    Le film tourne vachement autour de la bouffe. Certaines scènes me donne carrément faim 🙂

     
  7. walkfredjay

    6 septembre 2017 at 9 h 38 min

    La fameuse recette de Clemenza ! 🙂 La pincée de sucre dans la sauce tomates !

     
    • Miguel

      6 septembre 2017 at 12 h 26 min

      Très juste, depuis je manque jamais d’en rajouter dans ma sauce bolognaise 🙂

       
  8. JICOP

    6 septembre 2017 at 13 h 53 min

    Tout comme Sergio Leone avait adapté un petit roman pour en faire une fresque dantesque et proustienne  » il était une fois en Amérique « , Coppola à partir d’un livre modeste à construit lui aussi un opéra splendide,, cruel et à la mélancolie sourde.
    C’est visuellement splendide, superbement interprété, les superlatifs manquent.
    Un des films de l’histoire dont on se dit que toutes les fées se sont penchées sur le berceau.
    Les scènes mémorables s’alignent telles des pépites, il n’y a rien à jeter.
    Heureux ceux qui vont découvrir ce film pour la première fois en essayant d’oublier tout ce qui a été dit dessus, les pastiches etc…
    C’est plus qu’un film sur la pègre. C’est un film sur le capitalisme destructeur, la désagrégation familiale face au pouvoir et l’argent.
    C’est Shakespeare et les Atrides souligné par Puccini.
    Un des films qui rappelle à ceux qui l’oublient que le cinéma est un art à part entière.
    Un monument.

     
    • Patrick

      6 septembre 2017 at 16 h 29 min

      Je savais que le Parrain était d’abord un roman de Mario Puzo mais je ne savais pas que Leone avait adapté aussi un roman d’après la fiche wiki de l’auteur le roman décrit sa vie d’ex-gangster.

       
  9. Daniel

    6 septembre 2017 at 17 h 25 min

    Vous avez tout dit sur ce remarquable film alors un petit bémol quand même : les trop nombreuses scènes tournées dans le noir , défaut reconnu par Coppola d’ ailleurs ! Sinon j’ ai toujours été surpris du choix de James Caan pour jouer un  » Corléone ». Il n’ a rien, mais vraiment rien d’ un italien ! J’ ai une petite préférence pour la suite ( composition mémorable de Robert de Niro ) mais je reste un inconditionnel de cette saga. Indémodable et probablement intemporel. Pour qui déteste les films de  » mafia » , l’ histoire du 20ème siècle a travers les péripéties de la « famille » est remarquable de justesse et d’ évènements authentiques, rien que pour ça il est nécessaire de voir cette trilogie .

     
    • walkfredjay

      6 septembre 2017 at 18 h 03 min

      En fait, je pense que Coppola a inversé les caractéristiques des personnages. Dans le roman, c’est Michael Corleone qui n’avait pas l’air italien du tout. D’ailleurs à l’origine, c’est Robert Redford qui avait été pressenti.

       
  10. Seb

    6 septembre 2017 at 18 h 23 min

    Pour ma part un film plombant, ennuyeux et un peu poussiéreux. Quand je tombe dessus à la TV, soit je m’endors soit je pouffe devant le jeu caricatural de Brando et l’approche très « folklorique » de Coppola sur la pègre italo-américaine – approche qui n’a certes pas été aidée par tous les clins d’oeil, pastiches et autres déclinaisons qui ont pullulé par la suite. Très surfait en ce qui me concerne et je trouve d’ailleurs le second volet nettement plus convaincant, plus complexe et moins stéréotypé. Quant au troisième, j’en garde un souvenir flou et n’ai jamais vraiment eu l’envie de le revoir.

     
    • Patrick

      6 septembre 2017 at 19 h 37 min

      Pour une fois ce n’est pas moi qui donne un avis contraire à Walkfredjay 😉

       
      • walkfredjay

        6 septembre 2017 at 20 h 00 min

        C’est vrai, Patrick ! 😀 Mais là, en l’occurrence, l’avis de Seb est en contradiction avec 98% de tout ce qui a pu ou peut encore être dit sur ce film, que ce soit en Europe ou aux U.S.A. ! Donc effectivement, à retenir pour sa rareté.

         
      • Seb

        6 septembre 2017 at 22 h 13 min

        Honnêtement, j’ai lu ou entendu plus d’une fois des propos similaires aux miens sur Le Parrain donc la mention de rareté me paraît un tantinet exagérée ! Et puis pas besoin de suivre systématiquement le troupeau, voyons… 😜

         
      • walkfredjay

        6 septembre 2017 at 22 h 22 min

        Non, bien sûr ! Ce n’est pas le genre de la maison… Mais j’avoue avoir très peu lu de mauvaises critiques du film, hormis celles datant de sa sortie que leurs propres auteurs ont rectifiées ensuite. D’où mon étonnement…

         
      • Seb

        6 septembre 2017 at 23 h 11 min

        Oui bien sûr, ma dernière phrase était essentiellement une boutade. 😉
        Le film avait été effectivement accueilli assez tièdement à sa sortie par certaines critiques en France, notamment le fameux Charensol qui avait asséné quelque chose du genre à son propos: « Ce n’est pas de la crotte de bique, mais de la bouse de mammouth ». Par la suite je ne sais pas trop, j’ai lu ou entendu plus d’une fois des phrases de type « roh Le Parrain, c’est chiant comme la pluie ça » même sortant parfois de la bouche de cinéphiles aguerris. Après si on se base sur les statistiques de l’IMDB ou même sur une opinion générale, sa réputation est plus que flatteuse, on ne peut le nier.

         
  11. Kinskiklaus

    6 septembre 2017 at 18 h 45 min

    Seb, c’est un peu le mec bourré qui débarque à un mariage ! Et vlan ! V’là c’que j’en fais, moi, d’vot’ parrain ! Un autre son de cloche, donc, de l’ami Seb. Curieux, sans l’avoir vu, j’ai toujours eu en tête les mêmes reproches. J’espère être étonné pour faire taire définitivement mes craintes.

     
  12. Daniel

    6 septembre 2017 at 19 h 04 min

    Dur..dur..le commentaire de Seb!  » le jeu caricatural de Brando » …alors moi qui n’ apprécie pas trop cet acteur , pour une fois je le trouve sobre et bien dirigé ( si on peut diriger Brando, bien sûr ), L’ ‘ approche folklorique de la pègre selon Coppola : oui c’ est vrai d’ ailleurs la Mafia a adoubé le film , ça veut tout dire ! Mais il faut aller au delà de tout ça pour apprécier ce  » chef d’ œuvre ».  » Film plombant, ennuyeux et poussiéreux ? Là j ‘avoue …je ne comprends pas , étant de ceux qui pensent qu’ il se bonifie avec le temps. Je ne pense pas que ce film glorifie la pègre ( ce sont tous des sacrés salopards sans foi ni loi , peu de gens sont recommandables dans ce film : ils sont le  » Mal » comme le dit Fred ) et comme pour  » Scarface » , il y a sans doute une mauvaise interprétation de ce que voulait démontrer le réalisateur. Ce film est un opéra glauque avec de fabuleux interprètes , il faut le prendre comme tel a mon avis !

     
  13. Daniel

    6 septembre 2017 at 20 h 32 min

    Et pour preuve de l’ implication de Brando : pour la voix , il imite un parrain de la mafia qu’ il a découvert pendant un procès visionné à la télé et c’ est l’ acteur Al Lettieri ( partenaire dans  » Sur les quais » ) qui l’ a coaché sur le plateau, ayant un membre de sa famille faisant partie de la pègre que Brando a d’ ailleurs rencontré. Pour Redford , c’ est surtout Robert Evans , le producteur, qui a essayé de l’ imposer à Coppola , histoire d’ avoir un acteur bankable , et devant le net refus de celui ci il tenta vainement d’ introduire Ryan O’ Neal ! Finalement , Evans a perdu tout contrôle sur le film devant la véhémence du réalisateur qui , heureusement pour lui, a eu le succès qu’ on lui connaît car je pense qu’ en cas d » échec, sa carrière se serait probablement arrété là.

     
    • walkfredjay

      6 septembre 2017 at 22 h 04 min

      À ce sujet (la voix), je me suis rendu compte que cette fameuse voix enrouée si souvent imitée n’intervient qu’après son retour de l’hôpital. En effet, une balle l’a touché à la gorge (on voit le pansement quand il regagne sa maison). La première partie du film, c’est la voix de Brando bien connue qu’on entend, avec une pointe d’accent indéfinissable.

       
    • Seb

      6 septembre 2017 at 22 h 29 min

      Pour répondre à Daniel je ne saurais expliquer exactement en quoi ce film me paraît « poussiéreux »… peut-être simplement le fait que ce genre d’histoires a été rabâché ad nauseam depuis au cinéma. Et je trouve aussi la mise en scène de Coppola extrêmement lente, pesante, assez sinistre (oui, toutes ces scènes dans l’obscurité que quelqu’un a mentionnées plus haut, je trouve que ça n’aide pas vraiment), rien qui ne me convainc vraiment là-dedans. Après je me contredis peut-être un peu car dans un registre similaire je trouve Il était une fois en Amérique magnifique, bouleversant, éblouissant (les superlatifs me manquent) et on ne peut pas dire que Leone adopte une cadence de TGV non plus là-dedans !

       
      • JICOP

        7 septembre 2017 at 11 h 37 min

        Oui mais voilà c’est bien ça le problème, Seb.
        Faire que les conséquences d’un culte puissent interférer dans ton jugement.
        Sur les films de mafia, il y a incontestablement un avant et un après  » parrain  » et avec tous les hommages obligés, mauvaises copies, empreints et j’en passe.
        Malgré cela, ce film reste une oeuvre magnifique.

         
  14. Corey

    7 septembre 2017 at 1 h 22 min

    Jamais vu. Pas trop ma « culture » ciné à la base, il m’a échappé. Il est tellement culte que je m’en méfie maintenant, depuis que j’ai enfin vu La horde sauvage, dont on m’avait tellement de bien…

     
  15. Kinskiklaus

    7 septembre 2017 at 8 h 39 min

    Nous sommes donc au moins deux sur cette Terre à ne pas l’avoir vu ! Quant à « La horde sauvage », même s’il ne s’agit pas de mon Peckinpah préféré, il n’en demeure pas moins excellent mais il m’a fallu un deuxième visionnage pour l’apprécier pleinement.

     
  16. Kinskiklaus

    10 septembre 2017 at 19 h 11 min

    Qu’ajouter de plus à la superbe chronique délivrée par l’ami Fred ? J’ai toujours fui ce film, pour deux raisons: on m’en avait trop parlé, tout le ramdam fait autour me rapprocha de l’overdose. Secundo, je ne suis guère un fana des films concentrés sur la mafia. Et je découvre donc cette immense oeuvre pour la première fois à 35 berges. C’est tardif, me direz-vous, au contraire, je pense que j’en ai savouré chaque instant car j’ai pris mon temps pour le découvrir (c’est le moins qu’on puisse dire), mais aussi car j’ai gagné en maturité. Je n’aurais pas apprécié ce film quand j’avais 18 ans, j’en suis à peu près certain. Donc, que dire… C’est ce que j’appelle « un film parfait ». Y a rien à jeter dedans. Rares sont les films qui vous hantent, celui-ci rentre dans cette case. Au delà des nombreuses scènes marquantes, c’est l’histoire qui nous happe littéralement. La musique, les compositions des différents comédiens, la lumière, le découpage du film, c’est simplement sublime. J’ai été frappé par la justesse des comédiens et si le jeu de Brando m’a agacé au début, il m’a fasciné dans la seconde partie du film. Je me méfie des films dits « cultes », souvent, j’en suis ressorti déçu. Ici, on a affaire à du cinéma haut de gamme, à une oeuvre qui marque comme seules peuvent le faire des œuvres littéraires. Du grand art, magistralement du grand Art. La vision de ce film, après celle de « Un autre homme une autre chance », m’a complètement fait changer d’avis sur James Caan. je l’ai fui comme la peste durant des années, un délit de sale gueule, sans doute, et je me rends compte à quel point c’est un grand comédien. Enfin bref, inutile de vous préciser que je viens de commander « Le parrain 2 ». J’oubliais, comme le mentionne Fred dans sa chronique, et ça contribue à l’aspect fascinant du film, on se prend parfois d’empathie pour certains personnages. Ça, c’est très fort !

     
    • JICOP

      10 septembre 2017 at 19 h 22 min

      Il n’est jamais trop tard mon Klaus.
      Bienvenue au club mon pote.
      Tu vois, tout le bazar autour du film, les pastiches et je ne sais quoi n’empêchent finalement pas de se concentrer sur l’essentiel: ce film est un monument du 7ème art.

       
    • walkfredjay

      10 septembre 2017 at 20 h 15 min

      Aaaah ! 😀 Heureux pour toi, Kinskiklaus ! Ça aurait été vraiment trop bête de passer à côté de ce moment exceptionnel.

       
    • Marc Provencher

      16 septembre 2017 at 20 h 14 min

      « Enfin bref, inutile de vous préciser que je viens de commander « Le parrain 2 ».

      Eh bien, crois-le ou non, ami KinskiKlaus, ‘LE PARRAIN 2’ est encore meilleur que le 1, ce qui tient du miracle vu que le premier est déjà un chef-d’œuvre. Par contre, contrairement à WalkFredJay, à moi et plusieurs autres malheureux, tu DOIS ABSOLUMENT résister à l’envie de voir ‘LE PARRAIN 3’, car c’est vraiment moins bon. N’ébrèche pas ton souvenir de ce puissant diptyque. .

       
      • Kinskiklaus

        16 septembre 2017 at 20 h 22 min

        Merci pour ton ressenti, Marc. Je « connais » bien la trilogie depuis longtemps, de réputation par diverses lectures ou autres discussions avec untel ou unetelle. Et effectivement, le troisième et dernier opus semble être le vilain petit canard de cette oeuvre. Mais honnêtement, après visionnage du deuxième dans quelques jours, serais-je assez fort mentalement pour résister à la découverte du troisième ? La tentation, cher Marc, pas facile de résister à la vilaine tentation… Tiens, je vais te raconter une anecdote. Un jour, ou plutôt, une nuit, je me baladais dans Paris avec 50 euros en poche. Cet argent était destiné à offrir un cadeau à l’un de mes proches. Vlatipa que je m’engouffre dans la rue Saint-Denis… Bon, je vous la raconterai une autre fois !

         
      • JICOP

        16 septembre 2017 at 20 h 28 min

        C’est ce qui s’est passé avec l’un des jeunes protagonistes d’ « il était une fois en Amérique  » .
        Ayant acheté une patisserie comme monnaie d’échange pour une relation charnelle avec une fille au grand cœur derriere une poitrine lourde , le chenapan n’a pu résisté à dévorer la patisserie en attendant la fille .
        Une des plus belles scènes du film .

         
  17. Kinskiklaus

    10 septembre 2017 at 20 h 41 min

    C’est terrible car le film ne cesse de me trotter dans la tête, comme si les personnages continuaient à exister. C’est rare pour un film, généralement, cela arrive pour une oeuvre littéraire. En même temps, c’est pleinement un « film littéraire ». Comme tu le mentionnes dans ta chronique, je pense qu’on a pas fini de découvrir des choses au fil des visionnages tant l’oeuvre s’avère être d’une immense richesse. Je le répète, ta chronique est tellement parfaite que je n’ai rien à ajouter, tu as tout dit, j’ai ressenti exactement les mêmes choses que toi. Juste un petit truc que tu n’as pas évoqué : la violence. En le regardant, j’ai été surpris par son intensité. Quand on replace le film dans l’époque à laquelle il fut tourné, je n’ai pas le souvenir d’avoir déjà vu un tel déferlement de sang à l’écran. Autre chose aussi, plus la bobine avançait, plus je pensais à son immense influence sur le cinéma qui vint après. Ouaip, Coppola n’a pas fini de compter le nombre de portes qu’il a ouvert avec son film. Allez les amis, après la trilogie, j’attaquerai « Apocalypse now ». Je vous l’ai dit, je prends toujours mon temps avec les films cultes !

     
    • JICOP

      10 septembre 2017 at 20 h 49 min

      T’as pris la première claque dans la gueule mon Klaus.
      La 2ème va venir avec le second volet…

       
    • Kinskiklaus

      16 septembre 2017 at 20 h 32 min

      Yep Jicop, je vois très bien de quelle scène sil s’agit. A sa place, j’aurais mangé la pâtisserie aussi !!! D’ailleurs, je fais partie de ceux (des rares ?) qui préfèrent la partie « enfance » de « Il était une fois en Amérique » à la partie « adulte ».

       
  18. Kinskiklaus

    10 septembre 2017 at 21 h 01 min

    J’ai hâte de me faire frapper ! Dernière chose, on cite rarement les monteurs. Je vais les citer : William Reynolds et Peter Zinner. Leur travail sur ce film est à mon sens inestimable.

     
  19. walkfredjay

    10 septembre 2017 at 21 h 02 min

    Tout à fait d’accord. Encore plus impressionnant sur le n°2.

     
  20. Daniel

    10 septembre 2017 at 21 h 48 min

    Tes sensations , Kinskiklaus , ont été les miennes quand j’ ai découvert ce film moi aussi sur le tard ..et depuis il ne se passe pas une année sans que je ma fasse au moins les deux premiers ! James Caan ( encore meilleur dans  » Le solitaire » ) est le genre d’ acteur que j’ affectionne , le  » bad boy » classique du cinéma américain de toute époque ! Ses propos sur le cinéma sont toujours intéressants et il est réputé pour accorder autant d’ importance a un figurant qu’ a un grand partenaire. Entre deux films il participait a des compétitions de rodéo pour garder le contact avec les vrais gens. Son dernier fait d’ armes récent : avoir tiré sur un véhicule qui l’ avait pris en chasse et où se trouvait quatre jeunes  » rappeurs ». Le vieux  » Sonny » , faut pas l’ embêter quand il se promène !! Sinon , de gros problèmes d’ argent ( son agent est parti avec sa fortune ) l’ ont  » obligé » a tourner tout et n’ importe quoi pour se remettre à flots et il n’ a jamais retrouvé son  » aura » passé. Dommage …il en avait du talent, le bougre !  » Œuvre littéraire » ? Oui c’ est ça ou  » œuvre d’ art » ..en dehors du  » Parrain » , je n’ ai eu cette sensation et dans un tout autre genre que pour  » Barry Lyndon ».

     
  21. Kinskiklaus

    10 septembre 2017 at 22 h 02 min

    Absolument, Daniel, même sensation aussi avec « Barry Lyndon ». De rares autres exemples me reviendront plus tard. Ecoute, James Caan, je suis complètement passé à côté. Déjà gamin, je n’aimais pas sa tête. Plus encore, son image de « dur » au cinéma m’a plus éloigné de lui que rapproché. J’ai dû le voir dans quatre ou cinq films. J’avais aimé son interprétation dans « Misery » mais je n’avais pas creusé plus avant. Non, c’est vraiment ma vision récente du film de Lelouch, « un autre homme, une autre chance » qui a fini par me réveiller. Ce qu’il y a d’intéressant dans le film que je viens de citer, c’est qu’il y joue un rôle loin de ce qui a fait sa gloire, tout le contraire d’un gros dur, un homme simple, gentil etc. C’est à cet instant que j’ai enterré mes à priori sur lui et que j’ai vu à quel point il pouvait être bon. Et moins de dix jours après, enchaîner avec « Le Parrain », ça a été un réel enchantement. Et oui, la réputation de James Caan sur les plateaux semble être exemplaire. J’avais déjà lu ici ou là des choses à ce sujet et une interview de Lelouch va dans ce sens également : un vrai gentleman.

     
  22. Corey

    10 septembre 2017 at 23 h 22 min

    Bon, alors à 46 ans, je dois être le dernier à ne pas avoir vu Le parrain… Va falloir que je m’y mette !

     
  23. Kinskiklaus

    10 septembre 2017 at 23 h 29 min

    Oh l’aut’, hé, il a pas encore vu l’parrain ! Oh la loose !

     
  24. Kinskiklaus

    12 septembre 2017 at 10 h 53 min

    Enfermé dans ma phase Brando, je m’apprête à acheter « Le dernier tango à Paris », encore un film culte que j’ai fui jusqu’à maintenant. En un mot, que pensez-vous de ce film ?

     
    • walkfredjay

      12 septembre 2017 at 11 h 09 min

      À voir pour Brando quasiment dans son propre rôle, pour la photo sublime. En oubliant les scènes avec Jean-Pierre Léaud et le jeu disons… brut de décoffrage de Maria Schneider. Pas mon Bertolucci préféré, mais c’est à voir, quand même.

       
    • JICOP

      12 septembre 2017 at 11 h 12 min

      Superbement réalisé avec un Brando implique emotionnellement et physiquement.
      C’est une oeuvre hantée par la mort dans un Paris crépusculaire.
      Encore un film qu’il vaut mieux voir en oubliant tout ce qui a pu être dit dessus.
      Cela devrait te plaire, il y a une vraie dimension littéraire qui enveloppe l’oeuvre.

       
  25. Kinskiklaus

    12 septembre 2017 at 11 h 18 min

    DVD commandé, je pense aussi qu’il me plaira. Merci pour vos retours les amis !

     
    • Daniel

      12 septembre 2017 at 18 h 11 min

      Si jamais ça t’ intéresse , la version intégrale d’  » Apocalypse Now » passe Dimanche soir sur Arte suivi d’ un documentaire sur le tournage du film. Je vais peut être me laisser tenter ( n’ ayant pas aimé ce film lors de ma première vision ) mais il faut prévoir de garder les yeux ouverts une partie de la nuit( jusqu’ à deux heures du mat, me semble t-il ).

       
      • walkfredjay

        12 septembre 2017 at 18 h 17 min

        Ce n’est pas vraiment un montage intégral mais une version alternative du film (un « redux »), pas forcément plus intéressante que l’originale, mais comprenant des séquences entières jamais vues, dont la fameuse de la plantation française avec Aurore Clément. En fait, je n’ai jamais su vraiment quoi penser de ce film ! À retenter, peut-être…

         
      • JICOP

        12 septembre 2017 at 18 h 40 min

        A voir cette version Daniel.
        Elle se rapproche sur la longueur vers une des influences de Coppola: Homere, ‘et le voyage d’Ulysse dans  » l’odyssée « .
        Un voyage dantesque sur plus de 3 heures.
        Quand au documentaire  » au coeur des ténèbres « , il relate formidablement bien l’incroyable tournage aux Philippines et les nombreuses péripéties rencontrées par Coppola et l’équipe du film.

         
    • Kinskiklaus

      16 septembre 2017 at 18 h 15 min

      Je déteste sortir de la projection d’un film avec le cul entre deux chaises. Je viens de voir « Le dernier tango à Paris ». Je ne sais même pas par où commencer. Par là : Durant une bonne heure, je me suis rongé les ongles, j’ ai compté les lignes de mes mains, admiré le papier-peint et la trotteuse de l’horloge. Durant une bonne heure, je me suis demandé quelle était cette merde que j’étais en train de regarder. Puis dans la seconde partie, je me suis laissé ennivrer dans une sorte de barque hypnotique, certes, en baillant toujours un peu, mais avec mon cerveau constamment attaché à l’intrigue développée derrière l’écran du téléviseur. Je ne sais pas quoi penser de ce film, j’ai trouvé que Maria Schneider est assez transparente, que certains dialogues nageaient dans l’indigence, que certaines scènes desservent le récit mais plus que tout, je dis bien plus que tout, deux éléments ont littéralement gâché mon plaisir vain: la musique de Gato Barbieri, absolument inadéquate dans de multiples scènes, notamment durant la première heure du film et deuxième point ultra négatif, la présence de Jean-Pierre Léaud et de son jeu tout bonnement insupportable. Son jeu sonne faux, sa gestuelle itou, même sa tête est une erreur de la nature. Pas de surprise, il gâche absolument tous les films qu’il touche depuis qu’il a osé sortir de l’adolescence. C’est possiblement un comédien de théâtre honorable, le problème c’est que Môssieur n’en fait qu’à sa tête et qu’au lieu de monter sur les planches, Môssieur vient nous emmerder au cinéma avec son jeu d’une nullité sans égale. Le XXe siècle aura vu naître deux infamies : la bombe atomique et Jean-Pierre Léaud. Bref, passons aux points positifs avant que je ne déclare un ulcère. Marlon Brando écrase tout sur son passage. Il bouffe tous les comédiens, il bouffe l’histoire, la recrache, la vomit et se la ressert au dîner. Il crève l’écran, son côté animal, sa violence physique, verbale, émotionnelle, tout est Brando dans ce film. Pas de Brando, pas de film. Je suis très heureux de ne m’intéresser à sa légende que tardivement dans ma vie. Je l’évitais soigneusement depuis mon adolescence, je me méfie toujours des mythes, et je suis tombé amoureux fou de cet homme. Il faut voir la scène de son monologue, dans la chambre mortuaire, seul face au corps de sa femme suicidée. Tout le génie de l’acteur se devine, mieux, se voit, dans cette scène. Je citais tout à l’heure des dialogues nageant dans l’indigence. C’est vrai, mais ce serait oublier de dire que d’autres dialogues, ou monologues, se révèlent d’une immense beauté littéraire. Autre point positif, j’ai aimé la façon qu’eut Bertolucci de filmer Paris. Loin d’un Paris touristique et des images d’Épinal, il choisit, volontairement je pense, de filmer des coins de la ville totalement impersonnels, banals, inconnus ou presque pour qui ne connaît pas Paris. Un peu à l’image des deux protagonistes qui ne se dévoilent pas leur prénom, Paris aussi est filmé de manière anonyme. Voilà, je ne sais pas trop quoi penser de ce film, il m’a subjugué par moment, ennuyé à bien d’autres. Il me trotte encore dans la tête. Je vais faire un vœu: qu’une édition director’s cut sorte dans le commerce: sans Jean-Pierre Léaud. Bertolucci n’aura qu’à le remplacer numériquement par Jar Jar Binks, ça fera l’affaire.

       
      • walkfredjay

        16 septembre 2017 at 18 h 31 min

        Je me sens moins seul… 🙂

         
      • JICOP

        16 septembre 2017 at 18 h 35 min

        Bon retour mon Klaus .
        Je retiens un  » il me trotte encore dans la tete  » qui est pour moi un formidable indice pour signifier qu’un film imprime durablement la rétine et le cerveau .
        C’est vrai que Léaud fait du Léaud ( Fred t’avait prévenu ) et c’est sans doute pour cela que Bertolucci l’a engagé .
        Pour Brando tu as tout dit ; capable de tout et  » le dernier tango …  » le prouve une fois de plus , et c’est pour cela que je l’aime .
        Il a clairement reproché à Bertolucci de l’avoir mis à nu émotionnellement et fait sortir des choses enfouies en lui ; parlant meme de viol psychologique .
        C’est un film difficile , apre , amer et mortifère mais il a marqué l’histoire du cinéma .
        Continue avec le grand Marlon , il y a encore sans doute des pépites que tu n’as pas vues (  » Queimada par exemple ? )

         
      • walkfredjay

        16 septembre 2017 at 18 h 53 min

        Et dire que le « TANGO » avait été écrit à l’origine pour Trintignant et Dominique Sanda !

        Et oui, « QUEIMADA » est un superbe film, un des grands rôles de Brando, et il mériterait une édition en Blu-ray.

         
      • Kinskiklaus

        16 septembre 2017 at 18 h 52 min

        « Je me sens moins seul… 🙂 » D’accord Fred, mais retire ta main stp, on nous observe !

        Oui Jicop, il met trotte encore dans la tête et je considère cela aussi comme un bon signe. Il me reste quasiment tout à découvrir de Brando, même « L’équipée sauvage », je ne l’ai jamais vu, c’est dire ! J’aimerais beaucoup me plonger dans une de ses bios, simplement, je me demande si au moins l’une d’entre elle vaut le coup, en français ? Si vous avez un bon tuyau, je suis preneur !

        Pour en terminer avec « Le dernier tango à Paris », si on nous bassine tout le temps, encore aujourd’hui, avec la scène du beurre, j’avoue avoir été bien plus surpris par la scène du doigté anal « dans » Marlon Brando, je considère cette séquence comme la plus marquante du film, sexuellement parlant. Hormis ça, le film vaut bien mieux que tout ce que la plupart des journalistes ont retenu. Vraiment, je ne sais pas quoi penser du film. Ah, s’il n’y avait pas ce satané Léaud et ses séquences inutiles et irritantes, je le reverrais avec plaisir. J’aimerais bien savoir si le film fut tourné dans l’ordre. J’ai vraiment constaté qu’il s’améliorait, notamment au niveau du jeu de Maria Schneider, au fur et à mesure que le temps passait, comme si cela était directement lié au fait que les comédiens s’étaient apprivoisés.

         
  26. Kinskiklaus

    12 septembre 2017 at 18 h 37 min

    « En fait, je n’ai jamais su vraiment quoi penser de ce film ! » Au moins, tu es cohérent avec toi-même dans la mesure où tu ne l’as jamais chroniqué. Je l’ai commandé en début de semaine, je verrais bien sur le vif ce que j’en pense. Le problème, avant même de le voir provient des nombreuses histoires liées au tournage rabâchées par les journalistes ou des spectateurs. je me méfie toujours des films qui regorgent de légendes de tournage, souvent, ces légendes sont plus intéressantes que le film lui-même…

     
    • JICOP

      12 septembre 2017 at 18 h 44 min

      La leçon du  » parrain  » ne t’a pas suffit.
      De toute façon, si tu es dans ta phase Brando, impossible de passer outre ce monument.

       
      • Kinskiklaus

        12 septembre 2017 at 19 h 13 min

        J’ai pris la version longue, ainsi, avec la présence de la sublime Aurore Clément, je suis certain de n’être pas totalement déçu.

         
    • walkfredjay

      12 septembre 2017 at 19 h 03 min

      Je l’ai revu plusieurs fois… Il y a de beaux passages, des images inoubliables… Mais même Brando, je ne suis jamais parvenu à décider si je le trouvais génial ou insupportable dans le rôle de Kurtz. Il faut que je le revoie et que je tranche une bonne fois pour toutes ! 🙂

       
    • JICOP

      12 septembre 2017 at 19 h 25 min

      Excellent choix même s’il faudrait voir la version d’origine au préalable.
      Les deux versions sont bonnes mais la version redux à quelque chose d’hypnotique par moments comme si le temps se diluait pour les protagonistes au fur et à mesure du voyage sur ce Styx.
      J’ai hâte d’avoir ton retour.

       
    • Kinskiklaus

      16 septembre 2017 at 19 h 00 min

      « Queimada »…Merci les gars, je vais me renseigner. Pour vraiment en terminer avec « Le dernier tango à Paris », j’ai une pensée ému pour le comédien Armand Abplanalp (à vos souhaits !). Il joue le rôle du client de la prostituée qui vient sonner chez Brando à 4 heures du matin. Brando refuse de lui ouvrir et le client s’éloigne. Brando le rattrape et le jette avec une violence inouïe contre un mur, puis un autre mur. Sans trucages. J’ignore si vous avez la scène en tête, mais je ne peux m’empêcher de penser à ce pauvre comédien qui a surement dû passer beaucoup de temps chez l’ostéopathe après la tournage de ladite scène.

       
      • JICOP

        16 septembre 2017 at 19 h 32 min

        En v’là qui aurait pu choisir un nom d’artiste , ça n’aurait pas été du luxe .
         » Queimada  » est un bijou très dur à trouver ou Brando est superbe et parfait dans un role d’agent fouteur de merde sur une ile coloniale Portugaise .
        Un score envoutant de Morricone et un scénario politique de Franco Solinas .
        A voir !!

         
  27. JICOP

    12 septembre 2017 at 19 h 31 min

    Brando est inoubliable dans ce film.
    On le voit peut être 20 minutes et il hante le film du début à la fin.
    C’est curieux Fred que tu n’adheres pas plus que ça car je trouve beaucoup de similitudes entre  » Aguirre  » et  » Apocalypse now  »
    Cette étrangeté, ce côté hypnotique d’un voyage vers la folie emportant les personnages au fur et à mesure de leur avancée.

     
    • walkfredjay

      12 septembre 2017 at 19 h 47 min

      Je sais ! Ça m’avait d’ailleurs agacé, ces similitudes. Il y a même un ou deux « hommages » directs, dans mon souvenir, comme ce soldat transpercé par une flèche qui bascule dans l’eau en disant quelque chose d’incongru. Mais Coppola est arrivé APRÈS Herzog.

      Non, je ne sais pas pourquoi je n’adhère pas. Je ne déteste pas le film, mais il ne me touche pas, ne m’exalte pas, ne me fait pas réfléchir comme a pu le faire « AGUIRRE ». Je retenterai. Sait-on jamais ?

       
      • Kinskiklaus

        12 septembre 2017 at 20 h 00 min

        Coppola a-t-il déjà explicitement nommé « Aguirre » comme possible influence ?

         
    • Kinskiklaus

      16 septembre 2017 at 19 h 43 min

      « Un score envoutant de Morricone et un scénario politique de Franco Solinas .
      A voir !! » Politique ou militant ? Moi, j’m’en fiche, c’est l’ami Marc qui me serine ça !

       
      • JICOP

        16 septembre 2017 at 19 h 54 min

         » qui nous serine ça  » !!!!  »
        Chez Bertolucci et son  » Novecento  » justement .

         
      • Marc Provencher

        16 septembre 2017 at 21 h 57 min

        « La tentation, cher Marc, pas facile de résister à la vilaine tentation…»

        Ah ouais, je sais bien. Ne m’en parle pas. C’est ainsi que j’ai vu ‘RETOUR DE LA RIVIÈRE KWAI’ et ‘TERMINATOR GENYSIS’ et des tas d’autres trucs gâchant la sauce qui les avait précédés. J’ai même lu – mais pas vu, puisque Dieu soit loué elle n’a pas été portée à l’écran – la très, très, très mauvaise suite que William Goldman a donnée à son roman ‘MARATHON MAN’. Et encore aujourd’hui, je le regrette ! .Je m’en mords les pouces ! Si j’aurais su, j’aurais pas v’nu !

         
  28. JICOP

    12 septembre 2017 at 20 h 20 min

    Je ne me souviens pas précisément d' »Aguirre » mais il aime beaucoup Herzog qu’il cite dans une interview.

     
  29. Daniel

    12 septembre 2017 at 20 h 30 min

     » redux »..je ne connaissais pas ce mot! Ca veut dire quoi une  » version alternative ? Sinon , du peu de souvenirs que j’ ai gardé de ce film , Brando m’ agaçait vraiment, j’ avais l’ impression qu’ il en faisait des tonnes . Eastwod et McQueen avaient été contactés pour jouer ensemble , l’ un a refusé cause de tournage trop éloigné , l’ autre pour cause de gros sous selon Coppola ou pour ne pas rater la remise des prix scolaires selon la femme de Coppola ! Finalement ils ont sans doute bien fait de ne pas s’ embarquer dans cette galère d’ après ce qu’ on a pu entendre et peut être voir dans le documentaire.

     
  30. walkfredjay

    12 septembre 2017 at 20 h 37 min

    Ça veut dire « nouvelle formule ». D’ailleurs c’est le titre de cette version : « APOCALYPSE NOW : REDUX ».

     
  31. Zach

    12 septembre 2017 at 22 h 15 min

    « avec la présence de la sublime Aurore Clément »….
    Qui nous gratifie ici d’une belle scène dans le plus simple appareil.
    Donc il n’y a aucune raison que tu sois déçu du voyage, Kinskiklaus….

     
    • Kinskiklaus

      16 septembre 2017 at 22 h 26 min

      Bonsoir Zach, je ne me souviens pas t’avoir déjà vu ici (mas je peux me tromper, dans ce cas, excuse-moi), par contre, je vois que ma réputation n’est plus à faire. Et dire que dans la vraie vie, j’écris des poèmes et que je suis très attaché au romantisme… J’ai reçu le DVD et jugerai sur pièces dans le courant de la semaine prochaine. Pour ceux que ça intéresse, « Apocalypse Now » sera diffusé demain soir sur ARTE et sera suivi d’un documentaire consacré au tournage du film.

       
  32. Daniel

    12 septembre 2017 at 22 h 15 min

    Nouvelle formule ? curieux comme présentation mais  » version alternative  » ? Qu’ est ce que ça veut dire ? Je n’ arrive pas à suivre avec tous ces mots . Du coup il vont pouvoir nous faire le coup pour toutes les nouvelles sorties des films récents. Sinon , merci du renseignement, Fred !  » Redux » , je sens que je la ressortirais cette…formule !

     
  33. walkfredjay

    12 septembre 2017 at 22 h 18 min

    Quand je dis « alternative », c’était pour expliquer que la version « redux » ne remplace pas l’originale, mais se présente comme une autre vision. L’une n’annule pas l’autre. Personnellement, je crois que j’avais tout de même préféré la première.

     
  34. Kinskiklaus

    18 septembre 2017 at 17 h 11 min

    Vous l’attendiez avec impatience (ouiiiiiiiiiii ! hurlent-ils tous en choeur), eh bien, voici mon avis sur « Apocalypse Now » que je viens de voir à l’instant. Pas un chef-d’oeuvre. Pas même un très bon film. J’estime que c’est un bon film, duquel j’émettrais quelques réserves. Comme on dit par chez moi, en Picardie : A force de vouloir péter plus haut que ton cul, tu finiras par te faire dessus. C’est ainsi que Coppola s’est fait dessus. C’était donc ça, « Apocalyspe Now », le film culte, le chef d’oeuvre, le tous les superlatifs du Monde ? Plans sublimes, photographie de premier rang, une histoire plus qu’intéressante. Là dessus, c’est indéniable. Les comédiens, maintenant. Ils remplissent tous leur rôle, font le job, sans plus. Mention spéciale à Robert Duvall qui selon moi, tire son épingle du jeu, tant et si bien qu’il m’a fallu cinq bonnes minutes avant de m’apercevoir qu’il s’agissait de lui. Harrison Ford, encore presque inconnu, est quasiment méconnaissable et apparaît ,chose rare, sans ses tics habituels. Martin Sheen, pas transcendant, les autres comédiens au diapason, notamment son équipage. Dennis Hopper, comme trop souvent, en fait des tonnes. Marlon Brando. Oui, MARLON BRANDO ! Il peut remercier le chef opérateur du film pour les jeux d’ombres effectués sur son corps et sur son visage. Aussi crédible et impliqué que le dernier Steven Seagal sorti en DTV. Mention spéciale également à la narration dite par Sheen, comme quoi, il a davantage ébloui mes oreilles que mes yeux. Tellement de choses à dire… L’abus risible de fumigènes, de pétards et autres fusées. Par moment, j’avais l’impression que Coppola filmait la fête foraine de Trifouillis-les Oies. Les scènes marquantes succèdent à d’autres scènes parfaitement inutiles (notamment les scènes avec les Bunny’s girls). La musique pompe allègrement le groupe Popol Vuh, d’aileurs, j’ai décelé dans ce film de nombreux clins d’œil, voire des emprunts au film de Werner Herzog, « Aguirre ». Mais contrairement à son aîné, et c’est le plus gros reproche que je ferais à l’endroit d' »Apocalypse Now », c’est son manque d’âme, son manque d’émotion. Et si la folie était palpable dans « Aguirre », on ne fait que l’effleurer ici. Avec « Aguirre », le spectateur que je suis se retrouvait plongé en immersion alors qu’ici, à aucun moment je ne me suis senti concerné par les aventures qui se déroulaient sous mes yeux. Comme si l’imposant budget avait réduit à néant tout sentiment humain. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, c’est déjà ça (3h15 quand même, version Redux). Vous savez quoi ? C’est la scène de la plantation française, visible seulement dans cette version, que j’ai le plus aimée dans ce film. Je trouve que le film trouve sa raison d’être dans la scène où ils se retrouvent à table et parlent de la guerre et des intérêts de chaque pays, français et américain. Oui, c’est un bon film. Oui, la poésie, le trip, l’existentialisme, la métaphysique, la littérature, l’aspect biblique, tout ça, je veux bien l’admettre, très bien. Mais, et pour conclure, « Apocalypse Now » m’a laissé sur la même impression que « The Revenant » : Manque d’âme et trop clinquant pour être honnête.

     
    • JICOP

      18 septembre 2017 at 17 h 34 min

      C’est con.
      Coppola aurait dû chier son film avec le chef opérateur de  » l’inspecteur Derrick  » ( Otto reckerschmidt) , ça aurait fait sûrement moins fête foraine.
      Et puis une mise en scène inspiré par Jacques Doillon avec des plans de jungle shootés au jardin des plantes, le public aurait adoré.
      Et puis David Hasselhoff dans le rôle de Willard, Michel Galabru dans le rôle de Kurtz.
      Pour la musique, Yvette Horner aurait fait l’affaire.
      Qu’il est con ce Coppola à se rendre malade pour ça.
      Heureusement qu’il y a des cinéastes inspirés aujourd’hui ( Besson va sûrement nous gratifier bientôt d’une oeuvre surclassant ce film surestimé).
      D’ailleurs il s’en est fallu d’un cheveu que la palme d’or échappe à Coppola car l’amatrice de farine Françoise Saga tirait la tronche.

       
  35. Kinskiklaus

    18 septembre 2017 at 17 h 51 min

    Attends, j’ai jamais dit que c’était un mauvais film, loin de là ! J’ai juste exprimé mes ressentis personnels. Et si tu veux savoir, je l’ai trouvé mille fois supérieur à « Scarface » !

     
    • JICOP

      18 septembre 2017 at 18 h 02 min

      Hé ben !!
      J’espère que  » Scarface  » te paraît quand même supérieur ( même légèrement) à  » Amazone  » par exemple.
      Dans le cas contraire, je t’envoie un véhicule tout blanc avec des messieurs à l’intérieur qui s’occuperont bien de toi.
      Il faut que tu te reposes, tu es fatigué.
      L’intégrale Lelouch, ça use tu sais 😉

       
      • Kinskiklaus

        18 septembre 2017 at 18 h 21 min

        « Amazone », peut-être pas, mais à la rigueur, je préfère à Scarface le téléfilm « L’aîné des Ferchaux » avec Bébel et Samy Naceri. Tiens, prends ça dans les dents, l’affreux !

         
      • JICOP

        18 septembre 2017 at 18 h 31 min

        J’aurais fait le maximum.
        A part un exorcisme en bonne et due forme, je ne peux plus rien pour toi.
        J’appelle le père Karras…

         
  36. Kinskiklaus

    18 septembre 2017 at 17 h 54 min

    Et tu m’excuseras, Galabru aurait fait surement un très bon Kurtz ! Honnêtement, dans « Apocalypse Now », l’œil de Brando ne brille pas contrairement à d’habitude et on le sent peu impliqué. Il a touché son gros chèque et a l’air de se se foutre complètement de son rôle. n’importe qui aurait pu incarner son personnage, même Sim !

     
    • JICOP

      18 septembre 2017 at 18 h 08 min

      Évidemment pas d’accord.
      Brando envoûte le film dès la présentation de la mission avec sa photo jeune.
      Il hante le film de sa puissance, de sa force.
      Danny Boon à pompe Coppola dans la scène des  » ch’tis  » ou Galabru singe Brando dans une semi-obscurite en prononçant  » le Nooooooord « .

       
      • Kinskiklaus

        18 septembre 2017 at 18 h 18 min

        Oui, pas d’accord ! Ce n’est pas Brando qui envoûte le film dès le début, c’est l’aura mystérieux planant au dessus du personnage qu’il incarne. Un peu à la manière du Docteur Gang dans l’inspecteur Gadget, sauf que lui, on ne le voit jamais, et c’est bien mieux comme ça. Non, non non et non, saperlipopette.

         
    • Kinskiklaus

      18 septembre 2017 at 18 h 34 min

      D’accord, d’accord, je rends les armes. Attends, je vais chercher la vaseline et le crucifix. C’est bon, j’suis prêt.

       
  37. Daniel

    18 septembre 2017 at 22 h 19 min

    Globalement , je suis du même avis que Kinskiklaus ! Un film à voir…et puis voilà! Toujours pour défendre notre ami , Brando n’ était absolument pas impliqué dans ce film car arrivé sur le tournage il ne connaissait ni le script ni même l’ histoire du film et Coppola a du s’ astreindre à le briefer à chaque scène et non content de venir avec 40 kilos supplémentaires par rapport au moment où Coppola lui avait demandé de maigrir ( soit trois mois avant le tournage ) il est parti dans un délire et imposa un long monologue incompréhensible dont une grande partie a été coupée au montage. La composition de Brando doit tout à l’ éclairagiste qui devait cacher son embonpoint et son visage boursouflé ….du coup on a une scène culte! Coppola a dû se résigner à prendre Martin Sheen après le désistement successif de McQueen , Pacino et Eastwood et afin de rentrer dans son budget ( l’ arrivée d’ une des trois stars aurait permis d’  » améliorer l’ ordinaire » ) ! Et puis Dennis Hopper ( j’ ai jamais compris que personne n’ ait pensé à lui mettre deux bonnes baffes pour lui réactiver les neurones ) qui depuis  » Easy Rider » criait sur tous les toits qu’ il était le meilleur acteur du monde et qu’ Orson Welles était bien petit par rapport à lui ( Coppola avait pensé à Welles pour tenir le rôle de Kurz ) s’ est lamentablement comporté durant tout le tournage. Brando a été un génie en son temps puis après  » Le Parrain » c’ est devenu une fumisterie qui ne vivait que par son  » aura »….et il s’ en régalait ! Kinskiklaus a encore raison quand il dit ( dans d’ autres termes) que Coppola a voulu faire le film » parfait » et qu’ il s’est noyé dans la grandiloquence à se demander même s’ il savait ce qu’ il faisait ( n’ oublions pas ses délires parano mégalo suicidaire sur le tournage ) et le fait qu’ il ait pu finir son œuvre et en faire quelque chose de plus ou moins compréhensible est un exploit ! Je n’ ai pas beaucoup aimé ce film lors de ma première vision et non plus lors de la seconde , dans le genre je vais rester sur  » Platoon » ! Mais , et je me répète ..un film a voir , pour son prestige !

     
    • Kinskiklaus

      18 septembre 2017 at 22 h 38 min

      Merci pour ton soutien, Daniel ! Tu passeras prendre tes 50 euros, comme convenu !

       
  38. walkfredjay

    18 septembre 2017 at 22 h 25 min

    Harvey Keitel avait tourné quelques jours dans le rôle de Willard avant de se faire virer comme un malpropre et remplacer par Sheen…

     
  39. Kinskiklaus

    18 septembre 2017 at 22 h 45 min

    Ah oui j’étais au courant pour Keitel. Décidément, il n’aura pas eu de chance avec certains tournages. Une légende tenace prétend qu’il s’était fait virer du plateau d’Eyes Wide Shut pour cause d’éjaculation sur Nicole Kidman. Une légende, quoi, n’empêche qu’il s’est fait virer quand même. Heureusement, les grands réalisateurs ne l’ont pas tous rejetés, la preuve, il sera prochainement à l’affiche du premier film d’Amanda Sthers, au casting duquel figureront, dans des rôles secondaires, Sonia Rolland et Alexis Vizorek… J’ai envie de pleurer !

     

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