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Archives Mensuelles: octobre 2017

« LES INCORRUPTIBLES » (1987)

INCOSTrente ans après sa sortie, l’affiche de « LES INCORRUPTIBLES » laisse toujours interdit : Brian DePalma tourne un scénario de David Mamet sur une BO d’Ennio Morricone, avec une brochette d’acteurs à peine croyable. Le film n’est pas l’adaptation de la série TV des années 60, mais revient au livre de souvenirs d’Eliot Ness pour en faire un concentré quasi-westernien de la chute d’Al Capone.

Car « LES INCORRUPTIBLES » emprunte bien plus aux « 7 MERCENAIRES » ou aux classiques d’Howard Hawks qu’aux codes du film de gangsters. Le scénario élimine toutes les scènes de transition ou d’explication pour enchaîner les morceaux de bravoure, quitte à beaucoup trop dilater certains moments-clés et à trop en ellipser d’autres, moins spectaculaires. Cela donne un grand spectacle tonitruant, violent et fastueux, à la psychologie très sommaire et où la légende a complètement pris le pas sur la réalité. Un choix payant, vu le résultat, mais qui laisse toujours un peu frustré à la fin de la projection.

Si Kevin Costner est un honnête Ness sans grand charisme, il est magnifiquement entouré : Sean Connery savoureux vieux flic goguenard poussant son chant du cygne, Andy Garcia en tireur d’élite taiseux, Patricia Clarkson en épouse stoïque ou Billy Drago en horrible Nitti au rictus de chacal. À cause d’un temps de présence trop réduit (on oscille entre le caméo et le second rôle), Robert De Niro a opté pour un jeu grimaçant et caricatural pour camper un Capone suant de démagogie et de vulgarité. Il est indéniablement intéressant à regarder, sans jamais approfondir son portrait du caïd.

« LES INCORRUPTIBLES » n’est composé que de beaux moments de cinéma (l’assaut autour d’un camion de whisky à la frontière canadienne, l’embuscade à la gare, la fin sanglante de ‘Malone’, etc.) et de jolies répliques ‘hard boiled’ qui portent bien la griffe de Mamet. C’est un bel objet de luxe, distrayant et soigné jusqu’au moindre détail. Alors pourquoi n’arrive-t-on pas à l’adorer malgré les re-visions au fil des années ? Trop fabriqué peut-être, sans aspérité. À cause du trop lisse Costner aussi, auquel on ne parvient pas à s’identifier. Quoi qu’il en soit, la réunion au même générique des noms cités plus haut vaut à elle seule qu’on voie et revoie le film.

INCOS2

SEAN CONNERY, KEVIN COSTNER ET ROBERT DE NIRO

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HAPPY BIRTHDAY, CLEO !

CLEO

CLEO MOORE (1924-1973), « BAD GIRL » DE SÉRIES B QUI FIT UNE BRÈVE CARRIÈRE DANS LES ANNÉES 50, LAISSANT DEVINER UNE VRAIE PERSONNALITÉ.

 
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Publié par le 31 octobre 2017 dans ANNIVERSAIRES

 

« JULES ET JIM » (1962)

JULESLa mémoire collective n’a curieusement retenu de « JULES ET JIM », un des grands classiques de François Truffaut, qu’une joyeuse histoire de ménage-à-trois, une jolie chanson (« Le tourbillon de la vie ») et une course insouciante sur un pont de Paris.

Pourtant cette charmante image d’Épinal ne pourrait pas être plus éloignée de l’atmosphère véritable de ce film qui débute effectivement de façon gaie et excentrique pour s’assombrir au fur et à mesure jusqu’à son terrible dénouement. À bien y regarder, la musique de Georges Delerue annonce l’orage qui approche et les brusques changements d’humeur de Jeanne Moreau pourraient mettre la puce à l’oreille. Dans ce qui demeurera sans doute le rôle le plus emblématique de sa carrière, elle se présente comme une femme libérée dans la France de l’avant-guerre de 14-18, un peu instable, difficile à comprendre et à aimer, mais fascinante tout en étant intoxicante. Cette ‘Catherine’ est vraiment un personnage en trois dimensions, qu’on aime autant qu’on la craint.

Malgré quelques tics de l’auteur, comme l’abus d’une voix « off » omniprésente trop littéraire ou des arrêts sur image pas toujours heureux, « JULES ET JIM » est clairement une œuvre en état de grâce, une sorte de long poème lumineux et sombre à la fois, hanté par la guerre et la folie. Si Jeanne Moreau domine le film lui apportant toute son ambiguïté mortifère, Oskar Werner excelle dans le rôle du doux et patient ‘Jules’. Seul Henri Serre, rigide et dépourvu d’humour, dépare le trio.

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JEANNE MOREAU, OSKAR WERNER ET HENRI SERRE

Il faut donc oublier ses a priori sur ce film qui n’a rien d’une histoire d’amour extravagante et enjouée. « JULES ET JIM » parle d’amour certes, mais d’un amour destructeur et stérile. À redécouvrir, donc.

 

HAPPY BIRTHDAY, LOUIS !

MALLE

LOUIS MALLE (1932-1995), RÉALISATEUR DE LA NOUVELLE VAGUE, À LA CARRIÈRE INÉGALE MAIS PARSEMÉE DE PLUSIEURS CLASSIQUES.

 
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Publié par le 30 octobre 2017 dans ANNIVERSAIRES, FILMS FRANÇAIS

 

« L’ÉTRANGE MONSIEUR STEVE » (1957)

STEVE3Écrit par Frédéric Dard, réalisé par Raymond Bailly qui ne signa que trois longs-métrages, « L’ÉTRANGE MONSIEUR STEVE » semble d’abord osciller entre la comédie policière et le mélodrame, avant de délaisser l’humour. Pourtant, le postulat rappelle fortement celui du très drôle « FRIC-FRAC » (1939) en beaucoup moins inventif, hélas. Le pâle Philippe Lemaire, employé de banque, est manipulé par l’escroc Armand Mestral et par sa complice Jeanne Moreau, qui le séduit afin de braquer l’établissement où il travaille. Le scénario tient à peu près debout dans la première moitié, mais ensuite se délite complètement dans une succession d’illogismes (pourquoi les braqueurs continuent-ils à travailler avec Lemaire après le hold-up raté ?) et de changements de ton de plus en plus difficiles à avaler. La mise-en-scène étant d’une platitude à toute épreuve, les décors de studio s’avérant d’une laideur constante et le dialogue n’offrant – malgré la signature de Dard – aucune saveur particulière, on a du mal à rester jusqu’au dénouement.

Reste la curiosité de revoir de futures stars du cinéma hexagonal à leurs débuts : Jeanne Moreau, au jeu étonnamment moderne, qui détone au milieu de ses partenaires globalement médiocres et Lino Ventura égal à lui-même en homme-de-main maître-chanteur, au rôle excessivement mal défini : selon les scènes, il apparaît presque ridicule avec son petit chapeau et son appareil-photo, soit inquiétant en gorille distributeur de baffes. On reconnaît Anouk Ferjac en fiancée et collègue de notre « héros », qui disparaît subitement du film sans autre forme de procès. Quant à Mestral avec sa voix « suave » et sa petite moustache, il ne possède pas une once du charisme indispensable à ce genre de personnage. Il est la grosse erreur de distribution du film.

On peut jeter un coup d’œil à « L’ÉTRANGE MONSIEUR STEVE » par curiosité cinéphile, mais pas plus. On peut aussi tout à fait s’en passer !

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PHILIPPE LEMAIRE, JEANNE MOREAU ET LINO VENTURA

 

UN FLINGUEUR HEXAGONAL !

FLINGUEUR BR

ÇA Y EST ! EN NOVEMBRE CHEZ WILD SIDE DÉBARQUE ARTHUR BISHOP LE « MÉCANICIEN » EN BLU-RAY ! SORTEZ VOS BOULES DE CIRE À PÉTRIR…

 

« JEEPERS CREEPERS – LE CHANT DU DIABLE » (2001)

JEEPERS2« JEEPERS CREEPERS – LE CHANT DU DIABLE » (titre français qui ne veut strictement rien dire) démarre très fort. Truffé de références à « DUEL », « HITCHER » ou « MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE », il replonge délicieusement en terrain connu : celui de l’horreur ‘redneck’.

La première moitié est extraordinaire. Victor Salva soigne la photo, les cadrages, le mixage, la tension grimpe à une vitesse folle et – cerise sur le gâteau – les deux jeunes acteurs principaux, Gina Philips et Justin Long, jouant un frère et une sœur, sont excellents. On s’accroche à son fauteuil, la terreur s’immisce progressivement sans jamais céder aux sempiternels clichés du genre. Et puis arrive, fatalement, le point culminant : le moment où on commence à voir plus clairement le monstre. Il est très réussi, la question n’est pas là. Mais le mystère se dissipe instantanément pour laisser place à la violence, au « gore » et aux passages obligés du cinéma « de trouille » traditionnel. Ainsi, l’attaque du poste de police renvoie à « TERMINATOR » ou à « HITCHER » déjà cité et le tueur ailé et cannibale (sic !) ne parvient plus à vraiment terroriser.

Cela n’empêche pas le film de garder une belle tenue jusqu’au bout et un esthétisme auquel l’amateur ne restera pas insensible. Justin Long est d’un naturel parfait, aussi attachant et spontané qu’il est tête-à-claques, la très belle Gina Philips lui donne une réplique parfaite et s’affirme comme une authentique héroïne de slasher plutôt qu’une banale ‘scream queen’ passive. Parmi les seconds rôles, on aperçoit Eileen Brennan en « dame aux chats » dans une séquence et Patricia Belcher (« BONES ») en médium pas vraiment au point.

JEEPERS

GINA PHILIPS, JUSTIN LONG ET JONATHAN ET JONATHAN BRECK

Un très bon film donc, qu’un scénario qui s’essouffle trop vite empêche d’être un vrai classique du genre. Il fut suivi de deux sequels : une en 2003, l’autre en 2017, toutes deux réalisées par Victor Salva. Dans la seconde reparaît, pour notre plus grande joie, Gina Philips.

 
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Publié par le 28 octobre 2017 dans FILMS D'HORREUR, LES FRANCHISES