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Archives Mensuelles: novembre 2017

« BAD LIEUTENANT – ESCALE À LA NOUVELLE-ORLÉANS » (2009)

BAD2« BAD LIEUTENANT – ESCALE À LA NOUVELLE-ORLÉANS », réalisé (étonnamment) par Werner Herzog, n’a rien à voir avec le « BAD LIEUTENANT » (1992) d’Abel Ferrara, hormis le fait d’avoir pour personnage central un flic schnouffé jusqu’à la moelle et 100% hors-la-loi.

Dans une New Orleans post-Katrina, le scénario suit un lieutenant des Stups, lui-même accro aux antidouleurs et à la cocaïne, dans une enquête sordide sur le massacre d’une famille d’Africains. Autant le dire tout de suite, ce n’est pas l’histoire policière qui intéresse ici, mais l’atmosphère étrange, parfois irréelle de cette ville malade, où tout semble possible. Car au fond, il ne se passe pas grand-chose et il faut une grande tolérance au jeu outrancier de Nicolas Cage pour s’identifier un tant soit peu à son ‘McDonagh’. Arborant une coupe de cheveux épouvantable, alternant les instants d’hébétude et de surexcitation, marchant penché d’un côté (clin d’œil à Klaus Kinski dans « AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU » du même Herzog ?), l’acteur s’en donne à cœur-joie dans la composition sans garde-fou. Il apporte un côté clownesque à ce qui aurait pu n’être qu’un téléfilm de flics-et-voyous en adéquation avec quelques plans bizarroïdes d’iguanes filmées au fish-eye qui décalent un peu le film et l’arrachent à la banalité qui menaçait.

Les relations entre Cage et son bookie (Brad Dourif), avec sa belle-mère alcoolique (excellente Jennifer Coolidge), avec sa girl friend aussi junkie que lui (Eva Mendes aussi belle que la Raquel Welch des sixties, mais qui semble toujours jouer le même rôle d’un film à l’autre), donnent une certaine identité à ce « BAD LIEUTENANT », d’autant qu’on retrouve des visages connus comme Val Kilmer dans de brèves apparitions en coéquipier nerveux ou Michael Shannon en fonctionnaire hésitant.

BAD

NICOLAS CAGE ET EVA MENDES

Il faut vraiment être devin pour reconnaître la griffe de Werner Herzog là-dedans, mais cela se laisse regarder sans déplaisir, d’autant que la conclusion, totalement amorale, ne manque pas de sel.

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HAPPY BIRTHDAY, RIDLEY !

SCOTT

RIDLEY SCOTT, GÉNIE VISIONNAIRE SUR PLUSIEURS FILMS, UN PEU DIFFICILE À SUIVRE CES DERNIÈRES ANNÉES. MAIS UN GRAND MONSIEUR.

 
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Publié par le 30 novembre 2017 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

ANTHONY HARVEY : R.I.P.

HARVEY

ANTHONY HARVEY (1931-2017), MONTEUR DEVENU RÉALISATEUR, IL SIGNE DE GROSSES PRODUCTIONS DONT « LE LION EN HIVER ».

 
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Publié par le 29 novembre 2017 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

« DON JUAN DE MARCO » (1994)

JUAN

MARLON BRANDO

Écrit et réalisé par Jeremy Leven et donc, pouvant être qualifié de « film d’auteur », « DON JUAN DE MARCO » est un drôle d’objet, un scénario bâti sur une seule idée et qui – comme c’est souvent le cas dans ce genre d’histoire – tombe rapidement en panne de carburant dramatique pour ne faire que ressasser son maigre pitch.JUAN3

Marlon Brando, psy au bord de la retraite, doit soigner un jeune homme (Johnny Depp) mythomane et suicidaire. Mais il se laisse entraîner dans son univers romanesque, au point de changer profondément ses habitudes et de raviver sa libido. C’est en somme un éloge naïf de la folie comme refuge aux agressions du monde, une poétisation de la schizophrénie. Cela ne manque pas de charme, la photo est belle, les comédiens semblent prendre un vrai plaisir dans leurs longues séquences dialoguées. Mais le film tourne sérieusement en rond et une fois qu’on a compris le principe (alternance de séances de psy et séquences « rêvées » dans des contrées exotiques), la seconde moitié s’enlise et paraît interminable. S’il faut voir « DON JUAN DE MARCO », ce sera surtout parce que c’était la première fois depuis 22 ans et « LE DERNIER TANGO À PARIS », que Brando tenait véritablement le premier rôle d’un film. Obèse, coiffé d’une perruque blonde, marmonnant ses répliques comme jamais en zozotant, il déploie malgré tout un charme irrésistible, mélange d’autodérision et de nostalgie qui apporte de l’émotion au récit. Depp est exactement égal à lui-même, n’évitant pas toujours le ridicule avec son costume de Zorro et son accent hispanique. Faye Dunaway forme un couple crédible avec Brando et les seconds rôles sont bien castés.

Plaisir d’acteurs donc, plaisir de revoir un Brando de 70 ans rejouer la comédie après des années de n’importe quoi et d’auto-parodie. C’est peu, mais selon l’humeur du moment, il n’est pas interdit de trouver tout cela charmant et d’en apprécier les couleurs chatoyantes.

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JOHNNY DEPP, MARLON BRANDO ET FAYE DUNAWAY

 

HAPPY BIRTHDAY, NAOMI !

STEVENS copie

NAOMI STEVENS, SECOND RÔLE DE TV DES SIXTIES, REMARQUÉE AU CINÉMA DANS « LA GARÇONNIÈRE » DE BILLY WILDER.

 
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Publié par le 29 novembre 2017 dans ANNIVERSAIRES

 

« PRIS AU PIÈGE » (2017)

Dès la première séquence de « PRIS AU PIÈGE », montrant tous les futurs protagonistes du film se croisant dans une rue de Madrid, afin de finir dans le même bistrot, on sent qu’on part pour un ‘trip’ ludique et stylisé, sans prévoir quel style d’histoire cette production espagnole va nous raconter.BAR

Álex de la Iglesia, habitué des scénarios déjantés, installe rapidement un postulat qu’on pourrait situer entre « UN APRÈS-MIDI DE CHIEN » et « { REC.} » : un huis clos de plus en plus tendu et dramatique dans un bar complètement coupé du monde, entouré par une menace invisible et indéfinissable. Lâchant des personnages au caractère extrême dans ce lieu clos, l’auteur observe la nature humaine sans complaisance ni indulgence. En situation de panique et de survie, tout le monde régresse à l’état presque sauvage. Le film est porté par un excellent casting, de Blanca Suárez en gentille célibataire collée à son portable à Mario Casas en publicitaire à la grosse barbe inquiétante en passant par Jaime Ordóñez survolté dans un numéro halluciné de SDF hystérique et dangereux, en passant par Terele Pávez magnifique en patronne du troquet pragmatique. Cette réunion parfaitement agencée de bons acteurs sans cesse confrontés les uns aux autres donne au film son centre de gravité.

« PRIS AU PIÈGE » est un peu long, surtout dans la partie confinée dans la cave, il piétine parfois, et on se dit qu’un petit quart d’heure en moins aurait probablement été bénéfique. Mais tel qu’il est, il possède un ton spécial, entre le film de zombie sans zombie, la grosse comédie ‘trash’ et le ‘survival’ urbain. On rit souvent, on frémit parfois et surtout, grand plaisir, on ne sait jamais exactement où tout cela nous mène. À tenter donc, cet exercice de style globalement réussi et bien maîtrisé.

 

HAPPY BIRTHDAY, JOE !

DANTE

JOE DANTE, RÉALISATEUR SPÉCIALISÉ DANS L’HORREUR PARODIQUE ET RÉFÉRENTIELLE, RECONVERTI MALGRÉ PLUSIEURS SUCCÈS, À LA TV.

 
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Publié par le 28 novembre 2017 dans ANNIVERSAIRES