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« WEEK-END À ZUYDCOOTE » (1964)

14 Déc

WEEK2Adapté du roman de Robert Merle, « WEEK-END À ZUYDCOOTE » est un des meilleurs films de Henri Verneuil, un des seuls où le spectaculaire n’étouffe jamais l’humain et où la technique demeure invisible et entièrement au service du scénario.

En 1940, pendant la bataille de Dunkerque, le film suit les deux derniers jours d’un simple soldat, Jean-Paul Belmondo, qui veut absolument partir pour l’Angleterre, mais qui se retrouve coincé là, sous les bombes au milieu des ruines et des cadavres. Des heures d’errance, de chaos, de remise en question. Jeune homme pacifiste et légèrement cynique, il sera obligé de voir l’horreur en face, de tuer pour la première fois et il tombera même amoureux, le temps d’une romance absurde. Très bien filmé en Scope, porté par une BO très hollywoodienne de Maurice Jarre, « WEEK-END À ZUYCOOTE », comme les meilleurs films de guerre, touche à l’universel. Sur ces quelques kilomètres de plage sont condensés la bêtise, l’héroïsme, la lâcheté et la grandeur de l’homme. Et son dérisoire surtout, puisqu’il suffit d’une explosion pour qu’il n’en reste plus rien qu’un corps disloqué et anonyme dans les dunes.

Belmondo est parfaitement dirigé, d’une sobriété et d’une intériorité jamais prises en défaut. Il traverse les images enfumées, enflammées, comme un mort en sursis, un innocent qui a vu l’enfer. ‘Maillat’ demeure un de ses plus beaux accomplissements. À ses côtés, de fabuleux seconds rôles comme Jean-Pierre Marielle en « abbé » patient, François Périer en bon copain « popote », Georges Géret formidable avec son FM toujours prêt à l’emploi. Et puis Catherine Spaak dans un personnage étonnant de jolie tête-à-claques (d’ailleurs elle s’en prend une bonne), sans oublier Marie Dubois dans une brève mais émouvante apparition.

WEEK

CATHERINE SPAAK, JEAN-PAUL BELMONDO, JEAN-PIERRE MARIELLE ET GEORGES GÉRET

À l’heure où le « DUNKERQUE » de Christopher Nolan triomphe sur les écrans, il est bon de revoir ce chef-d’œuvre du genre qui n’a pas pris une ride et dont l’ampleur et la perfection technique laissent pantois.

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19 réponses à “« WEEK-END À ZUYDCOOTE » (1964)

  1. Seb

    14 décembre 2017 at 8 h 45 min

    Vu sans doute trop jeune, ce film m’avait paru assez figé et plombant malgré l’abattage de Belmondo. À retenter un jour, peut-être.

     
    • Seb

      14 décembre 2017 at 8 h 52 min

      …et concernant Dunkerque de Nolan, ce fut une belle déception en ce qui me concerne: rarement vu quelque chose d’aussi chiant et désincarné. C’est malin, j’avais été très emballé par The Dark Knight, Inception et Interstellar et maintenant, je crains de les revoir !

       
      • walkfredjay

        14 décembre 2017 at 9 h 03 min

        Quelque chose m’a toujours gêné dans les films de Nolan. Difficile de définir quoi. Une propension à la boursouflure, peut-être ?

         
      • Seb

        14 décembre 2017 at 9 h 29 min

        Je dirais plutôt que Nolan se réclame de Kubrick: une obsession de l’aspect technique, souvent au détriment de celui dramatique (ou dramaturgique, comme diraient certains). Mais là où la plupart des films du vieux Stanley sont foisonnants derrières ce côté froid voire « autiste », ceux de Nolan, il faut bien le dire, font un peu coquille vide…

         
    • walkfredjay

      14 décembre 2017 at 9 h 02 min

      Je pense, oui. Le film n’a rien de figé et Belmondo y est totalement sobre et intériorisé… Quant à être « plombant », vu le contexte… 😉

       
      • Seb

        14 décembre 2017 at 9 h 21 min

        Pas mal de films de guerre des années 60 ont ce côté « plombant » et statique, je trouve, surtout lorsqu’il s’agit de superproductions internationales… mais il est possible que je l’attribue à tort à Week-end à Zuycoote, vu que mon souvenir est très lointain.

         
    • Patrick

      14 décembre 2017 at 11 h 28 min

      Pareil à revoir j’ai aussi souvenir d’un film un peu lourd par contre le Dunkerque de Nolan m’a plu.

       
  2. Kinskiklaus

    14 décembre 2017 at 9 h 49 min

    Nolan, coquille vide… Parfaite reproduction de ma pensée intime à propos du cinéma de ce réalisateur ultra surcoté.

     
    • Patrick

      14 décembre 2017 at 11 h 31 min

      Je trouve que c’est un réalisateur intéressant, ses premiers films notamment Following, le suiveur et Memento sont excellents après je suis moins fan de ses grosses productions, sa trilogie Batman ne m’a pas passionné, Inception et Interstellar sont bien faits sans que je sois enthousiasmé.

      Son Dunkerque est un beau film.

       
      • Kinskiklaus

        14 décembre 2017 at 12 h 37 min

        Je n’ai pas vu son « Dounkerque » (comme prononcé à l’américaine par les spots radios et télé, chose qui a le don de m’agacer prodigieusement).

         
  3. Marc Provencher

    14 décembre 2017 at 14 h 18 min

    « Et puis Catherine Spaak dans un personnage étonnant de jolie tête-à-claques. »

    Jolie ? Hum. Quiconque fréquente ce blogue connaît les joutes oratoires passionnées – voire, dans certains cas, les disputes – qui émaillent la vie de tous les jours sur BDW2. Eh bien, quitte à en lancer une autre, quitte à ouvrir un autre de ces fameux « dossiers » épineux et jamais complètement refermés sur tel ou tel point de l’histoire du cinéma, je dirai que plutôt que « jolie », Catherine Spaak à 18-19 ans est beeeeeeeeeeeeeeeelleu. Voilà.

     
  4. Marc Provencher

    14 décembre 2017 at 15 h 42 min

    Après l’essentiel (Catherine Spaak), passons à l’accessoire (la Deuxième Guerre mondiale). Ce grand film de guerre – sans doute le meilleur Verneuil, comme le suggère Fred – est toujours aussi incontournable. Ça fait longtemps que je l’ai vu, mais en voilà un autre qui passait et repassait périodiquement à la télé de Radio-Canada (comme ‘LE VIEUX FUSIL’ ou ‘L’ARMÉE DES OMBRES’, portant sur la même période) : du solide, du robuste, de l’inusable. Et tiens, comme il remonte à 1964, je serais curieux d’aller voir ce qu’en a dit la critique française, dans le temps…

     
  5. JICOP

    14 décembre 2017 at 18 h 50 min

    Très bon film de guerre. Les meilleurs: ceux qui mêlent intelligemment la grande fresque et le destin individuel.
    Robert Merle, une fois n’est pas coutume, adora l’adaptation de son livre et porté par un grand Belmondo.
    Dans la liste des éloges, ne pas oublier la photo d’Henri Decae.
    Légende ou réalité: on raconte qu’un cargo Soviétique croisant dans la Manche envoya des SOS à la vue de chasseurs peints aux couleurs de l’Allemagne Nazie.

     
  6. CASANOVA Claude

    14 décembre 2017 at 20 h 47 min

    Excellente adaptation d’un excellent bouquin . Plus qu’un simple film de guerre, un petit théâtre de la vie de vrais gens transposés en situation inhabituelle avec leur modèle éducatif, leurs bons et mauvais côtés qui leur échappent parfois à eux-mêmes . La démonstration que les gens qui ne seraient « rien », selon certaines soi-disant élites, ne sont pas ceux que l’on croirait!.

     
  7. Dino Barran

    16 décembre 2017 at 12 h 58 min

    Les producteurs avaient proposé le film à JP Melville, qui refusa (dit-il) arguant qu’il ne souhaitait pas filmer une défaite…
    À propos de Melville, deux mots sur la bio de celui-ci par Bertrand Tessier : pas inintéressante mais incroyablement bâclée. Avec des lacunes sur l’analyse des films et des énormités sur certains sujets (José Giovanni par exemple). Un exemple supplémentaire d’un éditeur qui ne fait pas son boulot.

     
  8. Corey

    16 décembre 2017 at 16 h 28 min

    Je te trouve sévère avec la bio de Tessier, il a fait un gros boulot de recherche qui n’avait jamais été fait. Le livre a d’ailleurs eu de très bonnes critiques, à commencer par Labro… Enormité à propos de Giovanni, c’est à dire ?

     
    • Dino Barran

      20 décembre 2017 at 20 h 27 min

      En pages 141-142, Tessier fait une incroyable confusion à propos de l’oncle « mauvais génie » de Giovanni. Dans la réalité, il s’agit d’un dénommé Paul Santoloni dit Santos, qui a entrainé José et son frère dans pas mal de turpitudes – le mot est faible s’agissant d’enlèvements, séquestration, extorsion suivies de meurtres (à au moins trois reprises). Ce Santos est apparemment passé entre les mailles du filet de la justice et a fini ses jours en Espagne dans les années 60 ou 70, à en croire Giovanni.
      Tessier confond ce Santos avec le célèbre malfaiteur Abel Danos (celui-là même qui fut incarné par Lino dans Classe tous risques sous le nom de Davos), qui a fait partie de la Gestapo de la rue Lauriston, puis du gang des Tractions avant avant de finir lamentablement arrêté par la foule après avoir cambriolé des chambres de bonne… Cette confusion me paraît proprement stupéfiante.
      Il y a au moins une douzaine d’autres erreurs dans le bouquin (comme le fait d’écrire que Jo Attia était proche de la Carlingue alors qu’il était de l’autre bord et qu’il a été déporté à Mautthausen, ou d’anticiper de dix ans la première apparition de Delon au cinéma).
      Par ailleurs comme je le disais, il manque une analyse des films. Rien n’est dit non plus sur les rapports de Melville avec Paul Meurisse (avec lequel il se fâcha et qui le caricatura dans Le Cri du cormoran), avec J-P Cassel qu’il cherchait à humilier au début du tournage de L’Armée des ombres, avec Mel Ferrer dont il se débarrassa habilement sur Le Deuxième souffle pour le remplacer par Pierre Zimmer…
      Non, je suis resté sur ma faim.

       
  9. Corey

    20 décembre 2017 at 21 h 51 min

    Ok, je ne connaissais pas cette histoire, tu as l’air d’en savoir beaucoup sur Giovanni et sur Melville. Après, je pense qu’une première bio ne peut pas être exhaustive sur les histoires et anecdotes, je te propose de prendre contact avec lui pour une version revue et corrigée ! Quant à l’analyse des films, il y a de très bons livre comme celui de Denitza Bantcheva que tu as sûrement.

     
    • Dino Barran

      21 décembre 2017 at 20 h 36 min

      Corey, merci de l’info. J’ai lu le livre d’entretien de Nogueira, mais je n’avais pas entendu parler du Bantcheva. Je vais me le procurer.

       

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