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« LE VOLEUR » (1967)

02 Jan
VOLEUR

JEAN-PAUL BELMONDO ET JULIEN GUIOMAR

Adapté d’un roman du peu prolifique auteur Georges Darien, « LE VOLEUR » dresse le portrait d’un jeune cambrioleur dans le Paris des années 1900, un solitaire issu d’un milieu bourgeois qui ne trouve un sens à son existence qu’en accomplissant ses larcins.VOLEUR3

C’est une œuvre existentielle, portée par Jean-Paul Belmondo en total contremploi. Belle idée de Louis Malle de l’avoir choisi pour incarner ce criminel élégant, non-violent, dégoûté par la société, tenté par l’anarchisme, mais fondamentalement désespéré et voué à la guillotine. Parfaitement dirigé, l’acteur ne décroche qu’un ou deux sourires au cours du film, observe plutôt qu’il ne réagit, laisse les rôles « flamboyants » à ses partenaires comme Julien Guiomar excellent en abbé-voleur et Charles Denner en maestro de la cambriole qui reconnaît « l’odeur de l’or ».

La reconstitution historique est sobre, le rythme maintenu sur deux heures. La voix « off » apporte beaucoup d’ironie amère à l’ensemble et le dialogue est constamment savoureux et cynique. Autour de Belmondo dans une de ses plus belles prestations, un magnifique casting féminin : la délicieuse Geneviève Bujold en cousine espiègle, la toute jeune Marlène Jobert en prostituée joyeuse, Françoise Fabian en modiste, Bernadette Lafont en soubrette coquine et surtout Marie Dubois formidable en garce rousse aux griffes acérées. On aperçoit Pierre Étaix en pickpocket et Jean-Luc Bideau en huissier, le temps d’une séquence.

Œuvre sombre, énigmatique, à l’image de son personnage central, « LE VOLEUR » fascine par sa froideur désincarnée, par quelques moments marquants (l’exécution en place publique, la falsification du testament du vieil oncle agonisant) et par l’acuité avec laquelle est dessiné ce ‘Georges Randal’ : un homme carbonisé de l’intérieur, qui a grandi sans amour et ne retrouve goût à la vie qu’en dépouillant les riches. Un bien beau film, pas facile d’accès, mais qui vaut largement l’effort.

VOLEUR2

JEAN-PAUL BELMONDO, MARLÈNE JOBERT, MARIE DUBOIS ET GENEVIÈVE BUJOLD

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12 réponses à “« LE VOLEUR » (1967)

  1. Kinskiklaus

    2 janvier 2018 at 9 h 25 min

    Toujours pas vu mais cette éternelle question trône dans ma tête : comment est-il possible d’adapter un tel roman dont la narration est si dense, comment est-il possible de faire tenir en deux petites heures de film un propos si riche ? Vu de loin, je pense que le film n’a plus rien à voir avec ledit bouquin. Il faudra vraiment que je découvre ce film un jour pour m’en faire une idée exacte.

     
    • walkfredjay

      2 janvier 2018 at 10 h 27 min

      Quoi qu’il en soit, c’est toujours néfaste de comparer livre et film. Pas les mêmes modes narratifs, pas le même rythme, pas le même impact sur l’imaginaire. Je n’ai pas lu le roman, mais le film de Malle est, selon moi, une belle réussite. Possible qu’il soit très différent du livre, mais qu’importe ! Ce sont deux entités différentes dont l’une a puisé sa source dans l’autre.

       
  2. Miguel

    2 janvier 2018 at 10 h 20 min

    Un film que j’ai trouvé un peu long et qui ne m’a pas laissé un grand souvenir sauf de constater, encore une fois, que Belmondo et Denner forment un duo d’acteurs aussi impeccable que dans « L’héritier », « Les mariés de l’An Deux » ou « Peur sur la ville »

     
  3. lemmy

    2 janvier 2018 at 11 h 25 min

    Peut-être mon Belmondo préféré. Je dirai même un de mes films préférés, pour ne pas l’attacher qu’à Belmondo. Il n’empêche que Belmondo y est parfait, alliant ses différents types de jeu dans un mélange complexe. Sa ‘flamboyance’ est désespérée et froide, notamment dans la scène du testament. La scène d’ouverture du film m’a définitivement marqué. Le casting est parfait, Guiomar truculent et troublant, Denner est extraordinaire dans son apparition, Bujold est superbe, les seconds rôles tous bons. Mention spéciale à Seigner.

    Quant aux adaptations, c’est un mystère incomparable. John Huston a été un des plus grands adaptateurs d’oeuvres littéraires pour le ciné, il a fait de chef d’oeuvres inadaptables de grands films malades ou pas, avec leurs particularités. Mais le meilleure preuve que ce sont deux entités différentes est que Huston a fait de grands films avec des romans ratés.

     
  4. Patrick

    2 janvier 2018 at 13 h 28 min

    Vu il y a quelques années et ce fut une bonne surprise, un film de qualité.

     
  5. JICOP

    2 janvier 2018 at 14 h 21 min

    Film superbe, désenchanté et amère, peut être l’un des plus personnels de Louis Malle et l’un des meilleurs rôles de Belmondo.
    Dommage que dans les nombreuses évocations de la carrière de Bebel ne figure que trop rarement ce film, sans doute pour rester dans le sempiternel  » boum boum je vous fais une p’tite cascade « .
    Mention spéciale à Julien Guiomar dans un rôle au combien truculent.
    Très belle affiche également.

     
  6. CASANOVA Claude

    2 janvier 2018 at 20 h 15 min

    Rien à jeter .

     
  7. lemmy

    3 janvier 2018 at 11 h 45 min

    Je n’ai pas encore le blu-ray du film, qui vient de sortir, juste le vieux dvd assez degueulasse qui présente le film en « format vignette », je crois : le blu-ray est-il valable ?

     
  8. walkfredjay

    3 janvier 2018 at 12 h 35 min

    Très valable ! Rien à voir avec le DVD.

     
  9. Seb

    9 octobre 2018 at 12 h 15 min

    Un film qui avait pas mal d’atouts pour me plaire mais au final, c’est la déconvenue qui prime. Au départ, on s’amuse des combines de Bébel, de la facture soignée, des seconds couteaux savoureux et du casting féminin fort aguicheur (Bujold et Fabian surtout)… et puis vers la deuxième partie ça devient d’une langueur exaspérante, la mise en scène de Malle se traîne, s’éternise, le film devient complètement « éteint » là où il était plutôt vigoureux dans la première moitié. J’avais éprouvé le même sentiment d’ennui et de langueur devant Feu follet – je crois que Malle et moi, ça fait deux !

     
    • walkfredjay

      9 octobre 2018 at 12 h 39 min

      J’ai appris à aimer, quant à moi… Pas tout ! Il y a certains films insupportables. Mais dans l’ensemble, je comprends son univers.

       
      • Seb

        9 octobre 2018 at 12 h 42 min

        Allez, je sauve quand même Atlantic City qui me fait un peu penser à un film de John Huston. Et Lancaster y est bouleversant.

         

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