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« UN HOMME QUI ME PLAÎT » (1969)

06 Jan
PLAIT

ANNIE GIRARDOT

Tourné dans la foulée de « UN HOMME ET UNE FEMME » et « VIVRE POUR VIVRE », « UN HOMME QUI ME PLAÎT » traite plus ou moins des mêmes thématiques chères à Claude Lelouch : la (brève) rencontre amoureuse et fortuite d’une femme et d’un homme pas forcément disponibles, l’adultère et la lâcheté masculine.PLAIT2

La vedette française d’une production américaine (Annie Girardot) séjournant à L.A. rencontre le musicien du film (Jean-Paul Belmondo). Profitant d’un trou dans leur emploi du temps, ils vont vivre pendant une semaine, une sorte de passion-express, tout en traversant l’Amérique en avion et en voiture.

Le sujet est léger, les personnages sont des nantis sans gros souci apparent et le ‘road movie’ n’est justifié que par un désir de montrer les paysages mythiques américains. Cela devrait être creux et irritant, mais quelque chose se passe, comme dans « VIVRE POUR VIVRE », et on finit par s’attacher à ce couple improbable et éphémère et à se laisser séduire par cet « amour de vacances » vécu plus sérieusement par un des partenaires que par l’autre. La caméra mobile de Lelouch fait merveille, le charisme des vedettes est à son maximum et la BO de Francis Lai ajoute au charme rétro de l’ensemble.

Bien sûr, comme d’habitude, les scènes improvisées semblent forcées voire pénibles (la longue scène de séduction par téléphone où Belmondo fait croire à un incendie dans l’hôtel), bien sûr certains des morceaux de bravoure (la poursuite fantasmée de la voiture par des Indiens) ne servent strictement à rien qu’à faire preuve de virtuosité. Mais ce qui fonctionne parfaitement, c’est la réalité et le quotidien qui s’immiscent progressivement dans cette parenthèse enchantée et viennent empoisonner ces jours heureux.

Girardot est touchante, complexe. Sa dernière expression à l’aéroport est tout simplement sublime. Belmondo belmondise sans excès et laisse, par instants, deviner l’homme sous la star. Parmi les petits rôles, on reconnaît une jeune Farrah Fawcett en starlette et Marcel Bozzuffi, impressionnant en époux trompé au visage fermé (sa façon de dire de façon complètement factuelle : « Je ne t’aime plus », au milieu d’un bavardage anodin est exceptionnelle). On aperçoit Richard Basehart dans son propre rôle.

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ANNIE GIRARDOT, JEAN-PAUL BELMONDO ET MARCEL BOZZUFFI

Lelouch se répète déjà dans « UN HOMME QUI ME PLAÎT », mais avec les années, son film a acquis une belle patine, une émotion où se mêlent souvenirs et nostalgie.

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21 réponses à “« UN HOMME QUI ME PLAÎT » (1969)

  1. Kinskiklaus

    6 janvier 2018 at 22 h 31 min

    Vu il y a deux mois, c’est un bijou. Je n’ai jamais été un « fan » de Girardot mais dans ce film, elle épouse littéralement la caméra.

     
  2. JICOP

    1 février 2018 at 18 h 08 min

    30 ans jour pour jour que Marcel Bozzuffi nous quittait .
    Privant le cinéma Français d’une de ses gueules les plus marquantes .
    Toujours impeccable le Bozzu .
    Marié à la splendide Françoise Fabian et accessoirement voix Française du grand Paul Newman sur certains films .
    On t’oublie pas Marcel ; sur BDW2 😉

     
    • walkfredjay

      1 février 2018 at 18 h 12 min

      Depuis que je l’avais découvert dans « Z » et « FRENCH CONNECTION », il était un de mes acteurs français préférés. Je déplore que son film autobiographique « L’AMÉRICAIN » (produit par Lelouch, je crois) avec Trintignant et une pléiade de grands comédiens, soit introuvable en DVD. Je pense même qu’il n’a jamais été édité en vidéo.

       
  3. Kinskiklaus

    1 février 2018 at 19 h 12 min

    Fabuleux acteur, je suis bien d’accord. Vu récemment dans le sympathique « Chino ».

     
    • walkfredjay

      1 février 2018 at 19 h 43 min

      Belle carrière italienne aussi. Et quelques films U.S. Il avait tourné deux fois avec Gene Hackman qui l’estimait beaucoup, comme je l’avais lu dans une interview.

       
  4. Kinskiklaus

    1 février 2018 at 22 h 57 min

    « Il avait tourné deux fois avec Gene Hackman qui l’estimait beaucoup, comme je l’avais lu dans une interview. » Je connais bien sûr « French Connection », quel est le second film dans lequel ils ont partagé l’affiche ?

     
    • JICOP

      1 février 2018 at 23 h 08 min

       » Il était une fois la légion  » avec aussi Deneuve … voila du boudin 🙂

       
      • walkfredjay

        1 février 2018 at 23 h 52 min

        Exact. Le rôle de Bozzuffi avait d’ailleurs été très coupé au montage. Il disparaît subitement du film alors que son personnage était beaucoup plus développé à l’origine.

         
  5. Kinskiklaus

    2 février 2018 at 0 h 03 min

    Quel idiot, je le savais en plus ! Je connais ce film depuis longtemps de par ma passion pour Terence Hill. D’ailleurs, je me souviens de ta chronique, Fred, dans laquelle tu te moquais d’une scène d’amour entre Hill et Deneuve. Faudra bien que je me décide à le découvrir un jour, malgré les mauvais critiques et un sujet qui ne me branche pas plus que ça.

     
  6. Kinskiklaus

    2 février 2018 at 9 h 36 min

    Je savais bien que je n’avais pas rêvé ! Si la scène d’amour entre Hill et Deneuve n’est pas mentionnée dans le corps de l’article, c’est l’ami Dino Barran qui s’en chargeait dans les commentaires ! Tiens, d’ailleurs, voilà un petit moment que Dino n’est pas apparu sur ces pages…

     
  7. Kinskiklaus

    29 juin 2018 at 16 h 39 min

    Par réflexe, à peine sorti de sa projection, je fonce sur ton blog pour y découvrir une éventuelle chronique et bingo ! Très déçu et plus encore, surpris par la teneur de celle-ci tant j’ai trouvé ce film en tout point exceptionnel, un coup de cœur total. Son scénario d’une rare intelligence, ses dialogues qui font mouche, sa construction singulière et bien sûr le talent de ses acteurs, et sur ce dernier point, tu sais que je suis rarement friand du jeu de Trintignant (pour rester fixé sur Lelouch, je n’avais par exemple pas aimé « un homme et une femme »), c’est bien simple, j’ai joui pendant deux heures. »Le voyou », une oeuvre captivante, attachante et majeure (mais méconnue) dans la filmographie de Lelouch. Totalement subjugué. Du grand, du très grand cinéma. Grand cinéphile, mon petit doigt me dit que Tarantino doit particulièrement l’apprécier…

    http://wild-wild-western.over-blog.com/article-le-voyou-1970-87430930.html

     
    • walkfredjay

      29 juin 2018 at 16 h 44 min

      Je viens de relire ma chronique, je ne la trouve pas aussi négative que ça ! Moins enthousiaste que la tienne sans doute, mais ça n’a rien d’un dézingage.

       
  8. Kinskiklaus

    29 juin 2018 at 17 h 04 min

    Non, pas un dézingue bien sûr, mais je pensais que tu l’aurais davantage apprécié. C’est une immense surprise pour moi dans la mesure où j’arrive quasiment au bout de mon cycle Lelouchien après onze mois d’exploration. Je reste persuadé que le grand public connaît peu le cinéma de Lelouch, la faute à des oeuvres ratées tournées des années 90 jusqu’à aujourd’hui (à quelques exceptions près, bien sûr) et qui ont laissé ces mêmes spectateurs sur le banc de touche. Moi-même, si je n’avais pas été curieux, j’aurais laissé tombé car je conserve un souvenir douloureux de ces films (années 90) sur lesquels je tombais à la télévision quand j’étais môme. Et en onze mois, j’ai découvert un cinéaste fabuleux . Mes préférences : « Vivre pour vivre », « La vie, l’amour, la mort », « Un homme qui me plaît », « Le voyou », « Le chat et la souris », « Un autre homme, une autre vie », « A nous deux » et « Si c’était à refaire ».Prochaine étape, « Toute une vie », c’est marrant, je ne le sens pas du tout celui-là…

     
    • walkfredjay

      29 juin 2018 at 17 h 20 min

      Ta liste rejoint à un ou deux titres près la mienne. J’ajouterai « LA BONNE ANNÉE » et quelques moments magiques de « UN HOMME ET UNE FEMME », film que je n’adore pourtant pas.

       
    • Marc Provencher

      29 juin 2018 at 18 h 07 min

      « « Toute une vie », c’est marrant, je ne le sens pas du tout celui-là… »

      Et tu n’as pas tort. Mais bon, si tu as aimé ‘SI C’ÉTAIT À REFAIRE’, eh bien, peut-être que ça passera… Rien sur ‘ROBERT ET ROBERT’ ?

       
      • walkfredjay

        29 juin 2018 at 19 h 36 min

        Ah ! Bien sûr ! Un de ses tout meilleurs !

         
  9. Kinskiklaus

    29 juin 2018 at 19 h 27 min

    Salut Marc ! « Robert et Robert », je l’ai vu il y a trois mois environ et j’ai été assez déçu dans l’ensemble, même si la partition de Charles Denner en vieux garçon est irresistible.

     
    • Marc Provencher

      29 juin 2018 at 20 h 03 min

      Quand même, ‘SI C’ÉTAIT À REFAIRE’, vraiment ?

       
      • Kinskiklaus

        29 juin 2018 at 20 h 11 min

        Yep, j’ai beaucoup aimé. C’est frais, c’est tendre et superbement interprété.

         
  10. JICOP

    12 janvier 2019 at 19 h 24 min

    2 scènes extra dans le film : le fou rire de Belmondo et Annie dans un  » diner  » face à un cuistot U.S qui découvre la monnaie Française : irrésistible .
    La détresse d’Annie dans une boite de jazz sous le regard impuissant de Bebel : irrésistible .
    Le film démarrait assez mal avec beaucoup de bavardages inutiles et de scènes dans le vide avant de trouver son véritable interet comme authentique road-movie .
    Jusqu’à la sublime scène finale et l’on se rappelle si besoin était quelle magnifique comédienne était Annie Girardot .

     

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