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« CASINO ROYALE » (1967)

09 Fév

CASINOROYALE2« CASINO ROYALE », réalisé à quatre mains dont celles de John Huston, se voudrait une folie autour de la folie 007 qui déferlait alors sur le monde à chaque sortie d’un nouveau James Bond. C’est écrit – enfin, si on veut – dans cet esprit ‘camp’ qui faisait fureur avec les séries TV « BATMAN » ou « DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX » et… cela dure plus de deux heures.

Que dire ? C’est quasiment irregardable aujourd’hui, mais ça devait déjà l’être hier. Une sorte d’énorme pudding composé de sketches disparates, reliés par une trame très vague et sans intérêt. L’humour est lourd, répétitif, les décors sont hideux. La seule raison d’endurer tout cela est la BO vintage de Burt Bacharach qui insuffle un semblant d’entrain à la chose et l’avalanche de ‘guest stars’ et de jolies filles qu’on dirait échappées d’un show de Jean-Christophe Averty.

David Niven est un Bond vieillissant et précieux, Peter Sellers incarne… on ne sait pas très bien qui, Orson Welles s’autopastiche avec verve et Woody Allen, si peu drôle qu’il en devient embarrassant, joue le neveu débile et maléfique de Bond. Heureusement, Ursula Andress, Daliah Lavi, Barbara Bouchet et Jacqueline Bisset sont ravissantes, Joanna Pettet est une Mata-Hari très craquante. Le temps de fugitifs caméos, on reconnaît George Raft avec sa pièce de « SCARFACE », William Holden en agent de la CIA, Peter O’Toole jouant de la cornemuse et même Jean-Paul Belmondo en légionnaire moustachu et jovial. Mais celle qui émerge vraiment, c’est Deborah Kerr irrésistible en châtelaine écossaise à l’accent à couper au couteau et à la libido exigeante.

« CASINO ROYALE » est le film d’une époque, dont il résume parfaitement les excès, les complaisances, la liberté aussi. On se demande tout de même comment, après avoir lu le scénario, autant de vedettes devant et derrière la caméra ont pu apposer leur signature au bas d’un contrat.

CASINORPYALE

JOANNA PETTET, DAVID NIVEN, JEAN-PAUL BELMONDO ET JACQUELINE BISSET

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11 réponses à “« CASINO ROYALE » (1967)

  1. lemmy

    9 février 2018 at 9 h 26 min

    Effectivement, une bien belle moustache pour un Belmondo apparemment très jovial 🙂 Je ne me souvenais pas qu’il y avait la magnifique Kerr dans ce film. A revoir, mais mon dvd est en pourri.

     
  2. Miguel

    9 février 2018 at 9 h 59 min

    En produisant et transformant l’œuvre de Ian Fleming en satire grotesque, on aurait voulu détruire l’impact de 007 sur le public qu’on ne se serait pas pris autrement.

     
  3. lemmy

    9 février 2018 at 10 h 15 min

    Après, l’oeuvre de Fleming et les films officiels ne sont pas d’un sérieux papal, c’est même parodique en soi.

     
  4. Patrick

    9 février 2018 at 11 h 37 min

    J’aime bien ce type de comédie avec plein de vedettes, on en fait plus de comme ça certes en le revoyant il m’avait fait moins rire cependant ça reste agréable et divertissant à regarder.

     
  5. Marc Provencher

    9 février 2018 at 13 h 55 min

    « C’est quasiment irregardable aujourd’hui, mais ça devait déjà l’être hier. »

    Je confirme ! C’était déjà indigeste et pas drôle même pour un enfant dans les seventies. Et en plus, j’étais trop jeune alors pour Daliah Lavi et ses accortes consœurs.

     
  6. Corey

    9 février 2018 at 17 h 11 min

    Bondien passionné et acharné, je crois que je n’ai jamais été au bout…

     
  7. JICOP

    9 février 2018 at 18 h 09 min

    Déjà le film est trop long.
    Ensuite comment donner un film un minimum homogène avec 4 réalisateurs différents ( dans tous les sens du terme d’ailleurs) .
    Résultat un bordel sans nom ou chaque acteur vient faire son numéro en marchant sur les pieds de l’autre en brassant un maximum d’air.
    Le scénario à du être écrit dans le quartier hippie de San Francisco avec LSD et Jefferson Airplane en toile de fond.
    David Niven n’a rien d’un Bond.
    Il faut beaucoup d’indulgence pour apprécier un tel film qui peut quand même être vu comme un témoignage d’une époque.

     
  8. lemmy

    9 février 2018 at 19 h 09 min

    Et pourtant Ian Fleming ne voyait que David Niven pour le rôle de Bond au cinéma, qu’il considérait idéal pour ce rôle… Mais il était trop vieux à l’époque.

     
  9. Marc Provencher

    9 février 2018 at 21 h 06 min

    Mon expérience d’alors avec ‘CASINO ROYALE’ est à rapprocher d’une autre déception datant de la même époque, vue pareillement à la télé d’après-midi : ‘START THE REVOLUTION WITHOUT ME’, avec un casting – sur papier ! – royal (Gene Wilder et Donald Sutherland) et où Orson Welles, là aussi, officiait en pure perte. Avec la comédie, rien à faire, c’est comme ça : quand ça ne lève pas, ça ne lève pas.

     
  10. Dino Barran

    10 février 2018 at 16 h 20 min

    Entre La rupture de Chabrol et Casino Royale, tu chroniques deux beaux gâchis, cher Fred !
    À rapprocher de What’s new Pussycat, sorti à la même époque avec un casting comparable, qui n’était pas tellement plus drôle.
    Orson Welles, qui joue Le Chiffre, était paraît-il consterné de voir tout cet argent gaspillé, alors que lui-même avait des difficultés insurmontables à réunir le financement de The other side of the wind…

     
  11. walkfredjay

    10 février 2018 at 17 h 08 min

    Oui, il arrive que le cinéphage audacieux ait des mauvaises mains !

     

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