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« VENGEANCE AVEUGLE » (1989)

24 Fév
BLIND

RUTGER HAUER ET MEG FOSTER

Quel drôle de film que « VENGEANCE AVEUGLE » ! On dirait un film de sabre avec un super-héros aveugle, qu’on aurait adapté en comédie en dernière minute. La signature de Philip Noyce (« CALME BLANC ») donne plutôt confiance, mais on déchante vite.BLNDFURY-CTIT-KEYART.tif

Les films des années 80, on le sait, ont généralement beaucoup vieilli : photo, musique, bande-son, coupes de cheveux, c’est une torture pour les yeux et les oreilles. Et ce film ne fait hélas, pas exception à la règle. Pourtant l’idée était sympathique : un rescapé du Vietnam revient aveugle aux U.S.A. pour retrouver son meilleur copain qui l’abandonna en plein combat. Mais celui-ci est la proie de la mafia de Miami et notre survivant – devenu un expert du sabre – va l’aider à se sortir du pétrin.

Le problème, c’est que tout sonne faux dans « VENGEANCE AVEUGLE ». Du parti-pris de Rutger Hauer de jouer son ‘Parker’ avec un sourire benêt à la Stan Laurel et un air ahuri, jusqu’à sa relation avec le fils de son ami (l’irritant Brandon Call) calquée sur celle de « SHANE ». Les seconds rôles sont absolument abominables, Terry O’Quinn n’a pas grand-chose à faire et Meg Foster n’apparaît que le temps de… disparaître. Quant à Randall « Tex » Cobb, en homme-de-main grognant comme un grizzly, il n’a jamais été plus mauvais. C’est dire !

Que retenir ? Un ou deux combats dans un champ de maïs ou contre un champion japonais, des répliques vaguement amusantes çà et là (« Nice doggie », dit Rutger en enjambant un alligator). Mais les deux tendances du scénario – action et comédie – ne s’harmonisent jamais et semblent même se télescoper, voire s’annuler l’une l’autre. Réalisateur compétent et efficace, Noyce signe là un travail routinier et paresseux, probablement pas très inspiré par son matériau.

BLIND3

RUTGER HAUER ET TERRY O’QUINN

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19 réponses à “« VENGEANCE AVEUGLE » (1989)

  1. Thomas

    24 février 2018 at 8 h 45 min

    film insiré par la saga japonaise des Zaiotichi qui vaut surtout pour la présence lors du final de Sho Kosugi (Ultime Violence, Prière pour un Tueur)

     
  2. Patrick

    24 février 2018 at 9 h 08 min

    C’est vrai que ce film est inégal mais il est cependant relativement divertissant et pas désagréable à regarder.

    Sinon on dénigre facilement et souvent le cinéma des années 80 mais au moins cette décennie avait son style propre.

     
  3. JICOP

    24 février 2018 at 9 h 27 min

    Vu il y a ( très) longtemps !!!…ben quoi.
    Moi aussi je peux faire comme Patrick. Une chronique bien saignante. Hé ouais 😛

     
  4. JICOP

    24 février 2018 at 9 h 36 min

    L’affiche est une ignominie sans nom.
    Le film, lui, est idiot.
    Je me souviens plus exactement mais comme beaucoup de ces films des années 80, il devait y avoir ces affreuses batteries synthétiques qui parasitaient la bande son.
    On jette pas tout des années 80, mais ça , c’était particulièrement ignoble.
    Pauvre Rutger Hauer, c’était déjà le début de la fin pour lui.
    On est très loin des Zatoichi, ou même du  » Blindman  » de Ferdinando Baldi… Bien loin !!

     
  5. Seb

    24 février 2018 at 12 h 20 min

    C’est peut-être une question de sensibilité mais je trouve que beaucoup de films et musiques des années 80 vieillissent très bien contrairement à l’éternel cliché qui veut qu’on jette la majorité de cette décennie à la poubelle. Comme le dit Patrick c’est sans doute la dernière époque à ce jour, culturellement parlant, qui a une réelle identité: depuis la moitié des années 90 on est essentiellement dans la nostalgie et le recyclage ce qui n’est pas très excitant, avouons-le. Pour moi un film ne vieillit pas vraiment parce qu’il est marqué par son époque (ce qui est certes très prégnant pour les 80’s) mais plutôt quand il perd de son énergie, de sa force de frappe initiale… je trouve en ce sens de nombreuses oeuvres des années 1990 et 2000 déjà beaucoup plus « obsolètes » que des films de l’ère Reagan pourtant gorgés de synthétiseurs et de coupes de cheveux choucroute !

     
    • Patrick

      24 février 2018 at 17 h 24 min

      Bravo 🙂

       
  6. Kinskiklaus

    24 février 2018 at 13 h 12 min

    Bravo pour ce commentaire fort pertinent, Seb. Moi-même, j’ai parfois dénigré jadis les années 80 mais je me rends compte maintenant à quel point l’identité de cette décennie, dans tous les arts, fut parfois baignée de grâce. Même constat que toi au sujet des années 90 et 2000. On s’ennuie au cinéma, en musique etc. Uniformisation à tous les étages.

     
    • Seb

      24 février 2018 at 17 h 23 min

      Même chose Klaus, j’ai pas mal dénigré les 80’s à une époque… aujourd’hui, eh bien j’ai tout un tas de musique de ces années-là dans ma collec. J’aurais jamais penser me passer régulièrement Jump de Van Halen en boucle il y a encore une dizaine d’années, par exemple !

       
  7. Thomas

    24 février 2018 at 19 h 51 min

    Oui ayant grandi dans Les années 80, je n’ai aucun problème avec le ciné de cette période quant vu en plus beaucoup des classiques eighties en salle (Ghostbuster, Terminator, Piège de Cristal, Indiana Jones, L’Arme Fatale, Predator)

     
  8. Magali

    24 février 2018 at 23 h 18 min

    C’est juste un honnête et agréable film alimentaire dans la modeste filmo de Rutger Hauer, pas besoin de prise de tête avec le scénar’. Mais je le préfère, quand même, nettement plus jouissif et déjanté dans « Hitcher ».
    Personnellement, les eighties a été la période la plus prolifique en terme de création cinématographique. Nous en regardons encore et toujours comme autant de plaisir coupable, aussi mauvais qu’ils soient le plus souvent. Une véritable bouffée de fraîcheur et de liberté je vous dit !

     
    • JICOP

      25 février 2018 at 9 h 35 min

      Bienvenue Magali !!! 🙂
      Pour ton intronisation au club , je commencerai à etre en désaccord avec toi .
      Pour moi c’est la décennie des années 70 qui est la plus prolifique , que ce soit en France , aux USA ou en Italie pour ne citer que ces pays .
      Les années 80 ont généré de prodigieux films ( surtout dans la première moitié ) mais aussi des films idiots ou inutiles ( au hasard  » Top Gun  » ,  » Rocky IV  » ,  » Flashdance  » ).
      Il peut y avoir un contexte nostalgique pour ceux , comme moi , qui étaient ados à cette époque mais on peut quand meme garder un œil critique .
      N’oublions jamais les coupes mulets , les justaucorps fluos , les synthés pourris et autres filtres .
      Quand à Hauer , quand on regarde  » la chair et le sang  » ,  » Blade runner  » ou effectivement  » Hitcher  » , on sait qu’on l’a perdu en cours de » route .

       
      • Kinskiklaus

        25 février 2018 at 10 h 41 min

        Mince, yep, j’avais mal lu le commentaire de Magali. Je te rejoins complètement, Jicop. Disons que la décennie 80 fut la dernière prolifique et créative.

         
  9. Kinskiklaus

    25 février 2018 at 0 h 00 min

    Quel plaisir de te revoir ici, Magali ! En un commentaire, tu parviens à nous démontrer qu’en plus d’être une femme, tu es intelligente. Les deux qualités que je préfère chez une personne ! Alors, que penses-tu du remake de « Les sept mercenaires » ? Pour revenir au film chroniqué ici, jamais vu et pas certain d’être tenté. Je rejoins l’ami Jicop quant à la laideur de l’affiche.

     
    • Edmond

      25 février 2018 at 16 h 42 min

      Belle affiche Ed ! Bien meilleure que celle de l’Honoable Fred 😉

       
  10. Daniel

    25 février 2018 at 17 h 50 min

    A mon avis, et en dehors des classiques cités par Thomas , les années 80 ont carrément tué le cinéma populaire intelligent et bien évidemment la fin des années 60 et les années 70 ont été les plus créatives depuis les 40 et 50. Malheureusement , ce cinéma des années 80 a fait école et on en subit encore les conséquences aujourd’ hui dans le traitement des sujets et nul doute que nombre de films récents passeront pour ridicules dans très peu de temps. Le succès des séries tv actuelles confirme un peu mon propos . En résumé, le jour on quelqu’ un m’ a parlé de chef d’ œuvre en parlant de  » Rambo », j’ ai su que le cinéma avait pris une autre route , celle où les travaux ne sont pas près d’ être finis.

     
    • JICOP

      25 février 2018 at 19 h 09 min

      Les films que j’ai précédemment cités reflètent assez bien tes propos, Daniel.
      Toutefois, je ne mettrai pas  » Rambo-first blood  » dans le lot.
      Le film de Kotcheff est, à mon sens, un bon film qui tient encore de cette remise en question amère des idéaux typique des années 70.
      Ce qui ne sera plus le cas dans les opus suivants.
      On peut faire le même constat pour les  » Rocky « : petit film sur un loser magnifique pour le premier pour arriver à une glorification idiote et béate de l’américan way of life pour le 4.

       
      • Kinskiklaus

        25 février 2018 at 21 h 34 min

        Entièrement d’accord avec toi Jicop à propos des premiers Rocky et Rambo.

         
  11. Seb

    25 février 2018 at 18 h 31 min

    C’est vrai que les années 80 (et même la fin des années 70) ont amorcé l’ère des grosses machines pour gros bébés qui pullulent aujourd’hui plus que jamais dans les salles et dont je tiens pour grandement responsables Lucas et Spielberg. Par ailleurs, on peut certes garder un sens critique et admettre qu’il y avait, dans le cinéma populaire, plus de chefs-d’oeuvre des années 20 aux années 70 que dans les années 80… mais Commando avec Schwarzie, c’est quand même autrement plus fun que les Transformers ou les Avengers, non ?

     

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