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« LES YEUX SANS VISAGE » (1960)

25 Fév
YEUX

EDITH SCOB

Adapté d’un roman par Boileau-Narcejac assistés de… Claude Sautet (également crédité comme assistant-réalisateur), réalisé par Georges Franju, « LES YEUX SANS VISAGE », film d’horreur à la française, évoque à la fois les vieux classiques U.S. de la Universal et l’univers de Cocteau.YEUX3 Le scénario est simple, voire mince : un éminent chirurgien kidnappe des jeunes femmes pour leur ôter la peau du visage et la greffer sur celui de sa fille défigurée, afin de rendre à celle-ci sa beauté envolée. Mais il doit s’y reprendre à plusieurs fois et multiplie les victimes.

C’est très linéaire, sans beaucoup de péripéties, ce qui explique probablement pourquoi Franju ellipse très peu les actions, les étire au maximum en « temps réel ». Ainsi l’opération de Juliette Mayniel est-elle si longue et détaillée voire ‘gore’, qu’elle en devient presque insoutenable. C’est parfois fastidieux, mais cette méthode immerge complètement dans le film et augmente l’ambiance angoissante et morbide. La photo noir & blanc (Eugen Schüfftan) est absolument magnifique et la BO de Maurice Jarre lancinante jusqu’au malaise.

En « mandarin » psychorigide, bouffi de suffisance, Pierre Brasseur crée un curieux personnage avec un ‘god complex’. À ses côtés, Alida Valli joue sa « rabatteuse » obéissant aveuglément à ses ordres, Béatrice Altariba une mignonne kleptomane, Claude Brasseur un jeune flic. Mais la distribution est dominée par Edith Scob, fascinante dans le rôle de l’ange au masque mortuaire. Elle n’apparaît avec son vrai visage – momentanément restauré – que dans une séquence, mais apporte son mystère éthéré à tout le film. Sa dernière scène, fantôme parmi les fantômes dans le parc, entourée de colombes, est inoubliable.

« LES YEUX SANS VISAGE » a vieilli, les scènes de commissariat semblent extraites d’une série de l’ORTF et les acteurs sont souvent raides et mal à l’aise, mais le film contient suffisamment de moments glauques et/ou poétiques, pour garder une bonne partie de sa magie.

YEUX2

EDITH SCOB ET BÉATRICE ALTARIBA

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11 réponses à “« LES YEUX SANS VISAGE » (1960)

  1. JICOP

    25 février 2018 at 9 h 43 min

    Assez d’accord dans l’ensemble .
    Un étrange film sauvé de l’oubli par son theme et par l’apport de Franju qui n’a pas son pareil pour créer une ambiance étrange et presque onirique à son métrage .
    On peut débattre sur la qualité intrinsèque du film mais celui-ci a influencé bon nombre de réalisateurs de films fantastiques et d’œuvres diverses , jusqu’à Billy Idol pour sa magnifique chanson  » Eyes without a face  » .

     
  2. Kinskiklaus

    25 février 2018 at 10 h 44 min

    Oui, un excellent film qu’il faut replacer dans son contexte de l’époque pour en savourer pleinement sa portée. Et effectivement, il influença bon nombre d’artistes de tous horizons. Pierre Brasseur y est pour une fois supportable (il cabotine moins qu’à son habitude).

     
    • Miguel

      25 février 2018 at 12 h 24 min

      Pierre Brasseur n’a jamais cabotiné.

       
      • Kinskiklaus

        25 février 2018 at 12 h 29 min

        « Pierre Brasseur n’a jamais cabotiné. » Non, disons juste qu’il a probablement influencé Samuel L. Jackson ! (oh, la pirouette !)

         
  3. Miguel

    25 février 2018 at 12 h 04 min

    Les extérieurs nuit sont éclairés avec juste quelques spots toujours bien placés, ambiance lugubre réussie.

     
  4. Ed Cercueil

    25 février 2018 at 13 h 23 min

    Excellent film que j avais vu à la télé. J avais accroché illico grâce aux acteurs principaux . Vais me mettre en chasse de ce film ainsi que du testament du docteur cordelier

     
  5. Patrick

    25 février 2018 at 15 h 23 min

    Les films d’épouvante français sont peu nombreux et les réussis encore moins, celui-ci est vraiment à découvrir et a inspiré pas mal de monde.

     
  6. Seb

    25 février 2018 at 17 h 27 min

    Un certain ennui pour ma part devant ce film d’épouvante à l’ancienne quelque peu languissant, mais à revoir peut-être un jour…

     
  7. Daniel

    25 février 2018 at 17 h 38 min

    Pierre Brasseur , Jules Berry…de joyeux cabotins qui ont grandement influencé Jean Paul Belmondo ! Mais eux , on leur pardonne mais Samuel L. Jackson ….c’ est a fuir !

     
  8. lemmy

    25 février 2018 at 19 h 04 min

    Immense classique du cinéma. J’ai eu la chance de le voir présenté il y a quelques années par Edith Scob et Jacques Champreux lors du festival du film fantastique de Strasbourg, devant une maigre assemblée.

     
  9. Marc Provencher

    26 février 2018 at 18 h 28 min

    C’est vrai que ce classique (et ovni) du cinéma français a un peu vieilli par certains aspects… mais ça ne fait qu’ajouter à son charme !

     

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