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Archives Mensuelles: mars 2018

STÉPHANE AUDRAN : R.I.P.

AUDRAN

STÉPHANE AUDRAN (1932-2018), SINGULIÈRE COMÉDIENNE RENDUE CÉLÈBRE PAR SES FILMS AVEC CLAUDE CHABROL ET « LE FESTIN DE BABETTE ».

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Publié par le 27 mars 2018 dans CARNET NOIR, FILMS FRANÇAIS

 

TOM REESE : R.I.P.

REESE

TOM REESE (1928-2018), SECOND RÔLE DES ANNÉES 60 ET 70, TRÈS ACTIF À LA TV, ABONNÉ AUX PERSONNAGES DE BRUTES ÉPAISSES

 
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Publié par le 27 mars 2018 dans CARNET NOIR

 

« SOUDAIN, L’ÉTÉ DERNIER » (1959)

SOUDAIN

ELIZABETH TAYLOR

Adapté par Tennessee Williams et Gore Vidal de la pièce du premier, réalisé par le vénérable Joseph L. Mankiewicz, « SOUDAIN, L’ÉTÉ DERNIER » est une sorte de film-monstre dont le sujet hallucinant de turpitudes, a miraculeusement, et pour l’essentiel, échappé à la censure de l’époque.SOUDAIN2

Situé en 1937, sans qu’on ne sente jamais une volonté d’ancrer le film dans ces années-là, le scénario confronte une vieille milliardaire à demi folle (Katharine Hepburn) à un jeune psychiatre (Montgomery Clift) qu’elle veut convaincre de lobotomiser sa nièce (Elizabeth Taylor). En effet, celle-ci fut témoin au Mexique de la mort de son cousin, idolâtré par sa maman, et semble avoir tout oublié. En fouillant dans l’esprit verrouillé de la jeune femme, Clift va découvrir de bien putrides secrets.

Williams étant ce qu’il est, on nage en eaux très troubles : inceste larvé, tourisme sexuel, cannibalisme, viols, asiles de fous antédiluviens, cupidité morbide, l’auteur va au fond de ses obsessions les plus sordides. C’est très bavard, origines théâtrales obligent, cela tourne trop autour du pot, mais cet empilement de névroses finit par atteindre son but : hypnotiser le spectateur et l’enfermer dans cet univers de cinglés dont le véritable protagoniste, le « cousin Sebastian » est mort bien avant le début du film !

Le noir & blanc de Jack Hildyard est superbe, la déco magnifique (le jardin tropical) et le trio de stars au diapason : Hepburn totalement perchée, qui semble faire vingt ans de plus que ses 52 ans et qui a des monologues qui mettent mal à l’aise. Clift effacé et fragile et Taylor qui n’a peut-être jamais été plus belle et plantureuse, même si son jeu est, comme toujours, très mécanique et appliqué.

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KATHARINE HEPBURN, ELIZABETH TAYLOR ET MONTGOMERY CLIFT

Il faut connaître et aimer les codes de Tennessee Williams pour pénétrer dans cette histoire glauque et malsaine à souhait, mais le travail de Mankiewicz est solide et quelques moments (comme le flash-back relatant le meurtre barbare de Sebastian, ou la « fosse » à l’hôpital) s’impriment durablement dans la mémoire. Pas pour tous les goûts, c’est certain, car contrairement à ce que disait un de nos rockers disparus, on n’a pas tous en nous quelque chose de Tennessee !

 

HAPPY BIRTHDAY, TENNESSEE !

WILLIAMS

TENNESSEE WILLIAMS (1911-1983), DRAMATURGE SUDISTE DONT L’OEUVRE POURTANT SINGULIÈRE A SU ATTIRER LES ADAPTATIONS À HOLLYWOOD.

 

« THERE WILL BE BLOOD » (2007)

BLOODAdaptant un roman d’Upton Sinclair, Paul Thomas Anderson signe avec « THERE WILL BE BLOOD » son film le plus maîtrisé, le plus saisissant. C’est une œuvre austère, âpre, traitant au travers du destin d’un pétrolier de la fin du 19ème siècle aux années 30, de l’Amérique, du capitalisme, de la non-existence de Dieu et de la décomposition de toutes les valeurs morales ou familiales oblitérées par la cupidité.

Avec son image monochrome très sombre, sa musique stressante, sa façon de filmer des paysages dénudés, tristes et sans poésie, Anderson délaisse l’esthétisme à la Terrence Malick pour se concentrer sur le portrait de Daniel Day-Lewis, véritable monstre à visage humain. Un ambitieux dépourvu du moindre scrupule, cruel et violent, totalement paranoïaque et de plus en plus dangereux à mesure qu’il vieillit. Immergé dans ce personnage aussi odieux que fascinant, l’acteur trouve un des rôles de sa vie. Il a plusieurs scènes extraordinaires au fil du récit, mais les deux face-à-face avec son fils puis avec ‘Eli’ l’homme d’Église, le faux prophète qu’il hait depuis des décennies, frôlent le pur génie. Rarement incarnation de la folie et du Mal absolu aura été aussi convaincante sur un écran. Day-Lewis est pour 90% dans la réussite du film, même s’il est très bien entouré par Paul Dano jouant sa Némésis à tête de fouine, le toujours parfait mais ici très discret Ciarán Hinds incarnant son bras-droit et Kevin J. O’Connor acteur volontiers cabotin, ici remarquable en imposteur.

« THERE WILL BE BLOOD » est un « epic » intimiste qui explore l’âme noire d’un homme sans affect, rongé de l’intérieur, dont on ne saura jamais les traumatismes de jeunesse, à peine suggérés çà et là par quelques touches. À voir pour sa perfection formelle, sa rigueur et surtout, répétons-le, pour le travail stupéfiant de Daniel Day-Lewis au sommet de son art de l’incarnation.

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DANIEL DAY-LEWIS ET KEVIN J. O’CONNOR

 

ANDY LEWIS : R.I.P.

LEWIS

ANDY LEWIS (1925-2018), AUTEUR DE SÉRIES TV DES ANNÉES 60, CONNU POUR UN SEUL SCÉNARIO, MAIS PAS DES MOINDRES : « KLUTE ».

 
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Publié par le 25 mars 2018 dans CARNET NOIR

 

« LE FAUVE EST LÂCHÉ » (1959)

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LINO VENTURA

« LE FAUVE EST LÂCHÉ » est un des premiers films de Lino Ventura en tête d’affiche et la signature du généralement moyen Maurice Labro ne laissait pas espérer autre chose qu’un énième film « de bagarre » poussiéreux exploitant la carrure de l’ex-catcheur. C’est pourquoi la réussite du produit ne laisse de surprendre. Il faut probablement y voir la griffe d’un Claude Sautet, omniprésent – dans l’ombre – en tant que coscénariste, premier assistant et même coréalisateur non-mentionné au générique.FAUVE

Toujours est-il qu’avec son scénario solide et rigoureux, « LE FAUVE EST LÂCHÉ » offre à Ventura un rôle qu’il reprendra souvent par la suite, celui d’un ancien truand, ex-barbouze rangé des voitures et obligé par la DST de reprendre du service pour récupérer des documents secret-défense. Au-delà de l’anecdote très banale, c’est le dilemme du héros qui porte l’action : forcé de « balancer » son meilleur ami Paul Frankeur, Lino va devoir jouer sur plusieurs tableaux pour sauver son honneur, jusqu’à ce que son jeune fils soit kidnappé par le méchant Jess Hahn et que plus rien ne le retienne, comme l’indique le titre.

Difficile de savoir qui a tourné quoi, mais les scènes de parlotte sans intérêt alternent avec d’excellentes séquences d’action, comme celle d’Étretat où Lino est coincé dans une grotte à marée montante. L’acteur est parfait. Le coup de sang qu’il pique au téléphone, en menaçant ses ennemis, est même une des meilleures choses qu’il ait faites à l’écran. Autour de lui, de bons acteurs comme Frankeur crédible en vieux malfrat loyal, François Chaumette en factotum des services d’espionnage, l’inquiétant Eugène Deckers en homme-de-main et de jolies actrices comme Estella Blain ou Nadine Alari. Bien dialogué par Frédéric Dard, vigoureusement mis en scène et monté pratiquement sans temps mort, « LE FAUVE EST LÂCHÉ » porte en lui les prémices de la carrière de Ventura et tient étonnamment bien la distance quand on le revoit aujourd’hui. Du bon cinoche d’action hexagonal, porté par un Lino de 40 ans qui assure vaillamment lui-même toutes les cascades. Une excellente surprise ! L’année suivante, l’acteur retrouvera « officiellement » Claude Sautet pour « CLASSE TOUS RISQUES ».

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ESTELLA BLAIN, LINO VENTURA ET PAUL FRANKEUR