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« EDEN LAKE » (2008)

16 Juil

EDEN.jpgPour donner une vague idée de l’électrochoc provoqué par la vision de « EDEN LAKE », imaginons que la séquence du viol de « DÉLIVRANCE » ne durerait pas quelques minutes, mais toute la durée du film ! D’ailleurs, le point de départ du scénario semble être un clin d’œil au chef-d’œuvre de John Boorman : le couple de ‘yuppies’ s’en va visiter un lac pour la dernière fois avant qu’il ne soit asséché, comme les quatre citadins avec la rivière sauvage.

Écrit et réalisé par James Watkins, « EDEN LAKE » est un œuvre d’une violence, d’une barbarie inouïes. Kelly Reilly et Michael Fassbender gentil couple en week-end vont devoir affronter les pires monstres qui se puissent imaginer : une bande d’adolescents menés par Jack O’Connell, psychopathe en herbe, qui vont les entraîner dans un engrenage sanglant de mort et de tortures. La montée du suspense et de l’horreur est admirablement menée, atteignant dans sa conclusion, des sommets rarement atteints. Il ne faut pas compter ici sur les clichés et conventions du cinéma de genre, « EDEN LAKE » est solidement enraciné dans un réalisme atroce et totalement crédible. L’idée de génie étant que le Mal absolu est incarné par un ado. « They’re just kids ! » sanglote une mère à la fin. Le dernier gros-plan, face au miroir, démontre sans emphase que le diable peut prendre toutes les formes, tous les âges.

Kelly Reilly trouve le rôle de sa vie, une prestation extrêmement physique qui voit la gentille institutrice proprette se métamorphoser en gibier traqué, couvert de boue, de vase et de sang. Fassbender donne une épaisseur à un rôle de M. Tout le monde confronté à la violence bestiale, faisant passer toutes les nuances de sa descente aux enfers. Quant à O’Connell, il est proprement terrifiant, bien davantage que tous les serial killers de ‘slashers’ où les clowns maléfiques de Stephen King.

EDEN2

KELLY REILLY, JACK O’CONNELL ET MICHAEL FASSBENDER

« EDEN LAKE » fait penser à « THE DESCENT » dans sa perfection formelle, dans le portrait en décomposition de son héroïne et dans l’état de choc dans lequel il laisse le spectateur non-averti. Un petit bijou de terreur.

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9 réponses à “« EDEN LAKE » (2008)

  1. Kinskiklaus

    16 juillet 2018 at 11 h 03 min

    Agaçant tu es, jeune Fred. Je n’ai plus rien à ajouter tant à la lecture de ton article il est évident que nos ressentis positifs se rejoignent en tout point. « Eden lake » est un bijou, un de ces bijoux que vous gardez en mémoire très longtemps. Et ô bonheur, il supporte le « revisionnage » sans problèmes et sans rien perdre de son intérêt (effet de surprise mis de côté). A voir absolument !

     
    • Patrick

      16 juillet 2018 at 13 h 55 min

      Très bon film parfaitement tendu du début à la fin par contre bijou il ne faut pas exagérer non plus.

       
      • Seb

        16 juillet 2018 at 14 h 03 min

        Voilà, j’ai l’impression qu’on s’enflamme et qu’on hyperbolise un peu beaucoup sur BDW2 pour un film certes efficace et bien fichu mais pas non plus le chef-d’oeuvre du siècle et bla-bla-bla… pour tout dire, je l’ai vu il y a deux ans et ne m’en souviens déjà plus très bien ; après, ça ne veut pas dire que je ne le reverrais pas avec plaisir !

         
      • walkfredjay

        16 juillet 2018 at 15 h 48 min

        L’hyperbole est signe d’enthousiasme et de contentement. Je vois beaucoup de films de ce genre (et d’autres) et je suis heureux quand l’un d’eux arrive à me surprendre, à me faire l’effet d’un défibrillateur.

         
      • walkfredjay

        16 juillet 2018 at 15 h 47 min

        Pour moi en tout cas, c’en est un !

         
      • Seb

        16 juillet 2018 at 17 h 06 min

        Ah mais pareil, je vois beaucoup de films de ce genre et suis toujours enthousiaste quand je tombe sur quelque chose qui sort de la mêlée ! Après, j’aime toujours attendre quelques semaines voire quelques mois pour y repenser à tête reposée… et là, si je garde un bon souvenir du film en question, j’arrive à mieux faire la part des choses et à me dire qu’il ne s’agit peut-être pas d’un chef-d’oeuvre, ce terme tant galvaudé (surtout pour un genre qui en compte finalement peu).

         
      • walkfredjay

        16 juillet 2018 at 17 h 14 min

        J’ai fait le chemin inverse : beaucoup aimé à sa sortie, un peu oublié et adoré à seconde vision. Je crois que tout est question de timing et de mood.

         
  2. Kinskiklaus

    16 juillet 2018 at 15 h 42 min

    Personne n’a parlé de chef-d’oeuvre du siècle, Seb. Mais un bijou, dans le genre, oui. Et à mon goût, ils sont devenus rares ces vingt dernières années.

     
  3. JICOP

    30 juillet 2018 at 16 h 25 min

    Vu hier soir . Sacré film en effet .
    Le parallèle avec  » the descent  » est évident . La scène ou Kelly Reilly sort d’une poubelle ; ruisselante de sang , de merde ; et devenue presque une non-humaine est assez révélatrice .
    D’ailleurs les producteurs sont les memes pour les deux films .
    Le film est concis , percutant et la durée minimum .
    Il y a quelques défauts quand meme ; la manière dont les personnages se croisent sans arret dans cette grande foret et ses environs est un peu automatique , les plans en camera subjective semblent sortir d’un vieux  » vendredi 13  » , Kelly Reilly le pied troué continue de courir sans trop de probleme … mais bon ; à coté de ça le film fiche une claque assez violente quand meme .
    C’est d’un pessimisme absolu et terriblement actuel quand on prend connaissance de certains faits divers de ce coté ci de la Manche .
    Ni l’age ni le sexe ne font rien à l’affaire quand on est psychopathe , on est psychopathe . Ames sensibles s’abstenir .

     

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