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« LE VILAIN AMÉRICAIN » (1963)

21 Sep

UGLY.jpgOn peut rejeter en bloc « LE VILAIN AMÉRICAIN » de George Englund en n’y voyant qu’un pensum didactique, une leçon de géopolitique soporifique et se demander ce qui a bien pu attirer Marlon Brando dans ce rôle d’ambassadeur naïf et imbu de lui-même, pas spécialement compétent et assez tête-à-claques. À part, probablement, le discours du film.

Mais on peut aussi, avec un peu de patience, apprécier le courage d’un scénario refusant le manichéisme anticommuniste et les amalgames et démontant avec une grande lisibilité les rouages d’un univers opaque où les révolutionnaires, les occidentaux bien-pensants ne sont que les pions aveugles et crédules de grandes puissances qui les manœuvrent à loisir. Le film est trop long, infiniment trop bavard, mais certains face-à-face entre Brando (qui arbore le patronyme ô, combien symbolique de « MacWhite » !)  et Eiji Okada (dont l’anglais est plus intelligible que le français dans « HIROSHIMA, MON AMOUR » trois ans plus tôt), amis puis ennemis, sont passionnants bien que théâtraux et la Thaïlande offre de beaux extérieurs.

Brando est inhabituel en politicien arrogant, sûr de lui et de ses certitudes. Son charisme physique atténué par une petite moustache ridicule, il compose un personnage complexe, impuissant, berné du début à la fin. Il se laisse voler la vedette par Okada, excellent en leader passionné et lucide, inconscient de n’être qu’une marionnette. Autour d’eux quelques bons comédiens comme Pat Hingle, Jocelyn Brando (sœur de…) ou Arthur Hill. Difficile de recommander chaudement un film comme « LE VILAIN AMÉRICAIN », souvent fastidieux et balourd, mais il mérite tout de même un coup d’œil pour ce qu’il a à dire sur l’ingérence U.S., la guerre froide ou le colonialisme en général. Et éventuellement pour Brando qui endosse crânement le caractère peu sympathique de cet ambassadeur inepte.

À noter qu’il serait certainement intéressant de voir « LE VILAIN AMÉRICAIN » en double-programme avec un autre film de Brando : « QUEIMADA » tourné six ans plus tard et qui présente plusieurs analogies avec celui d’Englund.

UGLY2

EIJI OKADA ET MARLON BRANDO

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