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« LE FAUCON MALTAIS » (1941)

23 Sep
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HUMPHREY BOGART

Inspiré d’un roman de Dashiell Hammett, « LE FAUCON MALTAIS » est le premier film réalisé par le scénariste John Huston et celui qui fit passer un Humphrey Bogart de 42 ans du stade de second rôle à celui de star à part entière.FALCON.jpeg

La première moitié est un polar à peu près traditionnel : à San Francisco, une jeune femme (Mary Astor) engage un détective privé (Bogart) pour retrouver sa sœur. Mais rien n’est aussi simple et après deux morts violentes, ‘Sam Spade’ découvre qu’il a mis le pied dans un nid de vipères impliquant une bande d’aventuriers à la recherche d’une statuette de faucon noir d’une valeur inestimable. Ces bases établies, les protagonistes campés avec verve et cynisme, le film se fige dans sa seconde partie, composée essentiellement d’échanges de dialogues théâtraux (et brillants) dans deux ou trois intérieurs. La fascination qu’exerce encore « LE FAUCON MALTAIS » bien qu’il soit indéniablement trop bavard, confus et encombré de personnages essentiels dont on parle sans cesse sans jamais les voir, provient d’abord de la personnalité de Bogart. Enquêteur vif à la répartie caustique, au poing leste, au machisme goguenard, il crée un prototype d’antihéros inédit à l’époque. Sa relation avec Astor, menteuse pathologique et manipulatrice, est un pur régal d’ambiguïté. Autour du couple mythique, d’immenses seconds rôles : Sidney Greenstreet génial en « gros homme » patelin et gloussant obsédé par l’oiseau, Peter Lorre étonnant en crapule efféminée, Elisha Cook, Jr. en jeune porte-flingue dangereux ou Ward Bond en flic sympathique. À noter, le bref caméo de Walter Huston, importante vedette de l’époque et père de John, dans un rôle de capitaine de bateau blessé à mort.

« LE FAUCON MALTAIS » n’est pas exempt de défauts et une certaine monotonie s’installe parfois. C’est un jeu de dupes entre crapules amorales et dérisoires, pour un objet-prétexte cousu « dans l’étoffe dont sont faits les rêves » (pour citer la magnifique dernière réplique) qui leur échappe constamment. Mais le film mérite qu’on passe outre ces petites scories, pour jouir de son dialogue étincelant et pour voir naître sous nos yeux un grand réalisateur du cinéma U.S. et également le fameux mythe Bogart, aussi original qu’indémodable.

FALCON3

HUMPHREY BOGART, ELISHA COOK, JR., SIDNEY GREENSTREET, PETER LORRE ET MARY ASTOR

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7 réponses à “« LE FAUCON MALTAIS » (1941)

  1. JICOP

    23 septembre 2018 at 18 h 16 min

    Ce qui me frappe le plus quand je regarde les vieux films de cette époque , et qui m’ennuie un peu du coup , c’est la prédominance de scènes en studio .
    Et les scènes  » en exterieur  » regorgent de transparence .
    Si on rajoute l’usure du temps bien normale et une mise en scène justement limitée par les contraintes du tournage en studio les films des années 40 souffrent un peu de statisme et d’artificialité .
    C’est particulièrement vrai dans  » Key Largo  » ou  » Casablanca  » .
    Malgré tout en la personne de Bogart , les studios tenaient là un sacré acteur . Meme pas beau , petit et malingre mais doué d’un charisme du tonnerre et devenu une icone du 7eme art bien malgré lui .
    En outre à l’époque Le code Hays donnait l’occasion aux dialoguistes l’occasion de briller dans des échanges pleins de sous entendus .
     » Le faucon Maltais  » reste un des plus dignes représentants du film noir du vieil Hollywood mais il n’est malheureusement pas sur que les jeunes générations se penchent sur cette époque . Le cinéma a tellement changé .

     
    • walkfredjay

      23 septembre 2018 at 21 h 31 min

      Il est certain que pour la plupart des grands classiques de studio, il faut à chaque fois se remettre dans le contexte de l’époque et accepter ces détails qui les vieillissent considérablement. Oui, on rêve parfois de vrais extérieurs pour « aérer », de scènes de rues authentiques, de plans très larges, etc. Mais bon… Aujourd’hui ne rêve-t-on pas de films sans CGI avec une vraie mise-en-scène sans storyboard, sans retakes ? À chaque époque ses problèmes…

       
    • Marc Provencher

      24 septembre 2018 at 17 h 31 min

      « Ce qui me frappe le plus quand je regarde les vieux films de cette époque, et qui m’ennuie un peu du coup, c’est la prédominance de scènes en studio. »

      C’est une des choses, à mes débuts de spectateur, qui a fait qu’au cinéma américain, je me suis mis à préférer le cinéma italien, Notamment à cause des retombées du néoréalisme, c’était un cinéma de repérages qui, sauf exception, tournait ses intérieurs en studio et ses extérieurs en décors réels. Le début de mon hypnose en la matière remonte à l’enfance, aux ‘AVENTURES DE PINOCCHIO’, qui s’ouvre dans une quasi palpable grand-rue en pente dénichée je ne sais où. Y’a pas à dire, ça fait plus vrai. (Mais pas la baleine, je le concède !). Il existe aussi plusieurs anecdotes de tournage sur Mauro Bolognini, maître dans l’art de « voler » des scènes dans la rue avec une équipe réduite, sans autorisation de tournage, au nez et à la barbe des Carabiniers.

       
  2. Patrick

    24 septembre 2018 at 8 h 55 min

    Que ce soit le roman ou le film je ne suis fan ni de l’un de l’autre.

     
  3. CASANOVA Claude

    24 septembre 2018 at 19 h 01 min

    Fasciné par la première vision, de moins en moins avec le temps comme par le roman du même nom .Tous deux me semblent aujourd’hui un peu bavards et artificiels . Pas un fan de Dashiell Hammett .

     
    • walkfredjay

      24 septembre 2018 at 19 h 38 min

      J’ai toujours eu du mal à lire Hammett aussi.
      Ce qui m’a fasciné de tout temps dans « LE FAUCON MALTAIS » c’est la relation entre Astor et Bogart, deux acteurs au physique tellement loin des canons de l’époque, à la personnalité si complexe…

       
      • Marc Provencher

        24 septembre 2018 at 20 h 18 min

        « J’ai toujours eu du mal à lire Hammett aussi. »

        Raymond Chandler rules !

         

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