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« RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL » (1957)

16 Oct
OK

BURT LANCASTER ET KIRK DOUGLAS

Sans présenter les qualités plastiques et romanesques de « LA POURSUITE INFERNALE » de John Ford, « RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL », énième version du duel mythique qui opposa le marshal Wyatt Earp et ses frères au clan des Clanton à Tombstone, a fini par l’égaler dans l’esprit des amoureux du western. John Sturges, armé d’un scénario en béton armé de Leon Uris et surtout d’un casting éblouissant signe un de ses meilleurs films.OK2

On peut trouver la mécanique trop millimétrée, le rôle de Rhonda Fleming superflu et certains décors de studio pas très heureux, mais le film balaie les réticences par l’excellent traitement de son thème principal : l’amitié entre un homme de loi psychorigide (Burt Lancaster) et un joueur tuberculeux qui tue comme il respire (Kirk Douglas). Uris bâtit cette histoire d’hommes comme une love story hollywoodienne traditionnelle : rencontre inopinée, coup de foudre, conflit, complicité grandissante, etc. D’ailleurs, l’amie de Doc Holiday est ouvertement jalouse de Earp au point de l’envoyer à la mort pour s’en débarrasser ! C’est dire que l’ambiguïté règne, mais sans insistance. Les deux acteurs sont superbes, particulièrement Douglas en âme tourmentée, suicidaire, aveuglément fidèle à ce « lawman » qu’il devrait haïr. Ses scènes avec Jo Van Fleet jouant une prostituée ni très belle, ni très jeune, sont très étonnantes dans un film de cette époque. Une relation complexe, toxique, flirtant avec le SM pur et simple. Sturges surfe avec maestria de morceaux de bravoure en séquences magnifiquement dialoguées avec une certaine raideur nullement déplaisante.

Imparfait mais puissant, devenu un vrai classique westernien après avoir été longtemps dénigré au profit du chef-d’œuvre de Ford, « RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL » permet à l’amateur de se délecter d’une distribution de seconds rôles extraordinaire : Dennis Hopper, Lee Van Cleef, John Ireland, Jack Elam (à peine figurant), Earl Holliman, DeForest Kelley et beaucoup d’autres. Un vrai régal, ce film.

OK3

KIRK DOUGLAS, JO VAN FLEET ET LEE VAN CLEEF

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40 réponses à “« RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL » (1957)

  1. Patrick

    16 octobre 2018 at 7 h 45 min

    A revoir sans doute un jour car malgré son casting comportant 2 de mes acteurs fétiches je n’ai pas accroché à ce western.

     
  2. Seb

    16 octobre 2018 at 8 h 53 min

    Se voit sans déplaisir, notamment grâce à son beau casting, mais le film souffre du style ankylosé de Sturges, ce côté lourd et figé qui affecte pas mal d’autres de ses réalisations: Les sept mercenaires, La grande évasion, Le dernier train de Gun Hill, etc. Je ne suis pas très client.

     
    • walkfredjay

      16 octobre 2018 at 9 h 04 min

      Pas faux. Mais, je ne sais pas pourquoi, c’est un réalisateur que j’ai appris à apprécier au fil des années. « UN HOMME EST PASSÉ » et « LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL » sont pour moi, de grands films. Mais je sais que généralement, Sturges n’est pas dans les petits papiers des cinéphiles.

       
      • Seb

        16 octobre 2018 at 9 h 20 min

        J’aime bien, voire beaucoup, certains de ses films comme Un homme est passé (même si là encore, on ressent que la mise en scène est un peu pesante), Sept secondes en enfer (sans doute son meilleur western), Fort Bravo, Les aventuriers du désert, La plage déserte et ou encore le méconnu Station 3 : Ultra Secret. Je crois qu’il vaut mieux que ce que certains cinéphiles disent à son sujet mais ça vaut la peine de dégotter certaines de ses oeuvres plus méconnues afin de s’en apercevoir.

         
      • Patrick

        16 octobre 2018 at 9 h 20 min

        Ces 2 films sont sans doute ce qu’il a fait de mieux.
        Je suis partagé aussi sur ce réalisateur parfois il a des films qui me plaisent vraiment et d’autres fois il m’ennuie.

        Un de ses derniers films « L’Aigle qui s’est envolé » montre qu’il était toujours capable de tourner du bon cinéma de divertissement.

         
      • Corey

        16 octobre 2018 at 10 h 26 min

        « le style ankylosé de Sturges… » Il est 11h30, mais j’ai l’impression de ne pas être encore bien réveillé quand je lis ça.

         
      • walkfredjay

        16 octobre 2018 at 10 h 34 min

        Il y a toujours un côté très rigide dans la mise en scène de Sturges, de très storyboardé dans ses cadrages, une rigueur qui exclue toute fantaisie. Personnellement, j’aime bien…

         
      • Seb

        16 octobre 2018 at 10 h 39 min

        Allons bon… ne sois pas à chaque fois déboussolé dès qu’on a un avis différent du tien, ami Corey ! Après tout, tu as toi aussi ton lot d’opinions pas forcément très consensuelles, non ?

         
  3. JICOP

    16 octobre 2018 at 10 h 41 min

    Jamais compris pourquoi Sturges etait meprise de certains critiques .
    A l’evidence certains plus connus comme Bertrand Tavernier n’etaient pas tendres envers lui et ont cree une sorte de panurgisme chez les autres .
    Un style efficace et rigoureux pour un nombre de classiques , voir de chefs d’oeuvre (  » un homme est passe  » ).
    Pour le coup  » …O.K corrall  » n’est pas mon prefere, je le trouve un peu fige.
    Mais il y a  » Destination Zebra, station polaire  » ,  » l’aigle s’est envole  » ,  » coups de fouet en retour  » ,  » Fort Bravo  » et bien d’autres.
    Rehabilitons Sturges , il le merite .

     
    • walkfredjay

      16 octobre 2018 at 10 h 56 min

      Après lecture de plusieurs livres consacrés à sa carrière, il semble que la personnalité de Sturges n’a pas aidé à le rendre sympathique. C’était un homme autoritaire, taciturne, qui se mettait parfois trop au service de ses stars. Il se présentait lui-même comme un « faiseur », alors qu’à mon sens, il valait mieux que cela. Il n’a jamais été entouré de l’aura mythique de Hawks, Walsh, Ford ou autres. Un mal-aimé, quoi !

       
      • JICOP

        16 octobre 2018 at 11 h 10 min

        La belle affaire. Preminger ou Pialat n’etaient pas des tendres et pourtant les critiques adheraient.
        Et puis chez chez certains , il vaut etre un petit artisan comme Boetticher qu’un realisateur de grosses productions forcement vendu au systeme et ayant perdu son ame en route .

         
      • walkfredjay

        16 octobre 2018 at 11 h 25 min

        Les réalisateurs que tu cites possèdent une aura « d’auteur » que n’a jamais eue Sturges. D’où indulgence.

         
  4. Corey

    16 octobre 2018 at 10 h 42 min

    Expliqué comme cela, c’est déjà plus clair, mais à lire Seb, on a l’impression que Sturges tourne des films chiants et lourds. Perso, c’est mon réalisateur classique hollywoodien préféré avec Hawks, c’est peut-être pour ça que je l’ai mal pris…

     
    • Corey

      16 octobre 2018 at 10 h 44 min

      Non Seb, je ne suis pas déboussolé, mais à te lire, j’ai l’impression que tu parlais d’un autre réalisateur genre Dany Boon.
      Sturges, c’est, entre autres, deux des films les plus mythiques de l’histoire du cinéma, Les 7 mercenaires et La grande Evasion. Plus quelques grands films comme celui-ci. Alors, quand même…

       
      • Seb

        16 octobre 2018 at 11 h 05 min

        Les sept mercenaires et La grande évasion sont sans doute mythiques, je ne le nie pas, mais pour moi rien n’y fait, je n’y vois que deux gros pachydermes plombants et académiques. La horde sauvage est elle aussi un « incontournable » et pourtant, tu trouves ça mortellement ennuyeux (et je ne suis pas loin d’être de ton avis) n’est-ce pas ?

         
  5. Miguel

    16 octobre 2018 at 10 h 42 min

    Dans le genre, Je préfère de loin le « Ok Corral » de Sturges au « Rio Bravo » de Hawks.

     
    • Seb

      16 octobre 2018 at 11 h 09 min

      Outch, là c’est moi qui ai l’impression de ne pas être éveillé… Pour moi, ces deux films c’est le feu et l’eau, bien sûr à l’avantage de Rio Bravo ! Mais bon, les égouts et les couleuvres comme on dit. 😆

       
      • walkfredjay

        16 octobre 2018 at 11 h 12 min

        « RIO BRAVO » est un beau western « en chambre », très attachant, mais à mon avis trop complaisant et bourré de digressions inutiles. Je l’ai souvent vu, mais aujourd’hui j’hésite à le glisser dans mon lecteur Blu-ray. C’est un film dont je pense avoir fait le tour.

         
      • Seb

        16 octobre 2018 at 11 h 17 min

        Ce sont justement sa complaisance, ses digressions, ce côté où on se sent « chez soi » qui font (entre autres) la force de Rio Bravo. Personnellement c’est tout simplement mon western préféré.

         
      • Miguel

        16 octobre 2018 at 11 h 33 min

        « Rio Bravo » est le seul western où j’applaudis les méchants.

         
    • Darcotik

      16 octobre 2018 at 11 h 11 min

      Je trouve « El Dorado » bien plus abouti que « Rio Bravo ».

       
      • Seb

        16 octobre 2018 at 11 h 14 min

        Vu que j’adore aussi El Dorado je ne vais pas participer davantage à l’argumentaire… 😛

         
      • walkfredjay

        16 octobre 2018 at 11 h 22 min

        Je crois que je préfère « EL DORADO » ! J’ai honte…

         
      • Seb

        16 octobre 2018 at 11 h 28 min

        Aucune honte à ça. Il y en a plusieurs qui le préfèrent à Rio pour des raisons qui se tiennent généralement: la narration est un peu plus « punchy », le décor plus varié, etc. C’est juste qu’il y a dans le film de ‘59 une grâce que je ne retrouve nulle part ailleurs.

         
      • walkfredjay

        16 octobre 2018 at 12 h 22 min

        Cette grâce ne s’appellerait-elle pas Angie, par hasard ? 😉 Lors de mes dernières visions, j’avais trouvé Walter Brennan trop présent, assez pénible pour tout dire et Ricky Nelson nullissime. Mais cette discussion me donne envie de vérifier une nouvelle fois ! 😀

         
      • Seb

        16 octobre 2018 at 12 h 51 min

        Bien sûr, bien sûr, la belle Angie contribue à ce charme ! Mais sans être de mauvaise foi, je trouve Brennan savoureux dans ce rôle de vieillard grincheux et Ricky Nelson plus falot que nullissime. Rio Bravo est d’ailleurs un film que je n’ai pas adoré immédiatement ; je l’avais vu ado pour la première fois et j’avais trouvé ça plaisant sans plus, loin derrière Leone et Peckinpah par exemple. Ce n’est que des années plus tard qu’il a commencé à m’obséder au point d’en faire un de mes films de chevet. Je crois que face à l’aura mythique de ce western, beaucoup sont surpris de ne pas avoir affaire à une grande épopée pleine de chevauchées et de décors majestueux ; une fois qu’on a accepté le fait que ce soit un western « en chambre », privilégiant l’intimiste à l’épique, le dialogue ludique à l’action spectaculaire, on peut tout de même y voir un chef-d’oeuvre absolu du genre !

         
      • Darcotik

        16 octobre 2018 at 19 h 47 min

        Je ne crois pas que ce soit le côté « western de chambre » qui pose souci dans « Rio Bravo ». « El Dorado », qui n’est dans le fond qu’un remake, possède le même environnement restreint, tout comme d’autres westerns très confinés comme « Johnny Guitare », « L’Attaque De La Malle-Poste » ou « Le Dernier Train De Gun Hill », que je trouve plus forts, bien moins vieillis. Mon reproche avec « Rio Bravo », c’est plutôt qu’il n’est pas aussi concentré sur son sujet que les susnommés. Par exemple, l’histoire d’amour entre Wayne et Dickinson a l’air d’une digression étrangère au reste du scénario, déposée par-dessus pour avoir l’idylle contractuelle à l’écran plutôt que pour apporter quelque chose au canevas d’ensemble. C’est le genre de déséquilibres qu’on ne retrouve pas dans « El Dorado », sorte de « Rio Bravo » écrémé de ses à-côtés.

         
  6. Darcotik

    16 octobre 2018 at 11 h 08 min

    Je concède volontiers préférer cette version là à « La Poursuite Infernale » de Ford. Je trouve les personnages de Sturges plus riches, le sujet moins éparpillé, le ton plus posé et Kirk Douglas termine d’en faire pour moi la mouture de référence de la célèbre confrontation. Mais du même réalisateur, « Le Dernier Train De Gun Hill » et « Un Homme Est Passé » bataillent à un niveau supérieur. Deux modèles de concision, deux exemples de minimalisme puissant.

     
    • walkfredjay

      16 octobre 2018 at 11 h 10 min

      À croire que Sturges n’est jamais meilleur que lorsqu’il filme des trains ! 😉

       
      • JICOP

        16 octobre 2018 at 14 h 54 min

        Sans compter que Sturges possede un sens du cadrage , de la mise en perspective des personnages au sein d’un espace plus ou moins etendu qui le rend indispensable au genre western , a mon avis.
        L’attaque Indienne dans le village fantome dans la nuit est , a ce titre, exceptionnelle dans  » le tresor du pendu  » .

         
    • Seb

      16 octobre 2018 at 11 h 12 min

      Dans un cadre quasi-identique, je trouve 3h10 pour Yuma mille fois plus fort et mémorable que Le dernier train de Gun Hill.

       
      • Darcotik

        16 octobre 2018 at 11 h 23 min

        D’ailleurs Glenn Ford n’est pas estimé à sa juste valeur.

         
      • walkfredjay

        16 octobre 2018 at 11 h 26 min

        Jamais aimé cet acteur, je ne sais pas pourquoi… Je ne l’ai jamais vu mauvais à proprement parler. Jamais génial non plus.

         
      • walkfredjay

        16 octobre 2018 at 11 h 23 min

        En ce qui me concerne, Van Heflin et Glenn Ford ne feront jamais le poids face à Quinn et Douglas…

         
      • Darcotik

        16 octobre 2018 at 11 h 34 min

        Rien ne fait le poids contre Anthony Quinn. Il faut être le meilleur acteur que la Terre ait jamais porté pour réussir à maintenir les gens éveillés plus de vingt minutes devant « Zorba Le Grec ». Il est le vrai centre d’attraction du « Dernier Train De Gun Hill », le noeud dramatique du film.

         
      • walkfredjay

        16 octobre 2018 at 12 h 23 min

        J’adore « ZORBA LE GREC » ! Je ne l’ai pas revu depuis des siècles, mais j’ai toujours gardé une grande tendresse pour ce film. Pour le duo Quinn-Bates, pour la beauté austère d’Irène Papas, pour le pathétique de Lila Kedrova, pour la musique, etc. etc.

         
      • JICOP

        16 octobre 2018 at 14 h 47 min

        Meme si le film de Delmer Daves est tres bon , et Ford et Hefflin a la hauteur ,  » le dernier train de Gun Hill  » possede une force et une ambition bien superieures . Sans parler du charisme des interpretes. Il en faut pour ce type d’histoire a la forte symbolique.

         
  7. Corey

    16 octobre 2018 at 11 h 27 min

    Pour La Horde sauvage, bien joué, Seb…
    Et sinon, moi aussi je vote El Dorado (Et même Rio Lobo, tiens) devant Rio Bravo. Même si ce sont trois grands grands films.

     
  8. walkfredjay

    16 octobre 2018 at 15 h 43 min

    Intéressant débat, en tout cas ! 🙂

     
    • JICOP

      16 octobre 2018 at 15 h 56 min

      Ouais . Je pensais pas que le cas Sturges ( et par extension un certain classicisme westernien ) allait faire debat . Preuve de sa place non negligeable dans son epoque .

       

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