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« LES TONTONS FLINGUEURS » (1963)

22 Oct
TONTONS2

LINO VENTURA

Librement adapté d’un polar d’Albert Simonin par lui-même et Michel Audiard, réalisé par Georges Lautner, « LES TONTONS FLINGUEURS » est aujourd’hui devenu plus qu’un film-culte : un vrai classique du cinéma français, dont la plupart des répliques est entrée dans le langage courant. Est-ce exagéré ? Oui et non.TONTONS.jpg

Le scénario, après une rapide mise en place (une vague guerre des gangs autour de l’héritage d’un caïd exilé revenu mourir en France) part en quenouilles, ne raconte strictement plus rien et fait s’entretuer des malfrats idiots et sentencieux, laisse la voie libre à des séquences comme celle, légendaire, de la soûlerie dans la cuisine et surtout à des comédiens en roue-libre qui s’amusent visiblement comme des fous à réciter de l’Audiard haut-de-gamme taillé à leurs mesures. Lino Ventura est égal à lui-même en dur-à-cuire rangé des voitures, forcé de reprendre du service. Son exaspération permanente crée un contraste amusant avec ses partenaires : Bernard Blier génial en faux-dur et souffre-douleur, Robert Dalban formidable en larbin anglophone, Venantino Venantini en porte-flingue loyal. Claude Rich et Francis Blanche en rajoutent un peu trop et les acteurs étrangers doublés ne sont guère convaincants. Exercice de style déconnant et sans queue ni tête, « LES TONTONS FLINGUEURS » connaît de terribles chutes de tension (toutes les scènes avec Horst Frank !), mais il est sauvé de l’ennui (et de l’oubli) par la verve audiardienne magnifiquement mise en valeur par les orfèvres que sont Blier et Ventura, qui ont su trouver le ton juste, au millimètre près. Maintenant, est-ce réellement le chef-d’œuvre intouchable qu’il est devenu à l’usure ? Probablement pas. Mais quelle importance ? Des répliques comme : « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît » ou : « J’ai connu une Polonaise qui en buvait au petit-déjeuner » valent bien qu’on se montre indulgent.

TONTONS3

FRANCIS BLANCHE, ROBERT DALBAN, JEAN LEFEBVRE, LINO VENTURA ET BERNARD BLIER

À noter vers la fin, le caméo de Paul Meurisse dans le rôle du « Monocle », signé par la même équipe.

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15 réponses à “« LES TONTONS FLINGUEURS » (1963)

  1. JICOP

    22 octobre 2018 at 6 h 59 min

    Comme beaucoup de films-cultes , on échappe à une certaine rationalité pour causer du cas  » tontons …  » .
    cela tient du bouche à oreille , de répliques balancées comme des codes secrets entre espions , d’une certaine nostalgie d’un cinéma hexagonal décomplexé .
    Tout cela , et bien plus encore , explique que ce film tellement Français et anarchisant plait à bien des générations sans qu’il soit besoin d’en determiner la qualité intrinsèque .
    Entre bande-dessinée et pastiche délirant , une référence . L’un des rares en noir et blanc encore vu par des jeunes et diffusé à la télévision .

     
  2. JICOP

    22 octobre 2018 at 7 h 42 min

    31 ans que le Lino est parti . Un souvenir toujours vivace , et pas que sur BDW 2 🙂

     
  3. Kinskiklaus

    22 octobre 2018 at 9 h 44 min

    Salut les amis ! (Pour ceux qui se poseraient la question, mon absence résultait de la mort de mon ordinateur. Ne roulant pas sur l’or, il m’a fallu un peu de temps pour pouvoir en acheter un neuf, donc rien de grave).Je vais tenter de ne pas le crier sur les toits : je n’ai jamais réellement apprécié ce film. Et pourtant, pourtant (adieu Monsieur Aznavour), j’aime, voire adore tous les acteurs principaux, son réalisateur, ses répliques cultes signées Audiard, sa musique composée par Michel Magne etc. Bien embêté je suis car je suis dans l’incapacité de donner les raisons de mon peu d’intérêt porté à cette oeuvre. Problème de rythme, un scénario bancal ? Peut-être. J’avoue m’être ennuyé plus qu’amusé à chaque visionnage. Sympathique, sans plus.

     
    • Patrick

      22 octobre 2018 at 18 h 27 min

      Pareil cette comédie ne m’a pas réellement emballé malgré son casting de choix, ça manque sérieusement de rythme et je préfère d’autres films de Lautner.

       
  4. Corey

    22 octobre 2018 at 10 h 38 min

    Content de te relire, Kinski ! Même sentiment pour ces Tontons, alors que je suis vraiment très fan de l’oeuvre de Lautner et de tous le casting, je n’ai jamais réussi a accrocher. Mon film culte à moi dans un genre semblable, c’est Le cave se rebiffe de Grangier, que je peux vois tous les jours sans jamais me lasser !

     
  5. Kinskiklaus

    22 octobre 2018 at 13 h 12 min

    Merci Corey, content de te relire également. Je garde un souvenir vague de « Le cave se rebiffe », il faudrait que je le revoie. Mais là, je suis ravi que tu cites le trop sous-estimé Gilles Grangier, l’un de mes cinéastes français préférés aussi à l’aise dans le polar que dans la franche comédie.

     
  6. octobre

    22 octobre 2018 at 13 h 21 min

    Bernard Blier est pour moi le meilleur interprete des dialogues d’Audiard .Il est largement au’dessus des autres.J’ai rarement vu une telle osmose entre le dialoguiste et le comédien.
    Une fois ,lors de la lecture d’un film avec Louis Jouvet dont j’adore le phasé ,je me disais « quel dommage qu’il n’ai pas croisé la route d’Audiard  » .Miracle , ce film a été tourné .Ca s’appelle « une histoire d’amour  » et c’est le dernier film de louis Jouvet…..

     
    • Kinskiklaus

      22 octobre 2018 at 13 h 41 min

       
      • octobre

        22 octobre 2018 at 14 h 39 min

        Excellente chronique que j’ai raté parce qu’à l’époque , je n’étais pas encore né…..

         
    • Marc Provencher

      22 octobre 2018 at 15 h 41 min

      « Bernard Blier est pour moi le meilleur interprete des dialogues d’Audiard .Il est largement au’dessus des autres. » Des autres sauf Françoise Rosay, bien entendu.

       
      • octobre

        23 octobre 2018 at 22 h 46 min

        Mon classement est pyramidal . Au sommet je garde Bernard Blier ( il y a de la jubilation quand il dit du Audiard , ses yeux pétillent ) . En dessous , je garde un étage pour Gabin ( Lui c’est plus sentencieux et je pense qu’il détient le record des participations avec Audiard .Ca mérite le respect ) . Au rez-de-chaussée , je met tous les autres avec toutes les nuances que ça engendre . Mention particulière à André Pousse qui avec son accent de titi parisien donnait une saveur plus subtile aux dialogues d’Audiard .

         
  7. Corey

    22 octobre 2018 at 16 h 59 min

    Françoise Rosay qui a deux scènes cultes, une avec Gabin et l’autre avec Franck Villard, dans Le cave se rebiffe, justement !

     
  8. Corey

    22 octobre 2018 at 17 h 01 min

     
  9. octobre

    23 octobre 2018 at 22 h 04 min

    Puisqu’on évoque Gabin , j’ai apercu dans un téléfilm dernièrement un certain Alexis Moncorgé , petit-fils de Gabin . La ressemblance est étonnante.

     
  10. octobre

    23 octobre 2018 at 22 h 30 min

    Il y a quelques décennies , la télévision nous proposait une émission intitulée  » Au cinéma ce soir  » , animée par Armand Panigel . Ce programme nous permettait de voir des films NetB des années 40 et 50 .C’est ainsi que j’ai découvert et aimé plein de films que je ne connaissais que par leur titre . Le générique de l’émission était un florilège des répliques cultes de ces films ( Le » bizarre bizarre  » de Jouvet _ Le  » tu me fend le coeur  » de Raimu _ Le  » atmosphère atmosphère  » d ‘Arletty et tant d’autres) . Est-ce qu’une chaine de la TNT ne pourrais pas sacrifié un de ces insipides téléfilms d’après-midi pour nous proposer ces petits bijous NetB . Revoir Jouvet , Fresnay , Simon , Blier ,Arletty etc…Utopie?

     

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