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« RAGING BULL » (1980)

01 Nov
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JOHNNY BARNES ET ROBERT DE NIRO

Un boxeur encapuchonné qui s’entraîne sur un ring au ralenti, aux notes lyriques de « Cavalleria Rusticana », des lettres de générique rouges-sang, un noir & blanc digne des plus belles photos des années 40. Il ne faut pas longtemps pour comprendre que non seulement « RAGING BULL » n’a pas pris une ride, mais qu’il s’est installé définitivement au panthéon des grandes œuvres du cinéma américain.BULL.jpg

Basé sur l’autobiographie du champion Jake LaMotta, ce n’est pourtant pas un simple biopic qu’a signé Martin Scorsese. Mais un sombre et éprouvant voyage dans la tête d’un sale type. Une brute paranoïaque, jalouse, autodestructrice, dont on suit toutes les étapes de la déchéance, jusqu’aux tréfonds des enfers. La narration éclatée, les effets de montage tellement en avance sur leur temps, la bande-son et surtout l’interprétation, sont époustouflants. Scorsese lui-même n’est jamais parvenu à se surpasser. Et que dire de l’apport de Robert De Niro, dont on a si souvent vanté la prise de poids, mais dont le jeu touche à des cimes de perfection rarement atteintes. Véritable bête fauve passant d’un état à l’autre en une fraction de seconde, il ne cherche jamais à rendre LaMotta sympathique, à l’excuser. Il le montre à nu, dans son humanité fruste et dévoyée, odieux, pathétique, pétri de ses contradictions, littéralement détruit par les compromissions. Un accomplissement de comédien extraordinaire qui fait, qu’aujourd’hui encore, on pardonne (presque) toutes ses errances à De Niro. Face à lui, Joe Pesci formidable en souffre-douleur à la patience limitée, Cathy Moriarty magnifique en épouse de moins en moins stoïque face aux violences de son homme. Tous les seconds rôles, jusqu’au plus minuscule, sont impeccables. On aperçoit John Turturro figurant pendant une soirée.

À voir, à revoir donc, à savourer, à redécouvrir, pour les combats les mieux filmés de l’Histoire du cinéma, pour l’hallucinante modernité de la mise-en-scène et surtout, pour De Niro qui n’a pas usurpé son surnom de « meilleur acteur du monde ».

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ROBERT DE NIRO, JOE PESCI ET CATHY MORIARTY

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23 réponses à “« RAGING BULL » (1980)

  1. Darcotik

    1 novembre 2018 at 10 h 53 min

    Le meilleur Scorsese, sans les outrances automatiques. Le meilleur De Niro, sans la fausse nonchalance. Un vrai grand film qui dépassera toujours le leitmotiv « Scorsese + De Niro ».

     
  2. Patrick

    1 novembre 2018 at 15 h 27 min

    Oui un bon film mais qui ne m’a pas autant marqué pour cela peut-être parce que malgré la grande perfomance de De Niro son personnage n’est pas sympathique.

    Sinon pour moi le meilleur Scorsese + Niro reste Taxi Driver voire La Valse des pantins.

     
  3. Corey

    1 novembre 2018 at 15 h 28 min

    De Niro, « meilleur acteur du monde » ? Qui lui a décerné ce titre ?

     
    • walkfredjay

      1 novembre 2018 at 17 h 11 min

      Elia Kazan.

       
      • Corey

        2 novembre 2018 at 0 h 52 min

        D’accord, je ne savais pas.

         
  4. JICOP

    1 novembre 2018 at 16 h 29 min

    Une mise en scène magistrale , une bande-son démente , une interprétation formidable .  » Raging Bull  » est incontestablement une réussite cinématographique .
    Malgré cela , je me suis un peu ennuyé à ce film qui est devenu mythique à cause ou grace à De Niro .
    La faute peut etre à un film un peu aride ; une conception du personnage sans affect particulier .
    Je préfere le Scorsese baroque d’un  » Casino  » par exemple mais il est clair que ce film est une date .

     
  5. valcogne

    1 novembre 2018 at 17 h 42 min

    Ce film, chef d’œuvre, a, bien sûr, peut être un aspect « clinique » qui l’éloigne de Casino et Taxi Driver. Que Scorsese ne soit pas monolithique ça me rassure plutôt. Je ne me lasse pas de Raging Bull et je suis dingue de Casino.

     
    • walkfredjay

      1 novembre 2018 at 17 h 59 min

      L’antipathie de certains pour « RAGING BULL » provient très probablement du personnage lui-même, qui ne provoque que répulsion et rejet. Mais… quel film !

       
      • JICOP

        1 novembre 2018 at 20 h 49 min

        Quel film effectivement .
        D’autant plus méritoire que Scorsese détestait la boxe mais a su entrevoir dans le destin contrasté de La Motta un écho à sa propre vie d’alors .
        Le New-Yorkais cherchait une forme de redemption après quelques excès typiques du show-biz entre echecs commerciaux , drogues , alcool et autres médicaments douteux .
        Paul Schrader au scénario su tirer parti de ces éléments et écrivit en conséquence .
        A sa sortie , les spectateurs qui attendirent un nouveau  » Rocky  » furent quelque peu déçus et le film fut un echec commercial qui enterra définitivement la  » United Artists  » déjà bien défaite après  » la porte du paradis  » .

         
      • Miguel

        2 novembre 2018 at 9 h 36 min

        L’antipathie pour « Racing Bull » à cause de la répulsion et du rejet du personnage principale ??? Quand on regarde un Scorsese, on s’entend en général a voir des personnages pas très sympas.

         
      • walkfredjay

        2 novembre 2018 at 10 h 08 min

        Pas très sympas, mais souvent fascinants ou « bigger than life » ou pour lesquels on peut ressentir de l’empathie (Travis Bickle ou le musicien de « NEW YORK, NEW YORK »). Jake LaMotta dépeint par Scorsese et incarné par De Niro n’a aucune qualité rédemptrice. Et à la fin du film, quand son propre frère refuse de lui parler ou même de le regarder, le spectateur se trouve à peu près dans le même état d’esprit.

         
      • Miguel

        2 novembre 2018 at 10 h 56 min

        Rédemption et pitié, c’est au contraire ce que j’ai ressenti chez Scorsese envers LaMotta. Quand au personnage de Jimmy Doyle dans « New York, New York », on peut pas aimer ce type sans Liza Minnelli. Et Joe Pesci sobre et presque attachant dans « Racing Bull » et pourtant détestable dans « Les Affranchis ». Haa Scorsese, c’est vraiment un putain de directeur d’acteurs.

         
      • walkfredjay

        2 novembre 2018 at 11 h 02 min

        Rédemption et pitié ? Je n’ai jamais vu cela dans le regard porté sur LaMotta. À la fin, obèse, boudiné dans son costume ringard, débitant son monologue dans sa loge, il est plus ringard et embarrassant qu’autre chose. Encore une fois : quel acteur fut De Niro !

         
  6. Seb

    1 novembre 2018 at 20 h 57 min

    Effectivement, un des meilleurs Scorsese et probablement le meilleur de sa collaboration avec De Niro. Après, je ne porte personnellement pas ce film au pinacle ; comme le dit Jicop, c’est un peu aride voire par moments fastidieux. Mais ça reste mille fois au-dessus d’un Goodfellas ou un Casino pour moi, sans hésiter.

     
    • walkfredjay

      1 novembre 2018 at 23 h 49 min

      Ce n’est pas un film facile à aimer, paradoxalement à cause de l’hallucinant réalisme de la prestation de De Niro. Mais c’est de loin mon Scorsese préféré, celui qui m’épate à chaque vision.

       
      • Seb

        2 novembre 2018 at 2 h 05 min

        En ce qui me concerne, je réserve cet honneur au Temps de l’innocence pour sa perfection formelle et le couple étonnamment touchant formé par Daniel Day Lewis et Michelle Pfeiffer. Mais ça fait un moment que j’ai vu ce film…

         
      • walkfredjay

        2 novembre 2018 at 8 h 10 min

        Voilà un film que j’avais aimé à sa sortie, mais que je n’ai jamais eu envie de revoir. Je n’arrive pas à l’associer à Scorsese dans ma mémoire. Je le confonds avec certains Ivory ou autres…

         
      • Seb

        2 novembre 2018 at 10 h 49 min

        Pas mal vu, la comparaison avec Ivory. Mais la mise en scène de Scorsese est quand même plus vibrante et somptueuse, le rapprochant en cela d’un Visconti.

         
      • walkfredjay

        2 novembre 2018 at 11 h 03 min

        J’essaierai de le revoir. Ce devrait être facile : je ne m’en souviens absolument pas !

         
      • Seb

        2 novembre 2018 at 11 h 24 min

        Normal: c’est un film en mode « force tranquille », feutré et discret, aux antipodes des outrances habituelles du réalisateur.

         
      • JICOP

        2 novembre 2018 at 14 h 12 min

        Anecdote amusante . Quand La Motta découvrit le film , il demanda à sa femme s’il avait vraiment été aussi ignoble . Sa femme lui répondit que c’était en-dessous de la vérité . ça situe le bonhomme . Les autres personnages Scorsesiens sont des personnages de fictions : pas Jake La motta . D’où , peut etre , une certaine retenue à aimer le film .

         
  7. Miguel

    2 novembre 2018 at 7 h 42 min

    De Niro est à fond dans ce personnage à l’esprit sauvage, taillé et ne sachant s’exprimer qu’à coups de poings et qui, en dehors du ring, se retrouve complètement perdu dans le monde « civilisés ». La errance pathétique qu’exprime l’acteur m’a fait beaucoup d’impression.

     
  8. Don Gaetano

    4 novembre 2018 at 21 h 52 min

    Cela me surprend. Voici une anecdote qui ne figure dans aucun commentaire:
    Le barman à la fin du film (si je me souviens bien), n’est ni plus, ni moins que La Motta.

     

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