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« GLORIA » (1980)

02 Nov
GLORIA

GENA ROWLANDS

Des douze longs-métrages réalisés par John Cassavetes, « GLORIA » est un des moins « cassavetsiens », dans le sens qu’il s’apparente à un genre précis (le polar) et adopte des méthodes de tournage quasiment traditionnelles. Cela ne l’empêche nullement d’être un des plus attachants et des plus accessibles au grand public.GLORIA2.jpeg

Le réalisateur offre à son épouse Gena Rowlands – tout juste quinquagénaire – un des plus beaux rôles de sa vie, celui d’une ex « poule à gangsters » dure-à-cuire, obligée par les circonstances de protéger un gamin portoricain (John Adames) traqué par la mafia qui vient de massacrer toute sa famille. Sur deux heures, Cassavetes prend le temps de bien développer les caractères, de laisser de l’espace à son improbable tandem et de générer peu à peu une émotion fulgurante, non dénuée d’humour et même d’action. Le clou du film, c’est bien sûr Miss Rowlands, proprement extraordinaire et inattendue. Avec ses tenues roses bonbon, son visage marqué et sa langue acérée, elle crée une héroïne de film noir absolument unique. Il faut l’avoir vue manier le revolver, menacer des malfrats avec une sorte de délectation mauvaise ou les descendre sans la moindre hésitation. Ses scènes avec le petit garçon sont magnifiques parce qu’échappant à tout cliché, à toute édulcoration hollywoodienne. C’est vraiment l’osmose parfaite entre une grande actrice et un personnage hors-du-commun. C’est elle et elle seule qui fait de « GLORIA » un film indémodable, parfois bouleversant. La très étrange ambiguïté de l’épilogue (la séquence au cimetière de Pittsburgh est-elle réelle ou fantasmée par l’enfant ?) laisse sur un point d’interrogation à jamais sans réponse et évite ainsi toute facilité mélodramatique.

À noter que lors de son exploitation en salles, le dit épilogue fut étalonné en noir & blanc pour accentuer son irréalité. La couleur a été rétablie pour toutes ses éditions vidéo depuis. Le film connut un remake désastreux de Sidney Lumet avec Sharon Stone en 1999 et un autre plus officieux avec « LÉON » de Luc Besson.

GLORIA3

JOHN ADAMES ET GENA ROWLANDS

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15 réponses à “« GLORIA » (1980)

  1. Kinskiklaus

    2 novembre 2018 at 10 h 16 min

    Je fus longtemps réfractaire à l’idée de le voir, craignant que Cassavetes se soit prostitué avec ce projet de studio. C’est d’ailleurs toi, Fred, qui m’avait convaincu de m’y plonger. Au final, un excellent film, brutal, osé, émouvant et terriblement attachant. Si Gena Rowlands y est, comme à l’accoutumée, magistrale, je tire aussi mon chapeau au gamin John Adames, stupéfiant de maturité. Du grand cinéma.

     
  2. Seb

    2 novembre 2018 at 10 h 27 min

    Un des Cassavetes les plus accessibles (ce qui n’est pas un défaut) et les plus touchants. J’adore.

     
    • walkfredjay

      2 novembre 2018 at 10 h 28 min

      Le film avait été fraîchement accueilli par la critique à sa sortie. Avec les années, il a bien fallu admettre que c’est un film magnifique.

       
      • Seb

        2 novembre 2018 at 10 h 47 min

        C’est sûr. Je crois que Cassavetes lui-même n’aimait pas trop ce film, principalement à cause des concessions qu’il a dû faire pour les producteurs. En tout cas, rien n’y paraît à l’écran !

         
      • walkfredjay

        2 novembre 2018 at 11 h 04 min

        Je pense que les contraintes techniques ont dû lui peser. Faire une image « propre », des cadrages « classiques » et suivre une histoire à peu près linéaire, cela a dû lui demander un gros effort. Mais quelle belle déclaration d’amour à sa femme, que la diriger ainsi dans un tel rôle !

         
  3. JICOP

    2 novembre 2018 at 16 h 52 min

    Oh bon sang j’avais complétement oublié qu’il y eut un remake par Lumet .
    La faute à Lumet ou à Stone . Je ne sais plus mais c’était nul .

     
    • walkfredjay

      2 novembre 2018 at 17 h 03 min

      Épouvantable ! Peut-être le pire Lumet… 😦

       
      • Marc Provencher

        2 novembre 2018 at 19 h 58 min

        « Peut-être le pire Lumet… »

        Non. Vous savez comme j’aime contredire WalkFredJay ! Le pire Lumet, c’est le très peu connu ‘LOVIN’ MOLLY’ (1974), avec Blythe Danner et Anthony Perkins. Ah mais !

         
      • walkfredjay

        2 novembre 2018 at 20 h 03 min

        Très bien ! Je me vois dans l’obligation de sortir l’artillerie lourde : et « THE WIZ » ? « THE LAST OF THE MOBILE HOTSHOTS » ? Et « L’AVOCAT DU DIABLE », hein ? On dit plus rien, là ! On est à terre !

         
      • JICOP

        2 novembre 2018 at 20 h 06 min

         » Lovin ‘ Molly  » Avec Blythe Danner .
        Evidemment avoir la mere de Gwyneth Paltrow n’est pas un gage de qualité .
        Bon sang ne saurait mentir .

         
      • walkfredjay

        2 novembre 2018 at 20 h 08 min

        Non, non ! Elle est très bien, Blythe Danner. Évidemment, sa fifille a prouvé que le talent n’est pas héréditaire.

         
  4. JICOP

    2 novembre 2018 at 17 h 32 min

    Oui tu as raison .
    Il en a pas loupé beaucoup le père Lumet , mais celui-ci était vraiment pas bon .
    A égalité avec  » le lendemain du crime  » avec Jane Fonda peut etre .

     
    • walkfredjay

      2 novembre 2018 at 17 h 37 min

      Oh ! Je me souviens d’un gros navet avec Melanie Griffith, aussi !

       
      • JICOP

        2 novembre 2018 at 17 h 51 min

        Ah oui  » une étrangère parmi nous  » .
        Pas terrible en effet . Le sujet était intéressant mais le traitement était sans aspérités .
        Et l’interprétation de Griffith un peu à coté de la plaque .
        Décidément un probleme avec les blondes , Lumet . 🙂

         
  5. Marc Provencher

    5 novembre 2018 at 16 h 00 min

    « On ne dit plus rien, là ! On est à terre ! »

    Ah oui, c’est pourtant vrai, j’avais oublié ‘THE WIZ’, un navet qui frise le pur et simple naufrage. Caramba, je suis encore vaincu.

    N’empêche que ‘LOVIN’ MOLLY’, fallait s’le faire, je vous jure. La photo moche comme tout, les maquillages ratés, Perkins et Danner qui ne trouvent jamais leurs marques… Dur à expliquer, d’autant que ce ratage est coincé dans sa période la plus fertile, entre ‘SERPICO’ (1973) et ‘DOG DAY AFTERNOON’ (1975) !

     

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