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« STARDUST MEMORIES » (1980)

12 Jan
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CHARLOTTE RAMPLING

Tourné après « INTÉRIEURS » et « MANHATTAN », alors que Woody Allen effectuait la difficile transition de comique populaire à « auteur » sérieux, « STARDUST MEMORIES » a longtemps été mésestimé ou mal compris.STARDUST

Taxé de plagiat du « HUIT ET DEMI » de Fellini, critiqué pour son narcissisme éhonté, sa construction éclatée, le film vaut infiniment mieux que ce que ses détracteurs ont cru voir en lui, et gagne à être revisité aujourd’hui, avec en tête la perspective de la carrière de son auteur. Porté par le noir & blanc sublime, une fois encore, de Gordon Willis, par un montage d’une virtuosité de chaque instant, « STARDUST MEMORIES » parvient à émouvoir avec le week-end d’un réalisateur assailli de toutes parts, pendant un festival qui lui est consacré. La mise en abyme entre le personnage fictif et Allen lui-même est littéralement infinie (« Je préférais vos films rigolos des débuts », lui répète-t-on sans cesse) et ce qu’on prend pour la réalité, le temps présent, n’est en fait que la matière pour un film dans le film, dans le film, dans le film, etc. Le Génie pétri de doutes repense sans cesse aux femmes qu’il aime ou qu’il a aimées, mais au-delà de cette sensuelle Française (Marie-Christine Barrault, solaire) trop équilibrée pour lui, de cette jeune violoniste (Jessica Harper) qu’il vient de rencontrer ou de cette starlette (Sharon Stone) dont il rêve, c’est l’image tragique d’une seule femme qui revient et clôt ce « trip » en kaléidoscope : Charlotte Rampling, la femme de sa vie, une mystérieuse bipolaire qui croupit maintenant en HP. Le flash-back où il la regarde feuilleter un journal, serre la gorge et éclaire soudain tout le propos de ce scénario qui dissimule son émotion sous le sarcasme et l’autodérision. C’est un des deux ou trois plus beaux rôles de la longue carrière de Miss Rampling. Certainement un des films de Woody Allen qui mérite une réévaluation sérieuse, car il apparaît comme une de ses plus belles réussites. Il maestro Federico a dû être fier de lui et de l’hommage qui lui était rendu.

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WOODY ALLEN, SHARON STONE ET MARIE-CHRISTINE BARRAULT

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10 réponses à “« STARDUST MEMORIES » (1980)

  1. Miguel

    12 janvier 2019 at 8 h 21 min

    Dans cette univers gris et surréaliste, le narcissisme de Sandy Bates est littéralement spatial, cosmique. A son approche, ses amantes se font dévitalisées, ses fans zombifiés. Un cauchemar à l’écran mais plutôt bien réalisé il faut l’admettre.

     
  2. Patrick

    12 janvier 2019 at 10 h 51 min

    Un Allen que je n’ai pas encore vu mais votre chronique donne envie de le découvrir sur le champ.

     
  3. CASANOVA Claude

    12 janvier 2019 at 18 h 08 min

    Rien que pour la scène où se croisent les deux trains mais tout le film est remarquable, fond et forme . Un très grand Woody « sérieux » .

     
    • walkfredjay

      12 janvier 2019 at 18 h 52 min

      Je l’ai redécouvert et totalement réévalué. Oui, un de ses tout meilleurs.

       
  4. Marc Provencher

    14 janvier 2019 at 16 h 22 min

    Immense coup de coeur à l’époque, jamais revu. Je me rappelle deux choses : l’émouvante Charlotte Rampling qui pleure silencieusement en gros plan dans son lit et, bien sûr, l’arrivée – éminemment prévisible avec ces intellos new-yorkais, mais bon, aucun film n’est parfait – d’extra-terrestres.

    Des extra-terrestres qui lui disent : « Nous aimons bien vos films… surtout vos premiers films comiques ! » Je ne sais vraiment pas pourquoi je ne l’ai point revu.

     
    • walkfredjay

      14 janvier 2019 at 16 h 28 min

      Tu sais ce qu’il te reste à faire…

       
  5. JICOP

    14 janvier 2019 at 17 h 38 min

     » critiqué pour son narcissisme éhonté  » . Cette bonne blague .
    Reprocher à Woody Allen son narcissisme , c’est comme soupirer quand Steven Seagal balance des pralines dans la tronche des pourris .
    Ils sont cons ces critiques .
    Un des rares Woody que j’ai pas vu . ça donne envie .

     
    • Marc Provencher

      14 janvier 2019 at 17 h 51 min

      « Ils sont cons ces critiques. »

      Voilà une observation des plus judicieuses, bien digne des commentaires éclairés auxquels Jicop nous a accoutumés.

      Ma contribution à la liste, c’est le critique (français, mais pas forcément) qui se plaint du jeu « caricatural » d’Alberto Sordi, ou Vittorio Gassman, ou Nino Manfredi ou Ugo Tognazzi. Ben oui, ducon, C’EST de la caricature ! C’est comme se plaindre qu’il y a des combats au sabre dans un film de samouraïs, ou des plans d’eau dans un film d’Esther Williams…

       
    • Miguel

      14 janvier 2019 at 17 h 55 min

      Oui mais là c’est du narcissisme exubérant, surréaliste, délirant, ça se regarde presque comme un cartoon

       
    • walkfredjay

      14 janvier 2019 at 18 h 20 min

      D’autant plus que Woody joue un égocentrique et exagère ses propres travers sans complaisance !

       

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