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« BORSALINO » (1970)

31 Jan
BROSALINO2

JEAN-PAUL BELMONDO ET ALAIN DELON

Revoir « BORSALINO » aujourd’hui, un demi-siècle après sa sortie, permet de comprendre l’importance du contexte et de la mythologie dans l’appréciation d’un film. Car objectivement, si le projet était ambitieux et excitant, si tout a été mis en œuvre pour en faire un classique (on compte tout de même Jean-Claude Carrière et Claude Sautet parmi les auteurs !), ce n’est pas la grande réussite dont on aurait pu rêver. Tous les participants ont déjà fait mieux par le passé, le scénario manque d’étoffe historique et psychologique, la mise-en-scène de Jacques Deray demeure confinée, sans parvenir à faire exister le Marseille des années 30. Et la confrontation des deux stars, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo, apparaît comme superficielle et le talent des acteurs pas suffisamment mis à l’épreuve.BORSALINO.jpg

Et pourtant… Malgré ces récriminations, ces réticences légitimes, « BORSALINO » est incontestablement un film-date, l’équivalent français de « BUTCH CASSIDY & LE KID », l’unique occasion de revoir deux figures du cinéma hexagonal en pleine possession de leurs moyens, au sommet de leur considérable charisme. Sans oublier la BO de Claude Bolling, quelques bonnes répliques et d’excellents seconds rôles comme Michel Bouquet, Julien Guiomar et la très sensuelle Catherine Rouvel, qui fait office d’Etta Place pour nos Butch et Sundance phocéens.

Alors oui, bien sûr, l’image est trop éclairée, manque d’atmosphère, la bande-son est très inégale, la mort d’un des deux protagonistes à la fin est totalement grotesque. Mais que dire ? Cela fonctionne tout de même. Et chaque séquence où Belmondo et Delon apparaissent côte à côte provoque la même nostalgie, le même frisson. Difficile donc, de se faire une opinion bien tranchée sur « BORSALINO ». Quant au « duel » de stars, qui en sort vainqueur ? Belmondo se promène, désinvolte et rigolard, sans chercher à aller au-delà des apparences. Delon, plus impliqué, plus intense compose un vrai personnage de voyou ambitieux et implacable prêt à tout pour gravir l’échelle sociale. Une petite scène pourtant, nous laisse entrevoir le film qu’aurait pu être « BORSALINO » avec un tout petit supplément de profondeur : celle où, derrière une fenêtre, Delon l’air amusé et ému à la fois, regarde sa mère rire avec Belmondo qui la fait danser dans ses bras. Peut-être le plus beau moment du film. Indispensable… Malgré tout !

BORSALINO3

ROCH SIFFREDI ET FRANÇOIS CAPELLA

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11 réponses à “« BORSALINO » (1970)

  1. JICOP

    31 janvier 2019 at 9 h 00 min

    Nonobstant l’admiration que j’ai pour Bebel, il ne sait pas mourir au cinema . Sa mort dans  » Borsalino  » en effet mais aussi celle dans  » le professionnel  » .
    On l’aime quand meme , va .

     
    • Corey

      31 janvier 2019 at 10 h 55 min

      Dans L’héritier, il se débrouille pas mal, quand même !

       
  2. JICOP

    31 janvier 2019 at 9 h 11 min

    Je prefere le deuxieme volet, plus sombre et proche du neo-polar Italien, toutefois  » Borsalino » est un modele efficace du grand cinema populaire Français .
    Efficace, fort en gueule , seduisant . C’est carre ( un peu trop peut etre ) , la reconstitution est un peu trop lechee mais bouder son plaisir est presque impossible .
    On sent effectivement que Delon producteur a du soumettre a Delon acteur un investissement plus fort 😁 en terme de jeu .
    J’aurai reve du Bebel de  » Stavisky « ou  » le voleur  » . Tant pis .

     
    • walkfredjay

      31 janvier 2019 at 9 h 24 min

      Disons que Belmondo est un poil trop désinvolte dans ce rôle de désinvolte.

       
    • Patrick

      31 janvier 2019 at 14 h 12 min

      Pareil en attendant de le revoir je préfère le 2 plus sombre et plus réussi.

       
  3. Corey

    31 janvier 2019 at 11 h 00 min

    Tout à fait d’accord avec le ton de cette chronique… Un film qui aurait pu être un pur chef d’oeuvre s’il avait été aux mains d’un vrai auteur, avec un propos, malgré tout le professionnalisme de Deray. J’imagine ce qu’il aurait pu donner avec Melville…

     
    • walkfredjay

      31 janvier 2019 at 11 h 17 min

      Ou avec Sautet (coauteur), dans la veine de son magnifique « CLASSE TOUS RISQUES » ! Ou même avec Robert Enrico…

       
      • Corey

        31 janvier 2019 at 11 h 56 min

        Sautet, oui, Enrico j’en suis moins sur. Mais il ne faut pas en vouloir à Deray, il sortait de son authentique chez d’oeuvre, La piscine !

         
      • walkfredjay

        31 janvier 2019 at 12 h 08 min

        Enrico n’aurait pas été idéal c’est vrai, mais meilleur que Deray dont le style froid et détaché ne sait pas traduire la truculence du Marseille des années 30 et l’amitié conflictuelle de ses deux héros. C’est mon avis, bien sûr…

         
      • Corey

        31 janvier 2019 at 12 h 15 min

        Oui, et c’est d’autant plus étonnant qu’il avait su créer dans La Piscine une atmosphère unique. La Piscine qui fête aujourd’hui ses 50 ans, d’ailleurs !

         
  4. Miguel

    31 janvier 2019 at 11 h 24 min

    La BO de Claude Bolling a enrobée le film d’une aura qui fait oublier tous ses petits défauts. Défauts qui agacent un tant soit peu mais bon, c’est quand même un grand film français, du pur cinéma comme hélas on n’en fait plus.

     

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