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Archives Mensuelles: mars 2019

« OURAGAN SUR LE CAINE » (1954)

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HUMPHREY BOGART

Adapté d’un roman de Herman Wouk, réalisé par Edward Dmytryk, « OURAGAN SUR LE CAINE » a laissé un grand souvenir dans la mémoire du cinéphile, même si en le revoyant aujourd’hui, il semble que seule l’extraordinaire prestation d’Humphrey Bogart et à un degré moindre, de José Ferrer, mérite réellement cet enthousiasme rétrospectif.caine2

La première demi-heure, mettant en scène le jeune premier Robert Francis et sa fiancée May Wynn est insupportable, les deux comédiens étant aussi incompétents et tête-à-claques l’un que l’autre. Leurs misères sentimentales avec future belle-mère au milieu, semblent provenir d’un autre film. Et pas des meilleurs. La mise en train du scénario à bord du ‘Caine’ est fastidieuse, inutile. Heureusement, l’heure qui suit voit arriver Bogart jouant le nouveau capitaine. Petit, chétif, le visage ravagé, le regard fuyant, il compose un ‘Queeg’ absolument saisissant. Sous ses airs de « Capitaine Bligh » tyrannique, c’est pauvre type miné par les combats, démoli et pathétique qui craque à la moindre pression. Il a des moments oscarisables, des expressions qu’on ne lui connaissait pas. Face à lui, peu font le poids, hormis Fred McMurray en officier faux-jeton et « fouteur de merde » d’une lâcheté à toute épreuve. Son ultime face-à-face avec Ferrer, jouant l’avocat du mutin Van Johnson, est d’une tension inouïe.

Mais ce film lourd, empesé, beaucoup trop long et plombé par une terrible musique « patriotique », vaut principalement pour la séquence du procès (qui fit l’objet d’une pièce de théâtre à elle toute seule)  et bien sûr, pour le témoignage de Bogart, qu’on voit littéralement se décomposer sous nos yeux, jusqu’à n’être plus qu’une pauvre chose apeurée et ridicule, sous le regard consterné de ses pairs. C’est d’une virtuosité hors-pair. Parmi les seconds rôles, on reconnaît Lee Marvin en marin nommé ‘Meatball’ (« Boulette de viande ») qui change de tenue et de pilosité à chaque apparition et son acolyte Claude Akins. Ils forment une sorte de tandem comique tout au long du film, le temps de courtes saynètes. Marvin a tout de même SON moment, quand il dépose au procès, tout propre et rasé de frais dans son bel uniforme.

« OURAGAN SUR LE CAINE » vaut donc d’être vu pour Bogart, c’est incontestable, mais tout ce qui concerne Robert Francis est à jeter aux orties. Et cela occupe hélas, beaucoup, beaucoup de temps !

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JOSÉ FERRER, VAN JOHNSON, ROBERT FRANCIS, FRED McMURRAY, LEE MARVIN ET CLAUDE AKINS

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« THE TAILOR OF PANAMA » (2001)

TAILOR.jpgAdapté d’un roman de John le Carré, « THE TAILOR OF PANAMA » de John Boorman se présente sous les meilleurs auspices : un décor exotique, un casting trois étoiles, un réalisateur de prestige et un retour aux bonnes vieilles histoires d’espionnage chères au romancier.

De fait le film, après une mise en train laborieuse, voire maladroite, accroche peu à peu l’intérêt par la complexité de ses personnages. Pierce Brosnan, sorte de version corrompue de 007, débarque à Panama et utilise un grand tailleur local (Geoffrey Rush) pour se faire un réseau d’informations. Mais il est tombé sur un mythomane qui lui invente une improbable révolution prête à éclater et crée la panique dans le microcosme d’étrangers sur place. Au bout d’un moment, on ne sait plus qui manipule qui, qui est dupe, qui ne l’est pas ou ne l’a jamais été. C’est, à vrai dire, un brin confus. L’action – ou plutôt l’inaction – s’enlise dans d’innombrables séquences de bavardages tout en allusions et en non-dits. Et l’ennui hélas, gagne trop souvent. Le dernier quart est plus dynamique, mais le mal est fait et le film laisse tout de même une sensation d’inertie et de désuétude. Malgré tout, « THE TAILOR OF PANAMA » mérite d’être vu pour Brosnan excellent dans ce rôle ambigu et déplaisant à la séduction trouble, pour Jamie Lee Curtis très bien en épouse du tailleur et surtout pour le toujours étonnant Brendan Gleeson méconnaissable en ex-révolutionnaire panaméen brisé par la prison et transformé en ivrogne vitupérant. C’est le dramaturge Harold Pinter qui joue « l’ami imaginaire » du tailleur (une bonne idée pas très bien développée) et on reconnaît un tout jeune Daniel Radcliffe.

Un film trop lent, trop fouillis, qui se laisse regarder sans passion et ne compte pas parmi les fleurons de la filmo de John Boorman qu’on a connu plus inspiré.

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PIERCE BROSNAN, GEOFFREY RUSH, BRENDAN GLEESON ET JAMIE LEE CURTIS

 

SHANE RIMMER : R.I.P.

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SHANE RIMMER (1929-2019), SECOND RÔLE CANADIEN QUI FIT CARRIÈRE EN ANGLETERRE. ON L’APERÇOIT DANS PLUSIEURS JAMES BOND. ENTRE AUTRES…

 
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Publié par le 30 mars 2019 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

« TRUE ROMANCE » (1993)

TRUE ROMANCE.jpgÉcrit par un jeune Quentin Tarantino, réalisé par Tony Scott, et malgré ses défauts (nombreux) et ses qualités (réelles), « TRUE ROMANCE » symbolise aujourd’hui tout un cinéma des années 90, empreint de mythologie Rock’n roll, de contre-culture. Ça ne raconte au fond, qu’un deal de cocaïne qui tourne mal à Hollywood. Les personnages, sortes de Bonnie & Clyde modernisés sont des idiots aussi naïfs que dangereux, gavés de comic books et de films de kung-fu.

Ce n’est pas le scénario qui sauve en partie le film. Car on y trouve déjà tous les tics de Tarantino. La plupart des « morceaux de bravoure » sont bâtis exactement sur le même schéma : à savoir un individu intimidant ou torturant un autre pour le faire parler. Et ce n’est pas la dernière fois que l’auteur se contentera de cela pour faire avancer ses histoires. Heureusement, Scott embrasse sans complexe les aspects artificiels et flashy du matériau. La photo de Jeff Kimball est quasi-publicitaire, la BO d’Hans Zimmer truffée d’idées originales et le casting est magnifique. Outre le gentil mais fadasse Christian Slater et la charmante Patricia Arquette plutôt attachante, on retrouve le gratin des nineties : Dennis Hopper en père héroïque. Son face-à-face avec Christopher Walken mérite à lui seul qu’on voie le film. Quels acteurs ! Brad Pitt apparaît en junkie totalement abruti, Chris Penn et Tom Sizemore sont survoltés en flics des Stups, James Gandolfini est extraordinairement menaçant en hitman, Gary Oldman savoureux en mac dégénéré, Val Kilmer est quasiment invisible en Elvis imaginaire et il y en a beaucoup d’autres. Un vrai défilé !

Deux heures c’est un peu long pour ne pas raconter grand-chose de passionnant, mais Tony Scott connaît son job et sait compenser les complaisances du scénario et le manque d’épaisseur des protagonistes par son sens du visuel. « TRUE ROMANCE » se laisse donc revoir sans déplaisir, même si les années commencent à peser lourdement sur son vieux charme rétro.

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JAMES GANDOLFINI, PATRICIA ARQUETTE, DENNIS HOPPER ET BRAD PITT

 

HAPPY BIRTHDAY, VANGELIS !

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VANGELIS PAPATHANASIOU, EX-MEMBRE DES APHRODITE’S CHILD, COMPOSITEUR QUI A DONNÉ DU SOUFFLE À QUELQUES GRANDS FILMS ÉPIQUES.

 
 

« L’ARME FATALE 4 » (1998)

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DANNY GLOVER ET MEL GIBSON

Six ans après le calamiteux n°3 de la franchise, « L’ARME FATALE 4 » réunit toute l’équipe artistique et technique, pour un ultime tour de piste dont nul n’attendait grand-chose de bon. À tort ! Puisque c’est la meilleure des sequels, qui – tout en assumant le lourd cahier des charges – parvient à corriger la plupart des erreurs des précédents opus.LW4.jpg

D’abord, et c’est la grande surprise : Mel Gibson a enfin changé sa coupe de cheveux et surtout, il est dirigé. Tous ses tics irritants se sont volatilisés comme par miracle. Danny Glover est égal à lui-même, Joe Pesci un peu plus maîtrisé que d’habitude. Cette fois les méchants, principalement Jet-Li en mafieux des Triades, sont crédibles et le « message » anti-esclavage moderne n’occupe pas trop de place. Certaines thématiques sont intéressantes, comme le vieillissement de ‘Riggs’, qui s’aperçoit qu’il devient lui aussi « Too old for this shit » et se prend raclée sur raclée, comprenant peu à peu qu’il est peut-être temps de se ranger des voitures et de devenir papa. Malgré l’ambiance survoltée du film, les séquences d’action démesurées, c’est le parcours humain de nos héros qui prend le pas et laisse une empreinte étrangement émouvante sur toute la tétralogie.

Tout cela ne modifie évidemment pas l’ADN de ce n°4. On a droit à des séquences totalement délirantes (le début avec l’incendiaire au napalm et Murtaugh faisant le poulet en caleçon), ni les numéros de cabotinage sans garde-fou (l’impro entre Pesci et Chris Rock, où les deux acteurs s’excitent sur les téléphones portables en hurlant d’une même voix suraiguë). Mais cette fois-ci la mayonnaise prend. Rene Russo est plus belle que jamais, Jet-Li assure dans la cruauté glaciale et sa présence permet à Richard Donner plusieurs clins d’œil à John Woo. Tout cela reste bien sûr simpliste, infantile parfois et un brin complaisant (le malentendu bien lourdingue sur la prétendue homosexualité du futur gendre), mais ce dernier film est une belle conclusion à cette série emblématique des années 80. Le générique de fin, alignant des photos de tous les tournages, apporte une réelle émotion.

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RENE RUSSO, MEL GIBSON, JET-LI, CHRIS ROCK ET JOE PESCI

 

JUNE HARDING : R.I.P.

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JUNE HARDING (1940-2019), INTÉRESSANTE ACTRICE DE COMPOSITION DES ANNÉES 60, QUI FIT UNE BRÈVE CARRIÈRE À LA TV.

 
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Publié par le 28 mars 2019 dans CARNET NOIR