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Archives Mensuelles: avril 2019

CONRADO SAN MARTIN : R.I.P.

SANMARTIN

CONRADO SAN MARTIN (1921-2019), SECOND RÔLE ESPAGNOL À LA LONGUE FILMO, APERÇU EN VOISIN DANS « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ».

 
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Publié par le 27 avril 2019 dans CARNET NOIR, CINÉMA INTERNATIONAL

 

« AU-REVOIR, À JAMAIS » (1996)

KISS.jpgÉcrit par Shane Black (largement inspiré par « LA MÉMOIRE DANS LA PEAU » de Robert Ludlum), « AU-REVOIR, À JAMAIS » est une sorte de petit miracle, puisqu’il demeure le meilleur film du généralement décevant Renny Harlin et offre leurs rôles les plus gratifiants à Geena Davis et à Samuel L. Jackson. Le tout dans un thriller d’espionnage ludique, hyper-violent, teinté de comédie et dont les F/X ont étonnamment très peu vieilli.

Davis est donc une gentille institutrice provinciale et mère de famille amnésique depuis huit ans, qui voit son passé ressurgir et se souvient peu à peu qu’elle fut une tueuse au service de la CIA. Flanquée d’un sympathique « privé » bas-de-gamme » (Jackson), elle va tenter de retrouver ses anciens employeurs qui ont mis un contrat sur sa tête. Le scénario est imparable, laisse le champ libre à pléthore de morceaux de bravoure, de fusillades dantesques, d’explosions apocalyptiques. Mais ce qui rend ce film unique et si attachant, c’est l’alchimie entre les deux vedettes. Elle, qui maîtrise d’impressionnante façon les métamorphoses physiques et mentales de son personnage schizophrène. Certains de ses regards et de ses sourires confinent à la possession diabolique ! Lui, formidable en tocard inopérant en quête de rédemption. Chacun de leurs face-à-face est un pur régal. Ils sont très bien entourés par Craig Bierko en méchant haïssable, Brian Cox en ex-espion mal embouché, G.D. Spradlin en président ou David Morse et Melina Kanakaredes. Que du très beau linge !

« AU-REVOIR, À JAMAIS » mixe sans aucun complexe le blockbuster façon eighties aux codes du « film noir », pratique l’humour iconoclaste sans retenue et aligne les séquences d’action les plus époustouflantes de son temps. Toute la fin autour du camion prêt à exploser est magistrale. À revoir donc, car le film n’a pas pris la moindre ride et génère toujours la même euphorie sans arrière-pensée. Pour un peu, on regretterait presque qu’il n’y ait pas eu de sequels…

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GEENA DAVIS ET SAMUEL L. JACKSON

 

HAPPY BIRTHDAY, ANOUK !

AIMEE

ANOUK AIMÉE, IMMORTALISÉE PAR « UN HOMME ET UNE FEMME », VUE ÉGALEMENT CHEZ BECKER, FELLINI, CUKOR, ETC. LONGUE ET RICHE CARRIÈRE.

 
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Publié par le 27 avril 2019 dans ANNIVERSAIRES, FILMS FRANÇAIS

 

« A.C.A.B. – ALL COPS ARE BASTARDS » (2012)

ACAB« A.C.A.B. – ALL COPS ARE BASTARDS » est le premier long-métrage de l’excellent Stafano Sollima, qui avait fait ses armes à la télévision. C’est l’histoire d’une escouade de la police romaine anti-émeutes, haïe de tous, et de ses membres, des flics soudés, perturbés, incapables de gérer leur vie quotidienne et familiale et succombant parfois à la tentation de la violence aveugle et de la vengeance personnelle.

Admirablement réalisé, monté et photographié, « A.C.A.B. » parvient, au-delà de l’anecdote, à brosser un portrait saisissant de l’Italie contemporaine, avec la montée des extrêmes. C’est surtout une tentative de comprendre comment le pays en est arrivé là, et la facilité avec laquelle la haine ordinaire, le racisme prennent le dessus. Comme dans les grands films politiques des années 70, on est sans cesse tiraillé entre l’indignation, le dégoût et le découragement. Impossible de prendre parti pour quiconque : tout le monde a raison et tout le monde a tort. Et c’est cette ambivalence, cette balance permanente des points-de-vue qui en font un grand film, puissant, honnête et inclassable. La distribution est largement au niveau du scénario : Pierfrancesco Favino est exceptionnel en vétéran contenant sa rage et sa frustration jusqu’au point de rupture, Filippo Nigro remarquable en flic perdant peu à peu le contrôle de lui-même, Domenico Diele campe le personnage le plus complexe, le plus humain, qui refuse de céder à ses démons et ira jusqu’à la trahison. C’est vraiment un film à prendre à bras-le-corps, sans a priori, sans parti-pris, en sachant qu’il ébranlera certaines certitudes et fera très probablement considérer les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre très différemment à l’avenir. La dernière séquence – à couper le souffle tant elle est tendue – semble sortie tout droit d’un film de John Carpenter.

Sans faire de procès d’intention, on se demande ce que donnerait un film français prenant pour héros une équipe de CRS pendant la crise des Gilets Jaunes, par exemple…

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PIERFRANCESCO FAVINO, MARCO GIALLINI, FILIPPO NIGRO ET DOMENICO DIELE

 

HAPPY BIRTHDAY, GIORGIO !

MORODER

GIORGIO MORODER, PRODUCTEUR ET COMPOSITEUR ITALIEN À LA FILMOGRAPHIE PEU FOURNIE, MAIS QUI MARQUA PROFONDÉMENT LES ANNÉES 80.

 
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Publié par le 26 avril 2019 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ITALIEN

 

JEAN-PIERRE MARIELLE : R.I.P.

MARIELLE

JEAN-PIERRE MARIELLE (1932-2019), GRAND SECOND RÔLE, PARFOIS TÊTE D’AFFICHE, MÉMORABLE CHEZ CORNEAU, SÉRIA, TAVERNIER ET… ARGENTO.

 
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Publié par le 25 avril 2019 dans CARNET NOIR, FILMS FRANÇAIS

 

IL FUT UNE FOIS… L’OUEST !

Avant toute autre considération, « ONCE UPON A TIME IN THE WEST : SHOOTING A MASTERPIECE » de Christopher Frayling, qui vient de sortir en Grande Bretagne, est définitivement l’ouvrage que tout le monde attendait depuis… plus de 50 ans. Un imposant pavé de plus de 320 pages grand format, pas facile à soulever. Des interviews inédites du décorateur, d’Ennio Morricone, de Jason Robards (où on apprend que Leone avait promis à Bronson et lui qu’ils seraient ensuite les stars de « IL ÉTAIT UNE FOIS LA RÉVOLUTION » !), des photos de plateau jamais publiées, des anecdotes croustillantes sur Sergio Leone (sa panique en découvrant que Fonda avait vieilli), un extrait du scénario original, des clichés de plusieurs séquences coupées au montage, etc.

CHFR

EN ROUTE POUR LA CONFÉRENCE DE PRESSE À ROME, LE PREMIER JOUR DU TOURNAGE

Et pour les fans de l’ami Charley Bronson, un peu en manque ces derniers temps sur « BDW2 », une petite révélation du scénariste Sergio Donati. L’auteur italien raconte qu’à son arrivé à Rome, Bronson demanda à le rencontrer pour « retravailler » son dialogue avec lui. L’acteur, nerveux à l’idée de porter une production de cette importance sur les épaules selon Donati, demandait qu’on modifie certaines répliques, qu’on trouve d’autres manières de les formuler. Jusqu’à ce que Donati, irrité, comprenne soudain que l’Américain avait… un défaut d’élocution ! Il prononçait ses « s » en sifflant, ce qui donnait un son proche du « f ». Et Bronson s’efforçait donc de supprimer le maximum de mots comprenant des « s ». Donati lui répondit qu’il aurait pu le dire tout de suite et qu’il ne retoucherait pas un mot. Bronson, bien sûr, lui fit la gueule jusqu’à la fin du tournage !

Et ce n’est qu’une des multiples anecdotes révélées par ce bien beau livre préfacé (longuement !) par l’intarissable Quentin Tarantino.